ENQUÊTE

Les musées sortiront-ils gagnants des JO ?

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On nous le répète : les JO de Paris 2024, qui attireront cet été 16 millions de personnes rien que dans la capitale, seront une aubaine économiquement parlant. Mais quid de la culture ? Les fans de sport, pas forcément férus d’art, et les Parisiens, refroidis par la foule et les problèmes de transports, iront-ils au musée ? Qu’attendent ces institutions de l’événement ? Comment s’y préparent-elles ? Et en sortiront-elles gagnantes ? Enquête à quelques semaines du coup d’envoi !
L’affiche officelle des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 d’Ugo Gattoni exposée au musée d’Orsay
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L’affiche officelle des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 d’Ugo Gattoni exposée au musée d’Orsay, 2024

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© Laure Boyer / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une affiche officielle confiée à un dessinateur, un village d’athlètes parsemé de quatorze œuvres monumentales, des Olympiades Culturelles, six Vénus de Milo affublées de ballons de basket, gants de boxe et javelots sur les marches de l’Assemblée nationale… Le message est clair : les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, qui se dérouleront du 26 juillet au 11 août et du 28 août au 8 septembre dans la capitale des arts, se veulent aussi sportifs que culturels !

Afin de s’inclure pleinement dans l’événement, les musées ont mis leur programmation au diapason des Jeux en embrassant en masse le thème du sport. Sur tout le territoire, pas moins de 62 139 événements culturels labellisés, dont 44 692 expositions, fêtent en effet les liens entre arts et sports : le musée Marmottan Monet explore la représentation du sport dans l’art ; le musée du Luxembourg, les liens entre design et sport ; le Louvre, l’olympisme à travers les céramiques antiques, tout en proposant des « visites sportives », et un grand jeu de piste culturel gratuit, concocté avec quatre autres grands musées parisiens. Sur sa piazza, le Centre Pompidou proposera quant à lui une sculpture monumentale de l’artiste Raphaël Zarka, accessible aux skateurs – une œuvre « sportive » conçue spécialement pour l’occasion en partenariat avec Nike !

Des visites gratuites et sans réservation

Raphaël Zarka, Rampe Cycloïdale
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Raphaël Zarka, Rampe Cycloïdale

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Une commande du Cnap à la FIAC Grand Palais • © Raphaël Zarka / Cnap / Nike Sb / Les Abattoirs / Photo Max Verret

Si certains ont jugé que le sport s’était imposé jusqu’à l’overdose dans les programmations, cette stratégie semble aux yeux des musées la meilleure solution pour attirer le public des Jeux, et donc tirer parti de l’événement en termes de fréquentation, tout en s’ouvrant à de nouveaux publics.

« D’après l’office de tourisme, notre public sera vraisemblablement composé de celui des Jeux : plutôt européen et national (moins international que notre public estival habituel), et plutôt jeune et masculin, alors que notre public classique est plutôt adulte et féminin. La part des primo-visiteurs sera donc sans doute plus importante, ce qui sera une formidable opportunité pour nous », explique Delphine Capdepuy, secrétaire générale du Petit Palais. Pour attirer ces nouveaux visiteurs, le musée des Beaux-Arts de la ville de Paris a opté pour deux parcours de visite gratuits et sans réservation : « Le Corps en mouvement », qui relie art et sport, et un dialogue entre ses collections et des œuvres de street art. Une démarche pour laquelle ont opté la plupart des musées. Ainsi, le Centre Pompidou a fait « le pari » de « proposer » à ce public « une programmation attractive et familiale », avec une exposition « joyeuse » dédiée à un « art populaire » : la BD.

Mathieu Forget, Esquive avec Enzo Lefort, escrimeur, double champion du monde, médaillé or par équipe au fleuret aux JO Tokyo 2020, au Petit Palais
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Mathieu Forget, Esquive avec Enzo Lefort, escrimeur, double champion du monde, médaillé or par équipe au fleuret aux JO Tokyo 2020, au Petit Palais, 2023

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© Forget Mat

« Est-ce que les JO ramèneront du public ? Je ne sais pas, c’est une grande question. »

Caroline David

Mais quelles sont les attentes des musées en termes de fréquentation ? Dès septembre 2023, Le Monde publiait un article affirmant que les lieux culturels étaient globalement « inquiets ». À quelques semaines de l’événement, l’incertitude règne encore. Beaucoup de musées, comme le Louvre, ont d’ailleurs préféré ne pas s’exprimer à ce sujet.

