ENQUÊTE

L’ahurissant business des « fausses » expos Banksy

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Depuis plusieurs années, des expositions Banksy au ticket d’entrée élevé, organisées sans le consentement de l’artiste, fleurissent. Pire, beaucoup contiennent des faux ou des imitations non consenties de son travail, pas toujours clairement annoncées comme telles… Enquête sur le phénomène ahurissant du très lucratif « business Banksy », qui profite du nom de l’un des artistes vivants les plus célèbres au monde.
Vue de l’exposition “The Mystery of Banksy – A Genius Mind”, an unauthorized exhibition, Stuttgart, Stockholm, Hanovre et Cologne
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Vue de l’exposition “The Mystery of Banksy – A Genius Mind”, an unauthorized exhibition, Stuttgart, Stockholm, Hanovre et Cologne, 2023

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© Dominik Gruss

Entre 2016 et 2018, un étrange phénomène a vu le jour : diverses expositions Banksy se sont mises à apparaître et voyager aux quatre coins du monde. Mêlant œuvres encadrées, sculptures, installations, décors et murs tagués au pochoir, ces parcours payants aux mises en scène léchées attirent plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de visiteurs dans chaque ville, pressés de s’immerger dans l’univers du graffeur le plus célèbre et mystérieux au monde. Mais il y a un hic : ces événements ont été mis sur pied sans même en informer le principal intéressé. Pire, les œuvres n’y sont pas toujours authentiques…

Malgré son anonymat légendaire, qu’il a réussi à conserver depuis ses débuts dans les années 1990, le pochoiriste britannique s’exprime régulièrement sur Internet. Dès 2018, une déclaration a fait son apparition sur son site officiel : « Les membres du public doivent savoir qu’il y a eu une récente vague d’expositions Banksy, mais qu’aucune n’est consentie. Elles ont été organisées sans connaissance ou implication de l’artiste. Prière de les traiter en conséquence ».

Exposition « Cut and Run » de Banksy à la Gallery of Modern Art, Glasgow
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Exposition « Cut and Run » de Banksy à la Gallery of Modern Art, Glasgow, 2023

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© f8stockpix / Alamy / Hemis

Les grandes expositions voulues et conçues par (ou avec) Banksy s’élèvent au nombre de onze, la première étant « Severnshed », organisée à Bristol en 2000, et la plus récente « Cut & Run », une rétrospective présentée du 18 juin au 28 août 2023 à la Gallery of Modern Art de Glasgow. Sur son site internet, Banksy met les choses au clair : il n’a jamais fait payer l’entrée de ses expositions, à l’exception de « Dismaland » (sa fameuse expo collective présentée en 2015 sous la forme d’un parc d’attractions dystopique à Weston-super-Mare), et ce pour une seule raison : celui-ci comprenait une grande roue de fête foraine, coûteuse à installer.

Des entrées à 24 euros

C’est donc ainsi que se repèrent les « fausses » expos : contrairement aux vraies, ces dernières font payer l’entrée, et cher – souvent autour de 24 euros, soit à peu près l’équivalent des expositions blockbusters de La Villette à l’image de « Ramsès » cette année (entre 20 et 22 euros pour un billet daté, 32 pour un billet ouvert) ! Mais ces prix élevés ne découragent pas les fans. Pour les organisateurs de ces événements, Banksy est donc une poule aux œufs d’or… Dont ils profitent de manière plus ou moins malhonnête.

Le château de Dismaland, projet artistique temporaire crée par Banksy dans la station balnéaire de Weston-super-Mare en Angleterre
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Le château de Dismaland, projet artistique temporaire crée par Banksy dans la station balnéaire de Weston-super-Mare en Angleterre, 2015

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© Tony French / Alamy / Hemis

Créée par le comédien et collectionneur François Bérardino (alias Béru), la « Banksy Modeste Collection » est sans doute la seule expo dont Banksy ne pourra pas se plaindre.

