Banksy, Girl With Balloon (détail), 2006
Peinture à la bombe et acrylique sur toile, cadre et déchiqueteuse à papier • 101 × 78 × 18 cm • © Sotheby’s
La Fille au ballon s’était envolée, mais elle est revenue saine et sauve. Après seulement trois jours d’enquête, l’exemplaire de la célèbre œuvre du street artiste Banksy qui avait été dérobé le 8 septembre dernier dans une galerie d’art londonienne a été retrouvé par la police, et les deux voleurs arrêtés le 11 septembre.
Cette œuvre au pochoir sur papier, la n°72 d’une édition limitée à 150 exemplaires signés par l’artiste et estimée à 320 000 euros, était accrochée au sein de l’exposition « Breakout : Banksy’s London Rebellion », présentée à la Grove Gallery, située sur la New Cavendish Street dans le quartier de Fitzrovia.
Le vol de « Girl with Balloon » de Banksy filmé par les caméras de surveillance, 2024
Le vol avait eu lieu un dimanche, vers 22h, le lendemain du finissage de l’exposition. Les images de vidéosurveillance montrent un intrus vêtu de noir démolir énergiquement l’épaisse porte en verre de la galerie avec un objet lourd puis à coups de pied, avant de décrocher et d’emporter l’œuvre… Le tout en 30 secondes, montre en main !
Mais les deux malfrats, Larry Fraser (47 ans) et James Love (53 ans), ont été rapidement retrouvés par la police grâce à des témoins et aux caméras situées dans les rues de Londres. Arrêtés et mis en examen pour vol, ils ont comparu ce jeudi 12 septembre devant le tribunal du sud de Londres, puis ont été libérés sous caution dans l’attente de leur prochaine audience prévue le 9 octobre.
L’œuvre retrouvée de Banksy à la Grove Gallery de Londres, 14 septembre 2024
© Amer Ghazzal / Shutterstock / SIPA
Aussitôt l’œuvre récupérée, le directeur de la galerie, Lindor Mehmetaj, a habilement profité de l’attention médiatique offerte par le vol. Depuis le dimanche 15 et jusqu’à ce mardi 17 septembre, la Fille au ballon est installée au centre de la galerie sur un chevalet, encore dans la pochette en plastique transparente dans laquelle elle a été rendue par la police. Un événement intitulé « Final viewing of ‘Stolen Girl’ » (« Derniers jours d’exposition de la ‘Fille volée’ »), pour lequel il faut réserver son billet sur le site internet de l’établissement. Rebaptisée « Stolen Girl » (la « Fille volée »), sa valeur a, lit-on sur la page, « grimpé en flèche »…
Apparue pour la première fois en 2002 sur le pont de Waterloo, dans le sud de Londres, puis reproduite par l’artiste sur papier et dans d’autres lieux, cette œuvre est l’une des plus célèbres du mystérieux graffeur britannique. Une petite fille tend la main vers un ballon d’hélium rouge en forme de cœur, accroché au bout d’une ficelle, qui semble s’éloigner d’elle, emporté par le vent. L’a-t-elle lâché, ou tente-t-elle de l’attraper ? Simple et forte, l’image évoque à la fois l’espoir, la perte de l’innocence et la fragilité des rêves.
En 2018, lors d’une vente aux enchères, un exemplaire avait été adjugé près de 1,2 million d’euros, juste avant de s’autodétruire sous les yeux des acheteurs grâce à un mécanisme déchiqueteur que l’artiste malicieux avait dissimulé à l’intérieur du cadre. Ce qui avait fait bondir sa valeur à près de 22 millions d’euros lors d’une vente ultérieure, et augmenté sa popularité déjà élevée. Tandis que le chanteur canadien Justin Bieber s’en était fait tatouer une copie sur son avant-bras en 2014, un sondage réalisé par Samsung en 2017 l’avait désignée comme l’œuvre d’art britannique préférée des Anglais, devant des toiles iconiques de William Turner et de John Constable.
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