« Est-ce que les JO ramèneront du public ? Je ne sais pas, c’est une grande question », se demande Caroline David, commissaire de l’exposition « Textimoov! » (sixième édition de Futurotextiles, axée cette année sur le thème du sport et du mouvement) au Tripostal de Lille, où auront lieu cet été 52 épreuves de basket et de handball. « Certes, on est extrêmement bien placés, mais d’un autre côté, on sera en plein été, or l’été n’est habituellement pas une très bonne saison pour nous ». L’exposition, introduite par des paniers de basket connectés et une piste de breakdance, fait la part belle au sport à travers le thème de l’innovation dans les domaines du textile et de la mode, en dialogue avec des œuvres d’art. Mais « ce lien entre culture et sport va-t-il fonctionner ? C’est un vrai point d’interrogation », avoue la commissaire.

« Nous espérons des visiteurs nombreux »

Quoi qu’il en soit, la plupart des musées veulent rester positifs. « Même s’il est difficile de prévoir, nous espérons un public très nombreux ! », nous confie le Centre Pompidou. Le musée d’Orsay (qui offrira depuis sa terrasse du 5e étage un point de vue sur la flamme olympique) et le musée de l’Orangerie (situé lui aussi au cœur de l’Olympiade) voient également les JO comme « une opportunité formidable de s’ouvrir à de nouveaux publics ». « Nous espérons des visiteurs nombreux. Les Jeux peuvent tout à fait être une aubaine », répond, optimiste, la secrétaire générale du Petit Palais, qui espère « attirer les spectateurs allant aux trois sites olympiques situés à proximité (Grand Palais, Invalides et Concorde), mais aussi celles et ceux qui les accompagnent, ainsi que les curieux qui viendront voir les animations le long de la Seine et sur les Champs-Élysées, visiter la boutique des Jeux, ou flâner dans les espaces paysagers réaménagés ».

Le Pont Alexandre III
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Le Pont Alexandre III

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© Bertrand Gardel / hémis

« Nous aimons à penser que l’effervescence cosmopolite, l’esprit festif des Jeux, permettront de renouer avec l’esprit des Expositions universelles, à l’origine de la construction du Petit Palais en 1900 », ajoute Delphine Capdepuy, précisant que le joli café et le jardin du musée constitueront certainement une pause recherchée pour les spectateurs des Jeux. Côté transports, le Petit Palais se dit rassuré : le musée est situé dans un périmètre librement accessible aux piétons, à moins de dix minutes de deux stations de métro ouvertes tout l’été.

Le problème des transports

Vue de l’exposition « En Jeu ! » au musée Marmottan Monet
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Vue de l’exposition « En Jeu ! » au musée Marmottan Monet, 2024

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Photo Christian Baraja Studio SLB

Cependant, de nombreux problèmes de transports et de circulation pourraient décourager aussi bien les touristes que les visiteurs franciliens de se rendre dans les musées. Pour des « raisons de sécurité », 17 stations de métro et de RER, situées dans le « périmètre de protection antiterroriste », seront fermées dès le 18 juillet. La station musée d’Orsay du RER C sera ainsi inaccessible du 18 au 26 juillet, tandis que d’autres le seront beaucoup plus longtemps, comme Champs-Élysées-Clemenceau (proche des Grand et Petit Palais), hors service du 1er juillet au 21 septembre, ou Concorde inaccessible du 17 juin au 21 septembre.

Dans les rues, le trafic sera également perturbé : les véhicules à moteur ne pourront accéder à toute une zone située le long de la Seine, des deux côtés du fleuve. « La circulation des véhicules motorisés peut-être fortement limitée autour du musée », prévient ainsi sur son site internet le Louvre, situé à deux pas du jardin des Tuileries, où sera installée la flamme olympique, et de la place de la Concorde, où se tiendront plusieurs épreuves.

Clément Gonthier, Claire Dabrowski et Maxime Gaudet sur une idée originale du Louvre, Le Louvre à l’heure des Jeux, le film : Diamant Blazi
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Clément Gonthier, Claire Dabrowski et Maxime Gaudet sur une idée originale du Louvre, Le Louvre à l’heure des Jeux, le film : Diamant Blazi, 2024

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film en collaboration avec Starting Blok • © Sbk / Clément Gonthier

En addition à ces problèmes, le tarif unitaire du ticket de métro, qui passera pendant les JO de 2,10 euros à 4 euros (afin, dit-on, d’éviter l’engorgement des guichets et d’encourager les souscriptions d’abonnements Navigo Liberté +, inaccessibles aux non-Franciliens, sauf avec attestation d’employeur), pourrait également en refroidir plus d’un. « Diminuez vos trajets pendant la durée des Jeux », préconise le ministère des Transports. « Il ne faudra pas avoir peur de faire de la marche », renchérit la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse… Sauf que, même à pied, les déplacements seront compliqués par la mise en place de laissez-passer numériques avec QR code pour accéder à certaines zones « sensibles » – mesure qui pourrait également décourager ou empêcher certains visiteurs de se rendre au musée !

Des établissements fermés

Blandine Pont, judo / Les Trois Grâces (1874) par Jean-Baptiste Carpeaux
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Blandine Pont, judo / Les Trois Grâces (1874) par Jean-Baptiste Carpeaux, 15 avril 2024

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« L’œuvre que j’ai choisie s’appelle Les Trois Grâces et la grâce, c’est quelque chose que je retrouve dans le judo. » • Exposition « Le Corps en mouvement » au Petit Palais • © Laurent Julliand / Contextes

Face à ces contraintes, qui touchent aussi bien les visiteurs potentiels que les employés des musées eux-mêmes, certains établissements vont rester fermés. Un comble alors que les JO sont censés apporter des retombées touristiques et économiques à la ville ! C’est le cas par exemple du musée de l’Homme, situé place du Trocadéro, qui fermera du 20 juillet au 13 août inclus, se privant d’environ 10 000 visiteurs. Une décision « difficile », prise à cause des problèmes de transport et des « conditions de sécurité très contraignantes place du Trocadéro » – éléments auxquels s’ajoute le fait que l’été est déjà, traditionnellement, une période creuse.

Le Jeu de Paume ferme lui aussi ses portes, mais sur une plus longue période, de mi-mai à fin septembre (ce qui occasionnera un manque à gagner de 600 000 à 700 000 euros environ), afin de « minimiser les risques ». « Nous avons un public plutôt parisien et francilien, que les pouvoirs publics appellent à déserter la capitale et à se déplacer le moins possible », regrettait il y a quelques mois, dans Le Monde, son directeur Quentin Bajac.

Place du Trocadéro avec les anneaux olympiques
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Place du Trocadéro avec les anneaux olympiques, 2024

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© Bertrand Gardel / hémis

D’autres fermeront seulement quelques jours. Ainsi, le Louvre sera fermé les 25 et 26 juillet, jour de la cérémonie d’ouverture, qui se déroulera sur la Seine à partir de 19h30. Si de nombreux autres musées et lieux culturels, comme Orsay et la BnF, seront fermés le 26, d’autres fermetures partielles seront également à prévoir durant les journées consacrées au déminage. Par exemple, le musée de l’Orangerie, qui jouxte le site olympique de la place de la Concorde (ce qui le contraindra à limiter son accessibilité à certaines entrées du jardin des Tuileries) restera portes closes les 20, 25 et 26 juillet, ainsi que le 28 août, premier jour des Jeux paralympiques.

Réserver, se renseigner, s’organiser

Les musées qui restent ouverts durant les Jeux ont souvent prévu quelques aménagements logistiques, sur lesquels ils travaillent depuis plusieurs mois, en concertation, si nécessaire, avec la préfecture de police et la Délégation générale aux Jeux olympiques et paralympiques et aux grands événements de Paris 2024. Ainsi, il est conseillé de se renseigner à l’avance sur les horaires d’ouverture et de fermeture, qui peuvent varier légèrement – par exemple en passant de 19h à 18h.

En prévision de l’affluence, le Louvre a même réinstauré les créneaux obligatoires. « Du 1er juillet au 8 septembre, tous les visiteurs doivent obligatoirement réserver leurs billets à l’avance, y compris les bénéficiaires de la gratuité et les détenteurs d’une carte d’adhérent », prévient le site internet du musée, qui maintiendra sa jauge de 30 000 visiteurs par jour. Le Centre Pompidou, lui, prévoit, « compte tenu du niveau  ‘alerte attentat’ », des « mesures de sécurité » supplémentaires et un éventuel renforcement des contrôles en fonction des « niveaux d’affluence observés ».

Le Jardin du Petit Palais
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Le Jardin du Petit Palais

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© Jean-Pierre Salle

« Nous aurons sûrement des pics de fréquentation qui tiendront compte des épreuves qui vont se dérouler à proximité, explique de son côté le Petit Palais. Notre défi sera d’être en capacité de réguler les flux importants et de veiller à offrir une expérience de visite à la hauteur de notre bâtiment et de nos collections ». Le musée ne modifiera cependant pas ses horaires d’ouverture : seuls ses horaires de livraison seront décalés pour avoir lieu de nuit et tôt le matin. Au niveau des équipes, le musée prévoit une « organisation par roulement, afin de couvrir tous les besoins sur des plages horaires continues ».

Pour contourner les problèmes, certains ont trouvé des astuces. Le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie travaillent par exemple « en étroite collaboration avec la préfecture de police pour permettre aux visiteurs d’être dispensés d’un QR code pour accéder aux musées pendant la période de sécurisation des berges de Seine, du 18 au 26 juillet ».

La leçon des JO de Londres en 2012

« Le bilan des Jeux va être extrêmement positif. Pour la région Île-de-France, et pour le pays ».

