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L’iconoclaste franco-marocaine Yto Barrada choisie pour représenter la France à la Biennale de Venise en 2026

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Yto Barrada lors de son exposition “Agadir” à The Curve Barbican Center, Londres
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Yto Barrada lors de son exposition “Agadir” à The Curve Barbican Center, Londres, 2018

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© Tristan Fewings / getty Images Europe / Getty Images via AFP

C’est une artiste très internationale qui a été choisie pour représenter la France lors de la 61e édition de la Biennale de Venise à partir d’avril 2026 ! Après Zineb Sedira en 2022 et Julien Creuzet en 2024, le choix du jury s’est porté sur la Franco-Marocaine Yto Barrada, qui est née en 1971 à Paris, mais vit et travaille entre New York et Tanger.

Photographies de jouets berbères collectés par des ethnologues, maquette d’un Maroc en carton-pâte où circulent de minuscules voitures présidentielles, palmiers lumineux montés sur roues, exploration du commerce de vrais et faux fossiles de dinosaures… En jonglant habilement avec tous les mediums (photo, film, sculpture, peinture, art textile, installations…), Yto Barrada interroge dans nos sociétés les rapports entre vrai et faux, authenticité et exotisme fantasmé, identité réelle et fabriquée, ainsi que leurs liens avec le pouvoir politique.

Des pratiques et des communautés mêlées

Cette artiste engagée est également connue pour avoir cofondé en 2007, dans l’ancien cinéma Rif, la Cinémathèque de Tanger, ville où elle a aussi créé The Mothership – un lieu de recherche et de résidence organisé autour d’un jardin de plantes tinctoriales, où s’entrelacent écologie, féminisme et transmission des savoir-faire locaux.

L’installation d’Yto Barrada lors de la première biennale de l’Antarctique à Ushuaïa
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L’installation d’Yto Barrada lors de la première biennale de l’Antarctique à Ushuaïa, 2017

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© Manuel Meyer / APA-PictureDesk via AFP

C’est la « pratique multidisciplinaire » d’Yto Barrada, « fédérant diverses communautés artistiques et sociales en quête d’une nouvelle utopie », qui a séduit le jury présidé par Claire Le Restif (directrice du centre d’art contemporain d’Ivry, le Crédac) et composé entre autres de Nicolas Bourriaud, Xavier Veilhan et Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français.

Une « chercheuse iconoclaste, artiste totale et sans frontières »

L’institution promouvant la culture française dans le monde, et qui pilote le pavillon français à la Biennale de Venise, a salué une « chercheuse iconoclaste, artiste totale et sans frontières » « qui recueille de nouvelles voix, invisibles, fragiles, historiques ou oubliées », et « explore simultanément faits culturels, processus naturels et récits historiques » en « mettant en avant l’idée de communauté ».

Vue de l’entrée du pavillon français de la Biennale de Venise, investi par Julien Creuzet pour son exposition « Attila cataracte […] », 2024
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Vue de l’entrée du pavillon français de la Biennale de Venise, investi par Julien Creuzet pour son exposition « Attila cataracte […] », 2024

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© Julien Creuzet / Photo Jacopo la Forgia

Nommée pour le prix Marcel Duchamp en 2016, l’artiste est présente dans de nombreuses collections prestigieuses, dont celles du Centre Pompidou à Paris, de la Tate Modern de Londres, du MoMA et du Metropolitan Museum de New York. Son travail intégrera en avril 2026 le pavillon français de la Biennale de Venise, entièrement rénové après 15 mois de travaux qui débuteront en janvier 2025.

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