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Le pouvoir d’attraction de « La Jeune Fille à la perle » de Vermeer percé à jour par des scientifiques ?

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Une chercheuse examine “La Jeune fille à la perle”
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Une chercheuse examine “La Jeune fille à la perle”

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« The Girl in the Spotlight », projet d’analyse de "La Jeune fille à la perle" mené en 2018 par une équipe de scientifiques et d’historiens de l’art • Photo Ivo Hoekstra / Mauritshuis

Le succès de la « Joconde du Nord » reposerait-il sur une astuce mathématique ? À la demande du musée Mauritshuis de La Haye (Pays-Bas), qui abrite la fameuse Jeune Fille à la Perle (vers 1665), des scientifiques de la société de recherche Neurensics ont mesuré l’activité cérébrale des spectateurs du chef-d’œuvre de Johannes Vermeer afin de comprendre le secret de son irrésistible pouvoir d’attraction. Résultat : un phénomène neurologique précis serait à l’œuvre…

La tête bardée d’électrodes et équipée d’un capteur oculaire, dix participants ont admiré la célèbre peinture. L’analyse de leur activité cérébrale a mené les chercheurs à une conclusion : le regardeur se retrouve pris dans une « boucle d’attention soutenue » (« Sustained Attentional Loop »).

Happé par le visage de la Jeune Fille à la perle

« Cette boucle est la raison pour laquelle on s’attarde plus longtemps sur ce tableau que sur les autres. Vous êtes obligé d’être attentif, que vous le vouliez ou non. »

Le principe est simple : le regard du spectateur est dans un premier temps attrapé par l’œil de la jeune fille (qui nous fixe de trois quarts, comme si elle venait de tourner la tête vers nous), puis se déplace vers sa bouche entrouverte, avant de glisser vers la perle luisant à son oreille, pour remonter vers ses yeux… Et ainsi de suite. En somme, une (agréable) « spirale infernale » contenue dans l’ovale d’un visage, qui happe notre regard grâce à trois points d’accroche.

« Cette boucle est la raison pour laquelle on s’attarde plus longtemps sur ce tableau que sur les autres. Vous êtes obligé d’être attentif, que vous le vouliez ou non », a expliqué Martin De Munnik, de la société de recherche à l’origine de cette étude, qui serait la première à avoir utilisé les technologies de l’électroencéphalogramme (EEG) et de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) dans le but de mesurer une réaction neurologique face à une œuvre d’art.

Johannes Vermeer, La Jeune fille à la perle (détail)
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Johannes Vermeer, La Jeune fille à la perle (détail), vers 1665

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Huile sur toile • 44,5 × 39 cm • Coll. Mauritshuis, Amsterdam • © Mauritshuis

Les chercheurs ont également découvert chez les spectateurs placés face à la peinture une forte stimulation du « précuneus »: une partie du cerveau associée à un carrefour entre émotions, quête de sens, réflexion, bien-être et épanouissement personnel, que des chercheurs japonais ont récemment identifiée comme une sorte de « zone du bonheur » ! Plus attendu, l’activité cérébrale analysée devant le tableau original et devant une reproduction imprimée a révélé que l’émotion ressentie était dix fois plus forte devant l’œuvre authentique.

La « boucle d’attention », seule explication à la fascination exercée par le tableau ?

Cette étude en rappelle d’autres réalisées dans le domaine de la musique : en effet, il a déjà été scientifiquement prouvé que certains accords musicaux, qui stimulent le cerveau d’une certaine façon et s’impriment mieux dans les mémoires, peuvent aider à transformer une chanson en tube planétaire. Ce qui pousse certains à utiliser des logiciels dans l’espoir de fabriquer un hit… La société Neurensics, à l’origine de l’étude au Mauritshuis, explique justement sur son site travailler à identifier chez les « consommateurs » des effets neurologiques « inconscients » pouvant aider les entreprises à améliorer l’efficacité de leurs « stratégies marketing ».

Mais le secret de l’attraction d’une œuvre peut-il vraiment se résumer à une astuce de composition, à une formule mathématique ? Dans La Jeune Fille à la perle, d’autres ingrédients agissent pour nous captiver, comme le pinceau délicat de Vermeer – qui fait briller avec sensualité les yeux et les lèvres de la jeune fille –, la façon dont le visage lumineux du modèle se détache sur le fond sombre, sans parler de l’aura mystérieuse entourant cette beauté anonyme, due aux subtilités de son expression maîtrisées par l’artiste… Des éléments qui demeurent, finalement, plus ou moins insaisissables.

Retrouvez dans l’Encyclo : Johannes Vermeer Âge d'or néerlandais

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