Plusieurs types d’expositions non autorisées se distinguent : celles qui ne présentent que des œuvres originales, celles qui ne présentent que des reproductions, et celles qui misent sur un mélange des deux. Créée par l’artiste britannique, comédien et collectionneur François Bérardino (alias Béru), la « Banksy Modeste Collection » fait partie de la première catégorie, et c’est sans doute la seule dont Banksy ne pourra pas se plaindre : cette exposition itinérante de près de 260 œuvres et objets, qui vient d’être présentée à Chartres et tourne depuis 2021, attirant au total 141 435 visiteurs dans huit villes de France, est en effet la seule à être gratuite. Mieux, elle a déjà récolté au passage 190 000 euros de dons au profit d’ONG et d’associations (dont SOS Méditerranée) engagées pour des causes défendues par Banksy !

Du 10 au 25 juin 2023, la Banksy Modeste Collection exposait les œuvres du célèbre street artist aux Ateliers des Capucins à Brest
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Du 10 au 25 juin 2023, la Banksy Modeste Collection exposait les œuvres du célèbre street artist aux Ateliers des Capucins à Brest

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© Leonor Lumineau / Hans Lucas

Assumant fièrement son caractère non officiel, « The Art of Banksy » est curatée par un ancien proche de Banksy : Steve Lazarides.

Bien qu’également à classer dans la première catégorie (celle des contenus entièrement authentiques), « The Art of Banksy » est, quant à elle, payante, et sans but humanitaire. Cette expo, qui tourne depuis son lancement à Melbourne en 2016, a été présentée dans quinze villes dont Londres, Washington, Chicago, San Francisco et Miami, attirant au total, selon ses organisateurs, plus d’1,5 million de visiteurs. Assumant fièrement son caractère non officiel à travers un logo rouge vif portant la mention « Unauthorized private collection » (« collection privée non autorisée »), elle est curatée par un ancien proche de Banksy : Steve Lazarides. Ce natif de Bristol fut le photographe et chauffeur de l’artiste, puis son galeriste et son agent officiel, avant de cesser cette collaboration en 2008 pour des raisons inexpliquées…

Plus de 150 œuvres authentiques

« Cette expo pourrait continuer de tourner éternellement dans tous les pays du monde, elle marcherait partout », se vantait Lazarides en 2021. Le parcours, dit-il, rassemble plus de 150 œuvres authentiques prêtées par quarante collectionneurs. Le prix d’entrée pour sa version actuelle, présentée depuis le 13 septembre à Regent Street (Londres) dans un espace de 2 000 m² ? 21 livres sterling (24 euros) sur réservation durant les heures pleines, et 36 livres sterling (pas moins de 41,40 euros) pour une entrée VIP avec brochure et ticket-souvenir.

« À 100 % non autorisée », « interactive » et « immersive », l’exposition « Banksy : The Art of Protest » (auparavant titrée « Banksy : Genius of Vandal ? » et « Banksy : Building Castles in the Sky ») rassemble également des pièces authentifiées appartenant à des collectionneurs privés : entre 70 et 100 œuvres (selon les villes) assorties d’audioguides et d’une incursion en réalité virtuelle dans l’atelier de Banksy, tel qu’il fut filmé dans son long métrage Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop) en 2010. Cette expérience en VR coûte 3 euros à ajouter au prix du billet d’entrée, qui oscille entre 15 (au Design Museum de Barcelone) et près de 28 euros (aux États-Unis). Curatée par l’homme d’affaires russe Alexander Nachkebiya et produite par Exhibition Hub (également producteur de « Van Gogh : l’expérience immersive »), l’exposition a débuté son périple en 2018 à Moscou et Saint-Pétersbourg, où elle aurait attiré 500 000 personnes, avant de voyager à un rythme effréné dans le monde.

« Banksy, Genius or Vandal? It’s up to you » à la maison des artistes de Moscou
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« Banksy, Genius or Vandal? It’s up to you » à la maison des artistes de Moscou, 2018

Certains visiteurs se sont sentis floués par la faible part d’originaux visibles dans le parcours : 27 pièces seulement sur les 150 présentées.

