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L’immense photographe franco-brésilien Sebastião Salgado est mort à 81 ans

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Portrait de Sebastião Salgado
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Portrait de Sebastião Salgado

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© Photographie de Renato Amoroso.

Le photographe franco-brésilien Sebastião Salgado est décédé ce vendredi 23 mai à l’âge de 81 ans. Il se savait malade quand il avait inauguré son exposition aux Franciscaines de Deauville fin février dernier, en larme quand il évoquait son parcours commencé au Brésil qu’il avait dû fuir en 1969 pour échapper à la dictature et à la mort.

Dans les années 1970, c’est en France qu’il décide de s’installer au moment où il choisit la photographie alors qu’il a fait de brillantes études d’économie. N’oubliant ni ses origines ni sa formation, progressivement, il axe son travail sur des sujets à caractère social. Mais c’est la décennie suivante, quand il commence ses grandes fresques sur des thématiques comme la famine, le travail ou encore la migration – qu’il traite sur plusieurs années et dans plusieurs pays, en Afrique ou en Amérique du Sud –, que son style s’impose.

Un noir et blanc emblématique

L’esthétique de son noir et blanc lui vaut de nombreuses critiques et en même temps lui ouvre les portes de l’agence Magnum, avant qu’il ne fonde sa propre agence, Amazonas Images en 1994 avec Lélia Wanick Salgado, sa femme, son inséparable. Il signe « Autres Amériques », « La main de l’homme » ou « Exodes », autant d’ouvrages qui appartiennent à l’histoire de la photographie. Son travail est salué par les plus prestigieux prix internationaux : Eugene Smith aux États-Unis, Leica Oskar Barnack en Allemagne, Hasselblad en Suède.

Sebastião Salgado, Rio Jaú, État d’Amazonas, Brésil
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Sebastião Salgado, Rio Jaú, État d’Amazonas, Brésil, 2019

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© Sebastião Salgado

À la fin des années 1990, après avoir traité plusieurs conflits (l’ex-Yougoslavie et le génocide au Rwanda), il arrête la photographie et reprend la ferme de ses parents au Brésil. Avec sa fondation Instituto Terra, il a planté plus de 2 millions d’arbres en 25 ans. Quelques années plus tard, le photographe reprend son appareil et se lance dans ce qui sera le dernier chapitre de son œuvre. En 2017, Sebastião Salgado devient académicien, section photographie.

Des expos à Deauville et Montélimar

Loin de la civilisation, son projet au long cours « Genesis » est dédié aux territoires de la planète restés intacts. Pendant huit ans, il arpente l’Afrique sauvage, l’Antarctique, l’Arctique, le Groenland… C’est en travaillant sur ce projet qu’il contracte, en 2010, une forme particulière de malaria en Indonésie. « Quinze ans plus tard, les complications de cette maladie se sont transformées en une leucémie sévère, qui a eu raison de lui », annonce sa famille dans un communiqué.

Sebastião Salgado, Périphérie de Guatemala Ciudad, Guatemala
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Sebastião Salgado, Périphérie de Guatemala Ciudad, Guatemala, 1978

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Apparition sucrée

C’est en partant explorer l’Amérique latine dans le cadre de son premier projet personnel, « Autres Amériques » (1977–1984), que Salgado élabore son style. Quelques mois avant son entrée dans l’agence Magnum, il y saisit cette image frappante, alors qu’il documente la construction de logements pour les habitants pauvres des faubourgs de la ville de Guatemala. Le Brésilien photographie le visage d’une femme au regard triste et préoccupé, piégé dans le cadre d’une minuscule fenêtre, telle une icône. À cet instant, une petite vendeuse de pommes d’amour surgit à gauche de la cabane en bois. Offrant un contraste tranchant avec la partie droite de la composition, le sourire de la fillette et son plateau de douceurs ajoutent une lueur d’espoir et d’optimisme à cet étrange tableau.

Collection MEP, Paris., Don de l’auteur en 1988., © Sebastião Salgado

Humaniste au sens large, Sebastião Salgado laisse de nombreuses icônes en noir et blanc : une petite Guatémaltèque mangeant une pomme d’amour (1998), les visages noircis des mineurs de charbon indiens (1989), les silhouettes courbées de ceux de la mine d’or de Serra Pelada au Brésil (1986) ou encore un ouvrier maculé de pétrole au Koweït (1991). Plus d’une centaine de ses photographies sont présentées jusqu’au 1er juin à aux Franciscaines à Deauville, tandis que le musée d’Art contemporain de Montélimar inaugure ce 24 mai une exposition consacrée à « Genesis ».

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Sebastião Salgado, Collection de la MEP

Du 1 mars 2025 au 1 juin 2025

lesfranciscaines.fr

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Sebastião Salgado. Genesis

Du 24 mai 2025 au 24 août 2025

www.montelimar-agglo.fr

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