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Piero della Francesca en 2 minutes

En bref

Né au début du Quattrocento, Piero della Francesca (1420–1492) est à la fois peintre et mathématicien. La grande préoccupation de l’époque est en effet la représentation de la perspective ! Humaniste, il est fin connaisseur de l’Antiquité classique, mais aussi soucieux de représenter la nature en véritable anatomiste. Sa palette lumineuse, sa maîtrise de la technique de la fresque, sa monumentalité, son art savant de la composition : tout contribue à faire de Piero della Francesca l’un des grands noms de la Renaissance.

Anonyme, Piero della Francesca
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Anonyme, Piero della Francesca

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Gravure • © Look and Learn / Elgar Collection / Bridgeman Images

On a dit de lui

« La simplicité unie à la grandeur. » – Eugène Muntz

Sa vie

Piero della Francesca voit le jour en Toscane. Il est un privilégié, ses parents étant de riches commerçants. Dès son jeune âge, il perd son père. Piero est initié aux mathématiques mais apprécie aussi beaucoup le dessin. Habitant non loin de Florence, il s’y rend en apprentissage auprès d’un peintre avec qui il réalise des décors à fresques pour des églises et des portraits pour des particuliers nobles et fortunés.

L’artiste n’est pas un sédentaire. En Italie, carrefour de rencontre pour des artistes de tout l’Europe, les villes rivalisent en termes d’art et de culture. À Ferrare, par exemple, la vie artistique est bouillonnante grâce au patronage de la famille d’Este. Piero della Francesca bénéficie de ce climat d’ouverture et d’humanisme, et rencontre aussi bien l’Italien Andrea Mantegna que le Flamand Rogier Van der Weyden. À Rome, il est appelé à travailler pour le Vatican.

Jouant d’une palette délicate et douce qui apporte une grande sérénité à ses compositions, Piero della Francesca maîtrise son art avec équilibre. Les formes, les couleurs et la lumière sont traitées avec une attention égale. L’un de ses chefs-d’œuvre est l’ensemble de fresques qu’il réalise à partir de 1452 pour la basilique San Francesco d’Arezzo sur le thème de la Vraie Croix. Il leur a consacré des dizaines d’années !

Considéré par Giorgio Vasari comme le maître absolu de la perspective linéaire (un seul point de fuite), Piero della Francesca a mis à profit ses connaissance des mathématiques et de la géométrie à des fins artistiques. Il cherche à reconstituer la profondeur. Pour donner de la force à ses compositions, l’artiste n’hésite pas à simplifier et géométriser le réel, ce qui donne à son œuvre une impression de grande rectitude et de clarté.

Touché de cécité vers l’âge de 70 ans, le peintre cesse son activité pour se consacrer à l’étude des mathématiques. Il publie plusieurs traités concernant la perspective, dictant ses textes à l’un de ses élèves. Le peintre, éteint en 1492, est enterré dans sa ville natale, Sansepolcro.

Ses œuvres clés

Piero della Francesca, Le Baptême du Christ
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Piero della Francesca, Le Baptême du Christ, 1448–1450

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Tempera sur bois • 167 × 116 cm • National Gallery, Londres • © Bridgeman Images

Le Baptême du Christ, 1448–1450

Panneau central d’un triptyque que Piero della Francesca n’a pas achevé, cette œuvre célèbre témoigne de l’influence de Fra Angelico sur le peintre. Elle se caractérise par l’emploi de couleurs pastel et douces, mais aussi par la lumière qui descend sur les personnages. Le Christ se tient au centre de la composition, d’une manière frontale. Au-dessus de lui plane la colombe du saint Esprit. L’œuvre a été réalisée à tempera, c’est-à-dire à l’aide d’une peinture à l’œuf.

Piero della Francesca, La Flagellation du Christ
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Piero della Francesca, La Flagellation du Christ, 1455

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Tempera sur bois • 59 × 82 cm • Galleria nazionale delle Marche, Urbino • © Photo Scala, Florence / courtesy Ministero Beni e Att. Culturali e del Turismo

La Flagellation du Christ, 1455

Ce tableau se compose de deux parties, dont la plus importante – la scène de la flagellation du Christ avant son départ pour la crucifixion – est représentée en retrait à gauche. À droite, plus en avant, trois personnages (dont l’un semble être un Turc) tiennent conversation. Les deux scènes, éclairées par des sources de lumière différentes, sont séparées par une colonne. La perspective est rendue magistralement grâce aux éléments architecturaux antiques (colonnes, chapiteaux, plafond à caissons, estrade…).

Piero della Francesca, Procession de la reine de Saba. Fresque appartenant au cycle de la Vraie Croix
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Piero della Francesca, Procession de la reine de Saba. Fresque appartenant au cycle de la Vraie Croix, 1452–1466

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Fresque • 336 × 747 cm • Eglise San Francesco, Arezzo • © De Agostini Picture Library / S. Vannini / Bridgeman Images

Procession de la reine de Saba, 1552–1466

Tout comme dans la Flagellation du Christ, Piero della Francesca a divisé la scène en deux espaces par une colonne. Cet élément architectural occupe le centre de la composition. Mais cette fois-ci, il délimite deux moments narratifs : l’adoration du bois sacré (empruntée à La Légende dorée de Jacques de Voragine) et la rencontre entre la reine de Saba et le roi Salomon. La colonne n’est donc pas seulement décorative, mais symbolique.

Par • le 25 février 2020

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