Mais certaines vont plus loin dans la provocation. Ainsi, « The Mystery of Banksy – A Genius Mind », présentée de janvier à mai 2023 à Malmö (Suède), actuellement à Stuttgart et bientôt à Stockholm, ne contient pas une seule pièce originale : sur les 160 présentées, toutes sont des répliques ! Mais le public ne semble pas refroidi. « Les résultats des enquêtes de satisfaction menées auprès des visiteurs […] montrent que les attentes sont satisfaites, voire dépassées, avec un score sensationnel de plus de 96 % », se rengorgent les organisateurs sur leur site officiel.

Des remboursements proposés

D’autres, en revanche, ont essuyé des plaintes. C’est le cas de « The Art of Banksy : Without Limits », qui tourne depuis 2016 après une première à Istanbul, et a attiré plus d’un million de visiteurs dans plus de onze pays. Lors de sa présentation à Séoul (Corée du Sud) en 2021, certains visiteurs se sont sentis floués par la faible part d’originaux visibles dans le parcours : 27 pièces seulement sur les 150 présentées, selon le Korea Herald ! Les œuvres originales (impressions, sculptures, photos…) y étaient en effet noyées parmi des œuvres « reproduites au pochoir en imitant sa technique, spécialement pour l’exposition », comme le précisent les organisateurs, ainsi qu’une reconstitution de la salle de bains de Banksy, qu’il avait décorée avec des pochoirs de rats pendant le confinement de 2020 et dont il avait posté des photos en ligne.

Vue de l’exposition « The Mystery of Banksy – A Genius Mind », an unauthorized exhibition, Stuttgart, Stockholm, Hanovre et Cologne
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Vue de l’exposition « The Mystery of Banksy – A Genius Mind », an unauthorized exhibition, Stuttgart, Stockholm, Hanovre et Cologne, 2023

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© Dominik Gruss

« C’est comme pour le Christ, on se fiche qu’il ait vraiment marché sur l’eau, l’important, c’est la puissance du message que cette histoire transmet. »

Hazis Vardar

Si les organisateurs avaient bien annoncé la présence de reproductions, ils étaient restés vague quant à leur nombre exact, et avaient laissé régner le flou entre copies et œuvres authentiques. Suite aux plaintes, des brochures indiquant le statut de chaque œuvre (originale ou copie) ont été éditées, tandis que des remboursements ont été proposés à ceux qui avaient déjà acheté leurs tickets mais ne souhaitaient plus venir. Selon Fever, en charge de la billetterie, ces derniers auraient cependant concerné moins de 1 % des tickets vendus en Europe, et moins de 1,5 % en Asie.

« Un best-of de copistes imitant les plus fameux pochoirs du maître »

À Paris, une exposition hybride du même genre a fait son apparition en 2019. Devenue permanente, elle se présente sous le nom de « Musée Banksy » : un espace de 900 m² situé dans l’Espace Lafayette Drouot (un ancien parking souterrain réhabilité rue du Faubourg Montmartre) réunissant près de 100 œuvres, dont 51 issues de collections privées, et 42 murs au pochoir. Sauf que ces derniers « ne sont pas des peintures de Banksy mais un best-of de copistes imitant les plus fameux pochoirs du maître », avec une précision parfois « très approximative », dénonçait le journaliste Olivier Granoux, spécialiste du street art, dans Télérama en 2019. Les auteurs de ces reproductions ? « Un collectif de street artistes mondialement connus ayant souhaité rester anonymes », assure le propriétaire du lieu et organisateur de l’exposition, Hazis Vardar – un Belge d’origine albanaise qui s’est constitué, avec son frère Alil, un petit empire dans le monde du spectacle comique en achetant plusieurs salles de théâtre.