Valérie Pécresse

Quant au Palais de Tokyo, il a trouvé la parade au casse-tête des JO en louant 15 000m² de sa surface, durant toute la durée des Jeux, au fournisseur d’hospitalités des JO, l’entreprise américaine On Location, qui y installera le Clubhouse 24 : une fan zone haut de gamme accessible à partir de 100 euros, où 7 000 personnes par jour pourront regarder les épreuves sur grand écran, se restaurer, et profiter d’activités liées au sport.

« Le bilan des Jeux va être extrêmement positif. Pour la région Île-de-France, et pour le pays », assure Valérie Pécresse. Mais les retombées économiques seront-elles vraiment bonnes pour les musées ? Si l’on en croit l’exemple des JO de Londres en 2012, les retombées immédiates sont très mauvaises pour ce secteur. Ainsi, si les entreprises de construction britanniques ont bénéficié des Jeux, les musées londoniens en ont pâti. Le 13 août 2012, BFMTV rapportait que Londres était désertée par ses habitants et les touristes, qui avaient préféré fuir la saturation des transports, contraignant beaucoup de restaurants et de commerces à fermer boutique, et les hôtels à baisser leurs tarifs. Le 10 août, la fréquentation des sites touristiques avait chuté de 30 % par rapport à l’année précédente.

Un bénéfice sur le long terme ?

Pour les musées londoniens, ce fut un désastre. Début septembre 2012, le Journal des Arts rapportait que les JO avaient « refroidi les amateurs de culture », et entraîné une « forte baisse de fréquentation » des musées londoniens durant tout l’été. Le British Museum a ainsi vu sa fréquentation dégringoler de 25 % par rapport à l’été précédent, et la National Gallery, de 40 %. Seul un musée spécifique, « de niche », présentant un lien très fort avec le thème des JO, a, au contraire, vu sa fréquentation multipliée par trois : le Much Wenlock Museum (Shropshire), dont le parcours permanent raconte l’histoire de la naissance des JO modernes.

Si ces chiffres sont inquiétants et font craindre un même effet de désertion à Paris, les retombées économiques peuvent cependant être bonnes sur le long terme. « Nous n’attendons pas de retombées économiques immédiates de billetterie, puisque le musée ne présente pas cet été d’exposition payante. Si l’on se base sur les études des Jeux précédents, on sait que les institutions culturelles tirent profit de l’événement plutôt les années suivantes, avec notamment un accroissement du tourisme international », explique la secrétaire générale du Petit Palais. Pour elle, les JO seront l’occasion de décupler la « notoriété » du musée à l’international. En tant que premier site parisien à accueillir la flamme olympique le 14 juillet, le Petit Palais bénéficiera en effet de la « diffusion planétaire de l’événement sur tous les écrans ». Une « visibilité sans pareille » qui sera l’« occasion de faire savoir que le musée recèle des trésors de Rembrandt, Monet ou Courbet » !

Grâce aux JO, le Petit Palais a même gagné le financement de la restauration de son péristyle (fresque comprise), ainsi que d’autres travaux d’amélioration (éclairages et performance énergétique). En échange de ce mécénat, le groupe BPCE, qui comprend la Banque Populaire et la Caisse d’Épargne, louera durant toute la durée des Jeux un espace au sein du Petit Palais pour offrir des « moments de partage à plus de 20 000 invités autour des épreuves sportives ».

Montrer les rénovations récentes

Pour certains établissements, les JO seront aussi l’occasion de se montrer sous leur meilleur jour suite à des rénovations récentes qui, relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux, ne pourront que donner envie aux touristes de s’y rendre plus tard pour les (re)découvrir. C’est le cas par exemple du Grand Palais, qui rouvre ses portes après trois ans de rénovation, mais aussi du Louvre, dont plusieurs grands chefs-d’œuvre ont été récemment restaurés (dont La Liberté guidant le peuple de Delacroix), ou encore du château de Versailles, qui vient de redonner tout son éclat à l’un de ses éléments emblématiques, le bassin d’Apollon.

Techniciens déplaçant La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. La restauration durera jusqu’au printemps 2024
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Techniciens déplaçant La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. La restauration durera jusqu’au printemps 2024

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© Dimitar Dilkoff / Afp

Ce bénéfice sur le long terme s’est, semble-t-il, avéré exact pour Londres : en 2018, Londres avait déjà engrangé plus de 130 millions de livres sterling rien qu’avec l’exploitation, post-Jeux, des équipements sportifs qui avaient été construits pour 2012. Christophe Dubi, directeur exécutif des JO au Comité international olympique, avait alors parlé d’un « héritage légué par les JO à la ville et à ses habitants », qui leur « apporte des bienfaits pendant des années, voire des décennies ». Reste à déterminer la part de cet héritage que peuvent espérer toucher nos musées, et surtout les plus petits, qui n’auront pas forcément bénéficié de la même couverture médiatique que les grands établissements les plus centraux…

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