“Tête de paysanne à la coiffe blanche” de Vincent van Gogh exposée à TEFAF Maastricht, 7 mars 2024
© Peter Dejong / AP / Sipa
Son expression triste et fatiguée transperce la toile. Pour cette poignante Tête de paysanne à la coiffe blanche (vers 1884), le peintre Vincent van Gogh (1853–1890) a su rendre les yeux pleins d’émotion et les traits burinés du modèle en quelques coups de pinceau épais sur fond noir. L’œuvre, l’une des premières de l’artiste réalisées aux Pays-Bas avant son arrivée en France, a fait sensation à la Tefaf (foire européenne d’art et d’antiquités qui se tient à Maastricht, aux Pays-Bas, jusqu’au 14 mars), où elle a été vendue 4,57 millions d’euros.
Cette petite peinture de 33,6 cm sur 26 cm, reconnue comme authentique par le Van Gogh Museum d’Amsterdam, y a été vendue par la galerie d’art et d’antiquités M.S. Rau, basée à La Nouvelle-Orléans, au propriétaire d’un musée situé dans un pays extra-européen, dont l’identité n’a pour l’instant pas été révélée. Le prix d’achat, que le vendeur ne souhaitait pas divulguer, a été dévoilé par l’ANP, l’agence de presse nationale néerlandaise.
« Cette belle et rare peinture est exemplaire de son génie. »
Ce tableau date des débuts de Van Gogh, lorsque ce dernier, après une carrière avortée de pasteur, se met à sillonner la campagne néerlandaise en quête de motifs. Alors âgé d’une trentaine d’années, l’artiste peint ce portrait à Nuenen, dans le sud des Pays-Bas, où il séjourne de 1883 à 1886. Logé dans le presbytère de son père, il y observe les paysans locaux, dont la misère, le mérite et la résilience le touchent. Durant l’hiver 1884–1885, il y réalise une quarantaine d’études de têtes d’agriculteurs en vue de son tableau Les Mangeurs de pommes de terre (1885), qui met à l’honneur une famille de paysans profitant, après leur dur labeur, d’un repas bien mérité – de simples pommes de terre bouillies, accompagnées de café noir.
Vincent van Gogh, Tête de paysanne à la coiffe blanche, 1884
huile sur toile marouflée sur bois • 33,3 × 25,7 cm
« Ce portrait démontre la capacité de l’artiste de représenter ses sujets avec dignité et empathie, tout en évoquant subtilement à travers eux ses propres tourments intérieurs. Cette belle et rare peinture est exemplaire de son génie », a précisé la galerie dans son descriptif de Tête de paysanne à la coiffe blanche.
Particulièrement dense, cette édition de la Tefaf comporte d’autres pépites comme un Portrait d’Antonietta Gonsalvus de l’Italienne Lavinia Fontana (1552–1614), une version presque identique à celui exposé au château de Blois, et un Vassily Kandinsky, Murnau Mit Kirche II (1910), proposé à pas moins de 50 millions d’euros – le plus haut prix de la foire cette année.
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