« Chez Banksy, rien n’est vrai de toute façon. C’est comme pour le Christ, on se fiche qu’il ait vraiment marché sur l’eau, l’important, c’est la puissance du message que cette histoire transmet », se défend avec culot Hazis Vardar dans Télérama. « C’est comme quand on achète un Lacoste, on a toujours une copie, jamais le modèle original ». « De là à cautionner les ‘Jacoste’ – une contrefaçon achetée au souk, il y a tout de même un fossé », réplique, abasourdi, Olivier Granoux !

Tout comme dans la version originale, il est possible d’y dormir moyennant 150 à 260 euros la nuit.

Pour visiter ce décor en carton-pâte, il faudra débourser 14 euros. 20 si l’on souhaite prolonger la visite dans la reproduction (toujours non autorisée) du Walled Off Hotel, ce fameux hôtel-installation que Banksy a inauguré en 2017 à Bethléem, à deux pas du mur de séparation érigé par Israël, avec des artistes palestiniens. Tout comme dans la version originale, il est possible d’y dormir moyennant 150 à 260 euros la nuit – des prix élevés alors que les chambres y sont bien plus banales que celles de la version palestinienne… « Une expérience unique », assure pourtant le site du musée parisien. Entièrement financé par Banksy, le Walled Off Hotel original de Bethléem réinvestit ses bénéfices dans des projets locaux. Dimension altruiste que sa copie parisienne s’est bien gardée d’imiter ! En revanche, à Paris, les idées ne manquent pas pour doper les recettes. Ainsi, il est même possible de louer les salles de l’exposition pour des « dîners privés » ou « cocktails dînatoires entourés d’œuvres de l’artiste ».

Mais pourquoi Banksy se fait-il autant déposséder de son travail ? Parce que la nature même de son activité – rebelle, pratiquée de façon illégale et anonyme dans l’espace public, sur des murs qui ne lui appartiennent pas – « génère depuis toujours un flou artistique qui dénonce autant qu’il stimule le marché de l’art », analyse le spécialiste Olivier Granoux. Un « vide juridique » qui entraîne le vol systématique de ses œuvres, revendues à des prix délirants. Parasitage dont cette prolifération de « fausses » expositions n’est que le prolongement logique…

Vue de l’exposition « The Mystery of Banksy – A Genius Mind », an unauthorized exhibition, Stuttgart, Stockholm, Hanovre et Cologne
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Vue de l’exposition « The Mystery of Banksy – A Genius Mind », an unauthorized exhibition, Stuttgart, Stockholm, Hanovre et Cologne, 2023

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© COFO Entertainment

Une fois de plus, l’affaire souligne les contradictions dans lesquelles les street artistes se trouvent pris au piège : d’un côté, leur activité est toujours considérée comme illégale par les pouvoirs publics ; de l’autre, leurs œuvres sont appréciées et s’arrachent à des prix mirobolants sur le marché de l’art. Ce quand bien même leurs auteurs, tel Banksy, sont opposés à leur commercialisation. Une situation absurde contre laquelle le Britannique avait protesté en 2018 de manière éclatante en organisant, grâce à un mécanisme déchiqueteur caché dans le châssis de l’œuvre, l’autodestruction partielle de l’une de ses toiles, La Fille au ballon, dans la salle de vente où elle venait tout juste d’être adjugée plus d’1 million d’euros aux enchères. Acte qui, finalement, n’a fait qu’emballer encore plus les collectionneurs et fait s’envoler le prix de l’œuvre !

« Copyright is for losers »

Exposition « Banksy, Génie ou Vandale » au Centre de Congrès Alfândega, Porto
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Exposition « Banksy, Génie ou Vandale » au Centre de Congrès Alfândega, Porto, 2022

