C’est en ce moment ! La 60e édition de la Biennale de Venise, rendez-vous d’art contemporain le plus important au monde, célèbre dans son exposition internationale, intitulée « Foreigners Everywhere », les artistes queer, indigènes et outsiders. Après vous l’avoir fait visiter en vidéo, Beaux Arts vous donne un aperçu des pavillons internationaux, qui s’éparpillent aux Giardini, à l’Arsenale et dans toute la ville de Venise.
Débutons avec celui de la Belgique, aux Giardini, qui orchestre entre ses murs une sorte de carnaval, mis en scène par le collectif Denicolai & Provoost · Antoinette Jattiot · Nord · Spec uloos. Différents géants folkloriques, venus de Belgique, de France et d’Espagne, se sont déplacés jusqu’au pavillon lors d’une longue pérégrination à travers l’Europe. Elles seront de retour à Charleroi et à Dunkerque en 2025.
À deux minutes de là, le pavillon de l’Allemagne surprend immédiatement avec l’énorme tas de terre qui déborde de son entrée. À l’intérieur, un décor post-apocalyptique a été conçu par l’artiste Ersan Mondtag (né en 1987), hanté par des performeurs qui miment d’étranges rituels quotidiens ; Yael Bartana (née en 1970) présente quant à elle des vidéos futuristes qui imaginent des migrations à bord d’un vaisseau spatial…
Toujours aux Giardini, le pavillon du Canada fait l’effet d’une épure absolue après ce déluge d’images. Il a été confié à l’artiste Kapwani Kiwanga (née en 1978), lauréate du prix Marcel Duchamp en 2020 : comme à son habitude, l’artiste marie abstraction et questionnement politique en utilisant des « conteries », aussi connues sous le nom de « perles de rocailles », autrefois employées comme monnaie d’échange, et qui composent ici une sublime œuvre monumentale.
Le pavillon espagnol marque, de son côté, un grand coup en invitant l’artiste péruvienne Sandra Gamarra (née en 1972) : elle est la toute première artiste qui ne soit pas née en Espagne à pouvoir représenter ce pays à la Biennale de Venise ! Celle-ci profite de cette tribune hors norme pour questionner l’héritage colonial espagnol, en convoquant des peintures et gravures du XVIIIe siècle représentant les colonies, associées à des citations d’écrivains et de penseurs écoféministes…
Le pavillon français, confié à Julien Creuzet (né en 1986), est bien entendu incontournable (nous vous en avions parlé ici), tout comme le pavillon de l’Égypte, dans lequel Wael Shawky (né en 1971) a mis en scène une étonnante comédie musicale qui conte la révolution nationaliste d’Urabi, épisode dramatique de l’histoire égyptienne.
Citons enfin le pavillon du Sénégal, orné de peintures d’Alioune Diagne (né en 1985), et l’inoubliable pavillon du Bénin, qui participe pour la première fois à la Biennale de Venise et réunit plusieurs artistes. Notamment la toute jeune artiste Chloé Quenum (née en 1983), qui a sculpté dans le verre des instruments de musique issus des collections du musée du quai Branly de Paris (magnifique !), ou le célèbre Romuald Hazoumè (né en 1962), qui invite ici dans une grande tente réalisée à partir de centaines de bidons d’essence.
Vous l’aurez compris : les pavillons internationaux de cette Biennale sont riches en images fortes !
Texte : Maïlys Celeux-Lanval
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