L’ŒUVRE QUI A CHANGÉ MA VIE

Gérard Manset : « Lorsqu’on a vu cette toile du Douanier Rousseau, on s’endort, et on est au paradis »

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Publié le , mis à jour le
Avant d’être musicien, Gérard Manset (né en 1945) voulait être peintre. Ancien élève de l’École des arts décoratifs de Paris, exposé au Salon d’Automne en 1966, l’artiste aux multiples facettes a rencontré le succès en tant qu’auteur-compositeur-interprète. Il vient de sortir un nouvel album dont le titre, L’Algue bleue, résonne avec l’univers aussi mystérieux que poétique du Douanier Rousseau, dont il retient surtout la vénéneuse Charmeuse de serpents (1907).
Gérard Manset à l’hôtel Majestic, Paris en 2006
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Gérard Manset à l’hôtel Majestic, Paris en 2006

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© Marc Charuel / Photo12 via AFP

« Tout petit, je dessinais énormément. Plus tard, je suis entré aux Arts Déco. Mes premières toiles, à l’huile, à la gouache, ainsi que mes gravures, se vendaient bien, en France, en Belgique, au Canada, mais il aurait fallu que je tombe sur un grand maître pour poursuivre dans cette voie.

C’est important d’intégrer les canons académiques, afin de pouvoir éventuellement s’en détacher. Si la musique a fini par prendre le dessus, mon amour de l’art demeure intact.

« Du Douanier Rousseau, je suis franchement envieux »

Douanier Rousseau, La Charmeuse de serpents
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Douanier Rousseau, La Charmeuse de serpents, 1907

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Huile sur toile • 167 × 189,5 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris

Il est d’ailleurs une œuvre, La Charmeuse de serpents (1907) d’Henri Rousseau, qui m’a toujours fasciné. Je n’en avais étudié que des reproductions, jusqu’à ce que j’aille voir l’exposition « Le Paris de la modernité » au Petit Palais, cet hiver. C’est l’un des premiers tableaux de l’exposition. J’ai été tétanisé de le découvrir dans sa dimension réelle. Je suis à genoux devant nombre de peintres fantastiques, mais du Douanier Rousseau, je suis franchement envieux. C’est le naïf, le primitif absolu, un véritable autiste de la peinture qui, comme Vincent van Gogh, allait puiser son inspiration au-delà, dans des domaines qui nous échappent complètement.

D’Henri Rousseau à Léonard de Vinci

Il y a une forme d’acharnement chez lui qui force le respect, cette façon d’être hors du monde et de vouloir tout de même s’exprimer. Quant à La Charmeuse de serpents (conservée et exposée par le musée d’Orsay dans son parcours permanent), c’est prodigieux : on l’a vue, on s’endort et on est au paradis.

Léonard de Vinci, L’Annonciation
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Léonard de Vinci, L’Annonciation, vers 1472 – 1475

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Huile et détrempe sur bois • 98 × 217 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence

L’Annonciation (1472) de Léonard de Vinci, dont je ne suis pourtant pas un fervent admirateur, produit le même effet. J’ai hésité à vous parler de cette dernière toile, parce que je pensais au départ qu’elle était de Sandro Botticelli qui, lui, m’émeut à tous les coups. »

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L’Algue bleue de Gérard Manset

Sorti le 26 avril 2024

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