ÉVÉNEMENT

Biennale de Venise : le monde abyssal de Julien Creuzet pour le pavillon français

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Publié le , mis à jour le
À quoi ressemble le pavillon français de la 60e Biennale de Venise qui s’ouvre demain ? Premier artiste franco-caribéen invité à représenter la France, Julien Creuzet (né en 1986) a créé un espace multisensoriel à la manière d’un paysage sous-marin merveilleux convoquant les imaginaires de la Martinique. Visite.
Julien Creuzet accompagné de Céline Kopp et Cindy Sissokho, commissaires de l’exposition “Attila cataracte […]” au pavillon français à Venise, 2024
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Julien Creuzet accompagné de Céline Kopp et Cindy Sissokho, commissaires de l’exposition “Attila cataracte […]” au pavillon français à Venise, 2024

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© Julien Creuzet / Photo Jacopo la Forgia

Avant même d’avoir pénétré le pavillon français de la Biennale de Venise 2024, confié cette année à Julien Creuzet, une des nouvelles vidéos que le plasticien a créées pour l’événement, installée sur la façade extérieure, se donne à voir de loin, depuis la grande allée des Giardini, l’un des lieux phares de la manifestation. Elle annonce la couleur d’entrée de jeu : on y voit un monument du XIXe siècle parisien voler en éclat, avec langueur.

Pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de la fontaine des Quatre-Parties-du-Monde dans le jardin des Grands-Explorateurs à côté du jardin du Luxembourg, soit un globe terrestre soutenu par des nus féminins à une époque où les pays européens colonisateurs cherchent à conquérir le monde dont ils se disputent les territoires.

Un espace multisensoriel

Vue de l’entrée du pavillon français de la Biennale de Venise, investi par Julien Creuzet pour son exposition « Attila cataracte […] », 2024
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Vue de l’entrée du pavillon français de la Biennale de Venise, investi par Julien Creuzet pour son exposition « Attila cataracte […] », 2024

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© Julien Creuzet / Photo Jacopo la Forgia

Les images hypnotiques marquent le début d’une plongée abyssale au fin fond de l’océan Atlantique ou de la mer des Caraïbes, dans les méandres d’un espace multisensoriel. On y retrouve les grandes composantes des installations immersives ayant révélé l’art singulier de Creuzet. Des sculptures-lianes enchevêtrées entre elles, faites de cordages de filet de levage marin, éléments organiques et déchets, indissociables de ses vidéos, visions futuristes subaquatiques diffusées sur grand écran prolongeant les cimaises à l’infini.

Une attention particulière pour la musique

Dans cette cité engloutie, les statues classiques des anciens empires dérivent la tête à l’envers dans les fonds marins aux côtés d’êtres hybrides dansants, femmes-raies, hommes-calmars et bébés nageurs, sorte de putti nouvelle génération, dans une immensité bleue, au beau milieu de poissons colorés. Y dérivent aussi les restes d’un vaisseau naufragé, un coutelas à couper la canne à sucre (objet fétiche de Creuzet), et des éléments perdus de nos sociétés consuméristes (bouteilles en plastique, téléphone portable…) désormais obsolètes.

Vue de l’exposition « Attila cataracte […] » de Julien Creuzet au pavillon français de la Biennale de Venise, 2024
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Vue de l’exposition « Attila cataracte […] » de Julien Creuzet au pavillon français de la Biennale de Venise, 2024

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© Julien Creuzet / Photo Jacopo la Forgia

Autre élément fondamental du pavillon porté par l’Institut français : la musique. Les fonds marins vibrent au son de chants féminins et de la voix du poète qu’est aussi Julien Creuzet. Sa mélodie décline avec douceur les mots du titre de sa proposition « Attila cataracte… », tandis que les pulsations de la musique se mêlent au battement du cœur.

L’imaginaire de la Martinique

Détail d’une œuvre présentée de Julien Creuzet dans l’exposition « Attila cataracte […] » au pavillon français, 2024
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Détail d’une œuvre présentée de Julien Creuzet dans l’exposition « Attila cataracte […] » au pavillon français, 2024

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© Julien Creuzet / Photo Jacopo la Forgia

Dans ce paysage sous-marin merveilleux, il y aussi des bassins remplis d’un liquide mystérieux, dont les fleurs disséminées à l’intérieur exhalent leur senteur, invitant à un rituel qu’il nous revient d’inventer. Avec grâce, l’artiste convoque les imaginaires de la Martinique de son enfance, les fantômes du passé, les fragments retrouvés d’une histoire encore douloureuse, les possibilités d’un futur aussi bien intime que collectif, métissé et multiculturel, à la manière du « Tout-Monde » du philosophe et poète Édouard Glissant.

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60e édition de la Biennale de Venise

Du 20 avril 2024 au 24 novembre 2024

www.labiennale.org

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