La cour Napoléon du musée du Louvre avec les anneaux olympiques et la pyramide en arrière-plan
© Alamy / Hemis / Photo Franck Legros
16 médailles d’or pour la France, des images exceptionnelles qui ont fait le tour du monde… Si les Jeux olympiques de Paris 2024 semblent avoir été une réussite sportive et médiatique, quid des établissements culturels de la ville ? Les craintes exprimées en amont de l’événement se confirment : la fréquentation des musées de la capitale a globalement chuté durant les Jeux… Mais quelques surprises positives émaillent ce bilan.
Le musée du Louvre a annoncé, ce lundi 19 août, avoir accueilli, entre le 27 juillet et le 11 août (dates des Jeux), 22 % de visiteurs de moins qu’à la même période en 2023. Du 15 au 26 juillet, période de restrictions de circulation en amont de la cérémonie d’ouverture, avec fermeture complète les 25 et 26 juillet, la baisse a été encore plus radicale, avec 45 % de visiteurs de moins qu’en 2023.
Durant les JO, le musée d’Orsay a, quant à lui, vu défiler dans ses salles 29 % de visiteurs de moins que l’an dernier aux mêmes dates. Même chose pour le musée de l’Orangerie (- 31 %), le musée du quai Branly-Jacques Chirac (- 23 %), le musée d’Art moderne de Paris (- 35 %), le Centre Pompidou (- 28 %) et le château de Versailles (- 25 %). Pour le musée des Arts décoratifs, qui a fermé durant sept jours en raison des cérémonies et des épreuves, le recul est encore plus sévère, avec une chute de fréquentation de 66 %.
Vue de l’exposition « We Are Here » au Petit Palais à Paris
© Musée du Petit Palais – Dist. Paris Musées / Photo Gautier Deblonde
Seul le Petit Palais a enregistré une baisse plus faible que les autres grands établissements du secteur olympique (- 11 %) grâce à son emplacement de choix juste en face du Grand Palais où se déroulaient les épreuves d’escrime et de taekwondo, et à ses expositions attractives (« Le Corps en mouvement » et « We Are Here »), gratuites et sans réservation obligatoire.
11,2 millions de visiteurs ont pourtant afflué à Paris pendant les JO.
Pour ce qui est des établissements généralement fréquentés par des Parisiens ou situés en dehors de l’agitation liée aux Jeux, la baisse a été particulièrement importante, a rapporté Paris Musées. Ainsi, le musée Bourdelle, situé dans le 15e arrondissement, a accusé une chute de fréquentation de 41 % du 5 au 11 août par rapport à 2023.
11,2 millions de visiteurs ont pourtant afflué à Paris pendant les JO. Mais les multiples mesures de sécurité mises en place au moins neuf jours avant la cérémonie d’ouverture (fermetures de stations de métro et de ponts, accès restreint aux quais de Seine et aux quartiers adjacents…) ont découragé les amateurs et même poussé de nombreux Parisiens et touristes à fuir la ville à cette période, ce qui a pénalisé les musées situés dans le périmètre concerné. Par ailleurs, les nombreuses programmations faisant le lien entre art et sport ne semblent pas avoir réussi à intéresser massivement le public des Jeux, pas forcément amateur de musées, et qui a passé la majeure partie de son temps à assister aux épreuves sportives et aux célébrations.
Gradins installés sur les quais de Seine à côté du musée d’Orsay pour le public de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024
© Alamy / Hemis / Photo Alexandre ROSA
Ce bilan était prévisible : aux JO de Londres en 2012, dans une ville désertée par ses habitants et ses touristes classiques, le British Museum avait vu sa fréquentation dégringoler de 25 % par rapport à l’été précédent, et la National Gallery, de 40 %. Prévoyant une situation similaire en France, le Jeu de Paume et le musée de l’Homme avaient opté en amont pour une fermeture complète durant la période des Jeux.
Le tableau de Marie-Antoinette à la Conciergerie durant lequel le groupe de metal Gojira et la chanteuse d’opéra Marina Viotti ont performé lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024
© AFP / Photo Natalia Kolesnikova
Cependant, le bilan n’est pas entièrement négatif. Certains établissements ont réussi à tirer leur épingle du jeu : la Monnaie de Paris, qui frappe et expose les médailles olympiques, a ainsi accueilli 62 % de visiteurs de plus durant les Jeux que lors des deux semaines précédant l’événement, tandis que les Catacombes, toujours très populaires auprès des touristes en été, ont affiché complet. Le Palais de Tokyo, lui, a gagné de l’argent en se transformant en fan zone. Grâce au coup de projecteur apporté par la cérémonie d’ouverture (le show remarqué du groupe de metal Gojira avec une mise en scène explosive évoquant le sang de la Révolution française), la Conciergerie est de son côté beaucoup plus visitée qu’avant le fameux spectacle, comme le notait un reportage du quotidien Le Parisien dès le 31 juillet !
Le cavalier Carlos Parro présentant l’épreuve de dressage individuel au château de Versailles pour les Jeux olympiques de Paris 2024
© Alamy / Hemis / ZUMA Press, ZUMA Press, Inc / Photo Walter Arce
Mais, surtout, les musées centraux comme le Petit Palais, le Louvre, le musée Carnavalet, la maison de Victor Hugo et le musée d’Orsay, filmés lors du passage de la flamme ou de la cérémonie d’ouverture, et le château de Versailles, vitrine rayonnante des épreuves d’équitation, ont bénéficié d’une gigantesque campagne de publicité internationale dont les effets devraient se ressentir dans les années à venir, comme cela a déjà été constaté lors de précédents JO. En attendant, 4 millions de visiteurs sont attendus pour les Jeux paralympiques, qui se dérouleront du 28 août au 8 septembre dans des lieux emblématiques de la capitale, de la Seine à la tour Eiffel en passant par les Invalides et le Grand Palais.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique