Des centaines de visiteurs munis de billets attendent sous le soleil lors de la grève spontanée de certains employés du Louvre, 16 juin 2025
© Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Ce lundi 16 juin, les milliers de touristes qui avaient prévu de visiter le Louvre dans la matinée ont eu la mauvaise surprise de trouver porte close. Le musée, qui devait normalement ouvrir à 9h, n’a finalement été accessible qu’à partir de 14h30. Des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré une immense file d’attente immobile durant plus de cinq heures et des visiteurs confus ou désabusés, certains assis à même le sol. En cause : une grève spontanée des agents d’accueil qui dénonçaient la dégradation de leurs conditions de travail, due à la « surfréquentation » du musée, doublée d’un problème de « sous-effectif ».
Suite à une réunion pour une « heure mensuelle d’information syndicale » à l’initiative du syndicat SUD Culture Solidaires, les employés ont refusé de rejoindre leur poste tant que la direction ne prenait pas connaissance de leurs doléances. « En l’espace de quinze ans, nous avons perdu environ 200 emplois en équivalent temps plein », a déploré auprès de l’AFP Christian Galani, représentant du bureau national de la CGT Culture au Louvre.
Les syndicats doutent du fait que la jauge de 30 000 visiteurs par jour soit vraiment respectée.
Cette baisse les laisse dans l’incompréhension, alors que le plus grand musée du monde connaît justement ces dernières années une fréquentation record entraînant des « conditions de visite dégradées », avec un pic de 10,2 millions de visiteurs en 2018, et près de 9 millions de personnes en 2024, dont 80 % de touristes étrangers – soit plus que le British Museum, les musées du Vatican et le Metropolitan Museum de New York. Les syndicats doutent par ailleurs du fait que la jauge de 30 000 visiteurs par jour, instaurée en 2023 par la présidente-directrice de l’établissement Laurence des Cars, soit vraiment respectée : ils exigent, afin de s’en assurer, la transmission des chiffres de fréquentation de la billetterie.
Le problème de surfréquentation au Louvre et ses conséquences sur les conditions de visite sont déjà bien connus depuis la fuite dans la presse, en janvier 2025, d’une note confidentielle de Laurence des Cars dans laquelle elle tirait la sonnette d’alarme – un rapport qui décrivait l’établissement comme vétuste, en proie à des infiltrations d’eau, submergé par le surtourisme et infernal à visiter. Ce qui avait entraîné quelques jours plus tard l’annonce par le président de la République Emmanuel Macron d’un colossal chantier de rénovation d’un coût total estimé entre 700 et 800 millions d’euros.
Grève spontanée des employés du Louvre, 16 juin 2025
© Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Baptisé « Nouvelle Renaissance du Louvre », ce dernier implique notamment la construction d’une entrée supplémentaire et de nouvelles salles souterraines pour la Joconde – qui attire chaque jour 20 000 personnes provoquant l’engorgement de la salle des États. Mais l’inauguration de ce nouvel espace n’est prévue que pour 2031. Une solution bien lointaine pour répondre au problème de sous-effectif qui, d’après le personnel gréviste, gangrène le musée au quotidien. D’autant que ce « nouveau Louvre » se donne l’ambition d’accueillir encore plus de visiteurs avec un objectif de 12 millions d’entrées annuelles…
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