SÉRIE – 30 FEMMES QUE VOUS DEVRIEZ CONNAÎTRE

Marie Bashkirtseff, peintre révoltée dans les rangs de l’Académie Julian

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Publié le , mis à jour le
Avant de succomber à la tuberculose à l’âge de 25 ans, cette peintre naturaliste d’origine ukrainienne s’est fait une place dans le monde de l’art de la fin du XIXe siècle et a laissé un chef-d’œuvre au musée d’Orsay. Tout au long de ce mois de mars, placé sous le signe de la lutte pour les droits des femmes, Beaux Arts met à l’honneur 30 créatrices dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler… Mais que vous devriez absolument connaître !
Marie Bachkirtseff, À l’Académie Julian
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Marie Bachkirtseff, À l’Académie Julian, 1881

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Huile sur toile • 154 x 188 cm • Musée des arts, Dnipro, Ukraine • © akg-images

Marie Bachkirtseff, Autoportrait à la palette
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Marie Bachkirtseff, Autoportrait à la palette, 1880

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Huile sur toile • 114 × 95,2 cm • Musée des Beaux-Arts de Nice, France • © Vidimages / Alamy / Hemis

« C’était l’être le plus vivant et le plus exquis que j’ai jamais vu. Elle entra, à 17 ans, à l’atelier Julian et y fit grande impression », se souvient la peintre Louise Breslau. C’est en voyageant dès son plus jeune âge à travers l’Europe au côté de sa mère, que Marie Bashkirtseff (1858–1884), riche aristocrate ukrainienne, a découvert sa vocation de peintre. C’est à l’Académie Julian à Paris qu’elle fait ses armes, tenant « le premier rang » selon sa camarade Louise Breslau. Marie témoigne dans un célèbre tableau [ci-dessus] de l’ambiance d’émulation et de camaraderie qui règne dans cette rare école accessible alors aux femmes, autorisant même l’étude de modèles nus masculins. « Quant au sujet, il ne m’intéresse par beaucoup, mais cela peut être très amusant […]. Jamais un atelier de femmes n’a été peint », écrit-elle à propos de l’œuvre dans un journal, entretenu depuis l’âge de 12 ans (publié plus tard par sa famille), et qui raconte son engagement farouche en faveur de l’accès égalitaire des femmes à la formation artistique (« On voyait l’École des beaux-arts. C’est à faire crier. Pourquoi ne puis-je aller étudier là ?! »). Critique au Salon de 1881 sous le pseudonyme de Pauline Orrel pour le journal féministe La Citoyenne, la jeune révoltée fait elle-même sensation au Salon de 1884 avec le tableau Un meeting (aujourd’hui conservé à Orsay). À tel point qu’il fut attribué à son mentor, Jules Bastien-Lepage… De santé fragile, elle meurt à l’âge précoce de 25 ans.

Son œuvre

Inspirée de Vélasquez qu’elle copie et sous l’influence des idées d’Émile Zola, Marie Bashkirtseff s’engage dans le courant naturaliste. Elle peint dans une veine humaniste des scènes rurales, des parisiens d’origine populaire, des portraits de femmes… Son tableau le plus célèbre, Un meeting (1884), figure des écoliers réunis au pieds d’une palissade poussiéreuse couverte de graffitis, tandis qu’au loin une fillette vue de dos s’éloigne seule. L’historien Pierre Singaravélou y voit l’incarnation de « Marie en particulier et de la cause des femmes en général ». Elle signe aussi un autoportrait aux teintes sombres et à l’atmosphère vaporeuse, qui dit toute son ambition : élégante, quelques mèches rebelles et le regard frondeur, palette fermement tenue à la main.

Marie Bashkirtseff, Un meeting
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Marie Bashkirtseff, Un meeting, 1884

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Huile sur toile • 193 × 177 cm • Collection du Musée d’Orsay, Paris • © Wikimedia Commons

Où la voir ?

Au musée d’Orsay, il est possible d’admirer Un meeting, présent dans la salle consacrée aux naturalistes, ainsi qu’un bronze, Douleur de Nausicaa. Les Portrait de la comtesse Dina de Toulouse-Lautrec et de Madame X, quant à eux, sont conservés en réserve. L’Autoportrait à la palette [ill. plus haut], évoqué plus haut, est à voir au musée Jules-Chéret à Nice.

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Musée d'Orsay

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Musée des Beaux-Arts Jules Chéret

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