La cathédrale de Cologne et le pont Hohenzollern au premier plan
© Alamy / Hemis / Photo Ian Dagnall
Impossible de la manquer : non seulement elle est la troisième plus vaste cathédrale gothique au monde – après celles de Séville et de Milan –, mais elle est aussi située directement à la sortie de la gare de Cologne, à deux pas des bords du Rhin auquel elle tourne insolemment le dos, le dominant de 157 mètres.
Son histoire remonte aux premiers chrétiens, qui avaient coutume de se réunir dans une maison proche de l’ancienne muraille de la ville, transformée au IVe siècle en église. Détruit par une incendie, reconstruit, l’édifice s’avère au XIIe siècle trop petit pour le butin de guerre de l’archevêque de Cologne Rainald von Dassel, qui aurait, raconte-t-on, ramené de Milan les ossements des Rois mages…
En 1247, avec un peu de retard (déjà), le projet commence, sous les ordres d’un maître maçon nommé Meister Gerardus. La première pierre est posée l’année suivante, la nef et le chevet sont construits dans la foulée et, en 1322, la cathédrale est consacrée. Au XVIe siècle, les travaux s’interrompent pour près de trois siècles, avant de reprendre en 1842… Pour un achèvement moins de 40 ans plus tard, en 1880. L’étalement du chantier dans le temps n’a pas empêché les constructeurs de rester fidèles aux plans gothiques originels, et la cathédrale affiche une parfaite homogénéité, du gothique au néogothique.
Les voûtes et l’orgue de la cathédrale de Cologne
© Alamy / Hemis / Photo Sean Pavone
Ses extérieurs sont composés d’une dentelle de pierre extrêmement dense, avec des pinacles décorés de fleurons, des contreforts enchevêtrés, des arcs-boutants où se nichent des rosaces… L’ensemble, comme le toit à forte pente, pointe vers le ciel. L’intérieur est tout aussi riche : on y verra notamment la châsse où sont conservées les reliques des Rois mages, un coffre en chêne recouvert d’or conçu par l’atelier de l’orfèvre français Nicolas de Verdun et décoré de plus de mille pierres précieuses et semi-précieuses, de camées antiques, de gemmes… 74 personnages différents y sont représentés.
Le portail latéral de la cathédrale de Cologne
© Alamy / Hemis / Photo IndustryAndTravel
Outre la châsse, il faut aussi s’attarder sur le retable des Clarisses, un polyptyque de six mètres de large (lorsqu’il est ouvert) où se lisent notamment les douze étapes de la Passion du Christ ou encore des portraits de douze saints de l’ordre des franciscains. La cathédrale renferme également un crucifix très ancien, datant du Xe siècle et nommé la Croix de Gero, ainsi qu’un impressionnant saint Christophe en bois de près de quatre mètres de haut datant du XVe siècle, et deux retables notables, celui des patrons de Cologne et celui d’Agilolphus.
Enfin, les amateurs d’art contemporain seront heureux d’y observer les vitraux signés en 2007 par Gerhard Richter (né en 1932), composés de 11 263 carreaux de verre de 72 couleurs différentes répartis au hasard… Tels des pixels divins.
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