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© Fabien Olart / Hemis

Face à cette déferlante de « fausses » expos, Banksy n’a pas vraiment d’autre choix que de laisser courir. Comment, en effet, se plaindre du vol ou de l’exploitation non autorisée d’une œuvre réalisée illégalement et anonymement ? En 2018, Banksy publiait une capture d’écran d’une conversation en ligne avec un fan. À ce dernier, qui lui montre des photos de l’exposition « Genius or Vandal? » à Moscou, Banksy répond, éberlué : « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? ». « Une exposition de ton travail à Moscou. Ils font payer 20 livres pour entrer. Ils ont fait en sorte que ça ait l’air authentique. Je pense que tu devrais faire quelque chose – tu ne peux pas publier un communiqué ? ». « Hmmm. Je ne suis pas sûr d’être le mieux placé pour me plaindre de personnes qui utilisent des images sans demander la permission », répond l’artiste. « Nan mec. C’est une question de principe, c’est une arnaque. Tu dois faire quelque chose », réplique son interlocuteur. « Je ne saurais pas par où commencer », déplore le pochoiriste.

« Le copyright, c’est pour les losers », a, un jour, dit Banksy. Commencerait-il à changer d’avis ? Pas vraiment. En 2019, il inaugurait dans la banlieue de Londres un magasin éphémère dans lequel on ne pouvait ni entrer ni acheter les objets visibles en vitrine. Banksy a ainsi expliqué sa démarche : « Je continue à encourager tous ceux qui veulent copier, emprunter, voler ou amender mes œuvres à des fins de divertissement, de recherche universitaire ou de militantisme. Mais je ne veux pas que quiconque puisse avoir l’exclusivité de l’exploitation commerciale de mon nom ». Même sur ce point, Banksy reste cependant très indulgent : tant que personne ne s’arroge l’exclusivité de cette exploitation, la porte reste ouverte à tous !

Ces « fausses » expositions prennent place dans un mouvement plus large, celui d’un chamboulement général des valeurs : les mots « musée » et « exposition » ne sont plus gages de sérieux et ne garantissent pas la présence d’œuvres originales. Dans le même temps, leur frontière avec l’attraction touristique se brouille de plus en plus. De nombreux parcours uniquement composés de décors « instagrammables » (présentés comme des divertissements et non des œuvres, mais parfois à la limite du plagiat) fleurissent, tout comme les spectacles numériques immersifs, à base de projections lumineuses et de mapping video. Dans ces espaces, pas une seule œuvre originale à l’horizon, mais de belles recettes à la clé !

Entrée de l’exposition “Banksy, Genius or Vandal” à New York
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Entrée de l’exposition “Banksy, Genius or Vandal” à New York, 2021

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© Erik Pendzich / Alamy / Hemis

« Cela va sans dire que les fausses expositions Banksy sont une mauvaise chose, commente Rikard Anderson, créateur du blog référence ‘Banksy unofficial’ ». Mais […] des choses désagréables peuvent avoir un côté positif. Au bout du compte, une exposition Banksy, quelle qu’elle soit, et qu’il s’agisse ou non d’œuvres authentiques, est un hommage à l’artiste et un élément essentiel de sa popularité. […] Si vous ne vous souciez pas vraiment de la violation de copyright et des choses de ce genre, visiter de telles expositions vous procurera certainement du plaisir. À vous de choisir ».

Pour se défendre, leurs organisateurs pourraient aussi avancer que ces expos, de par leur nature parasite et non officielle, et à travers leur remise en cause des définitions habituelles, font partie intégrante de la culture underground dont Banksy est l’emblème absolu. Ce serait oublier que l’argent reste la véritable raison d’être de ces événements, qui se caractérisent par une exploitation commerciale éhontée de son nom. S’il s’agissait vraiment de performances en hommage à l’esprit rebelle de l’artiste, ne seraient-ils pas gratuits, ou du moins plus accessibles ? Ce n’est pas Banksy qui dira le contraire…

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Banksy Modeste Collection

Du 7 octobre 2023 au 22 octobre 2023

www.banksymodestecollection.fr

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The Art of Banksy

Du 13 septembre 2023 au 21 janvier 2024

artofbanksy.co.uk

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The Mystery of Banksy – A Genius Mind

Jusqu’au 15 octobre 2023

mystery-banksy.com

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Musée Banksy

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