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Le Cimabue sauvé de la déchetterie rejoint les collections du Louvre

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“La Dérision du Christ” de Cimabue lors de la vente du 27 octobre 2019
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“La Dérision du Christ” de Cimabue lors de la vente du 27 octobre 2019

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© Michel Euler / AP / SIPA

Voilà un tableau au parcours romanesque ! Dans un communiqué publié vendredi 3 novembre 2023, le musée du Louvre a annoncé qu’il venait d’acquérir La Dérision du Christ, dit aussi Le Christ moqué. Une œuvre qui avait défrayé la chronique il y a quatre ans : découvert en juin 2019 dans une cuisine de l’Oise, ce petit panneau de bois peint représentant une scène religieuse sur fond or avait été sauvé in extremis de la déchetterie lorsqu’il avait été identifié comme étant de la main du peintre florentin Cenni di Pepo, dit Cimabue (1240–1302) !

Fixée à un mur non loin de plaques de cuisson, cette peinture à l’œuf de 26 centimètres sur 20, que sa propriétaire prenait pour une simple icône russe sans valeur, avait tout de suite attiré l’œil de Philomène Wolf, commissaire-priseuse de Compiègne. Cette dernière s’attelait à expertiser et vendre en une semaine le contenu de la maison d’une nonagénaire, qui avait l’intention de tout jeter à la poubelle. Présenté au cabinet Turquin à Paris, le tableau avait alors été identifié comme étant de la main de Cimabue, génie de la pré-Renaissance représentatif de la fin du style byzantin, dont seulement une quinzaine de créations semblent avoir survécu.

Cimabue, La Dérision du Christ
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Cimabue, La Dérision du Christ, vers 1280

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peinture à l’oeuf et fond d’or sur panneau de peuplier • 25,8×20,3 cm • © 2022 Musée du Louvre – Herve Lewandowski

Estimé initialement entre 4 et 6 millions d’euros, il avait été adjugé à 24 millions d’euros (frais inclus) à l’hôtel des ventes de Senlis en octobre 2019, devenant le huitième tableau ancien le plus cher vendu au monde. L’acquéreur aurait été lié à la collection Alana, basée aux États-Unis et connue pour ses trésors de la Renaissance italienne. Sauf que l’État français avait alors refusé sa sortie du territoire, puis l’avait déclaré trésor national pour trente mois, le temps de réunir les fonds nécessaires à son rachat. Mission désormais accomplie.

Une exposition événement au printemps 2025

Le Louvre n’a pas souhaité divulguer l’identité du vendeur, ni le prix d’achat de ce « jalon crucial de l’histoire de l’art » (tel que le décrit la directrice du musée Laurence des Cars), qui est à présent l’œuvre la plus ancienne de son département des Peintures. Après restauration, cette pépite du XIIIe siècle sera présentée aux côtés de la Maestà, autre chef-d’œuvre de Cimabue appartenant au Louvre, à l’occasion d’une exposition événement au printemps 2025. Cité dans le même communiqué, un superbe dessin à l’encre de Victor Hugo, Marine Terrace (1855), rejoint également les collections du plus grand musée du monde, grâce au soutien de la Société des Amis du Louvre.

Retrouvez dans l’Encyclo : Cimabue

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