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DESIGN STORY

La médaille olympique, Graal des athlètes et bijou d’art inestimable

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Publié le , mis à jour le
Une exposition à la Monnaie de Paris retrace l’évolution de la médaille à travers les éditions des Jeux olympiques modernes. L’occasion, à moins de huit semaines de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, de revenir sur les origines de cet objet d’exception qui renferme tout l’effort d’un athlète, sa sueur, ses rêves…
Les médailles des Jeux de Paris 2024
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Les médailles des Jeux de Paris 2024

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© Paris 2024

Il nous est rarement donné l’occasion d’en voir de près. La Monnaie de Paris expose une ribambelle de ces objets précieux frappés en or, argent ou bronze, à admirer avec la plus grande attention au travers des vitrines. Des récompenses dont la forme et le dessin ont évolué au fil des Jeux et qui incarnent cet instant solennel où l’athlète, souvent ému aux larmes, vient de triompher après tant d’années de dur labeur… Alors, à quand remonte la première médaille olympique et à quoi ressemblait-elle ?

1896 : c’est l’année où l’historien et pédagogue Pierre de Coubertin parvient à organiser les Jeux de la première Olympiade de l’ère moderne à Athènes, dans le pays où ils ont vu le jour au VIIIe siècle av. J.-C. en l’honneur du Zeus olympien. La Monnaie de Paris frappe alors la toute première médaille olympique, dessinée par un célèbre graveur de l’époque : Jules-Clément Chaplain (1839–1909). On y voit le visage de Zeus finement tracé, observant la déesse grecque de la victoire Niké qu’il tient en miniature dans sa main droite.

Entre standardisation et créations originales

Frédéric de Vernon (gravure), Monnaie de Paris (frappe), Médaille d’argent (bronze argenté) d’Exercices physique et sports comptant pour les Jeux de la IIème Olympiade (Paris, 1900)
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Frédéric de Vernon (gravure), Monnaie de Paris (frappe), Médaille d’argent (bronze argenté) d’Exercices physique et sports comptant pour les Jeux de la IIème Olympiade (Paris, 1900)

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Coll. particulière • © Monnaie de Paris

En 1900, surprise : une médaille rectangulaire voit le jour, sur laquelle l’artiste Frédéric de Vernon (1858–1911) figure un athlète brandissant fièrement son rameau en olivier, comme celui remis avec un diplôme à chaque vainqueur. Car jusqu’à l’entre-deux-guerres, la plaquette angulaire est en vogue même si « techniquement, c’est beaucoup plus compliqué parce qu’il faut faire revenir les angles, les faire remonter au moment de la frappe », précise Dominique Antérion, commissaire de l’exposition.

Généralement conçue en vermeil, dotée de six grammes d’or et pesant environ 500 grammes, la médaille olympique tend à refléter ainsi les tendances de son époque. Ce n’est qu’en 1928 qu’elle se standardise pour de bon, à Amsterdam. Un modèle type est désormais remis à la fin de chaque épreuve et non le dernier jour : le modèle « Trionfo » (« Triomphe » en italien) signé par le peintre et sculpteur Giuseppe Cassioli (1865–1942). À l’avers, Niké tient une palme dans sa main gauche et brandit la couronne dans sa main droite, tandis qu’au revers, une foule porte le vainqueur : le juste équilibre entre emblème antique et référence sportive.

À gauche, la médaille de bronze (slalom) des X<sup>e</sup> Jeux Olympiques d’hiver (Grenoble, 1968) de Roger Excoffon. À droite, les médailles des Jeux olympiques d’hiver d’Albertville (1992)
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À gauche, la médaille de bronze (slalom) des Xe Jeux Olympiques d’hiver (Grenoble, 1968) de Roger Excoffon. À droite, les médailles des Jeux olympiques d’hiver d’Albertville (1992)

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© Adagp, Paris, 2024. © Studio Y. Langlois – Musée Lalique

Naturellement, les comités organisateurs tentent d’échapper à la norme imposée par le Comité international olympique. Exemples : en 1960 à Rome, la médaille se dote d’une chaîne en métal ; à Mexico, en 1968, la voilà affublée d’une bélière, élément métallique représentant chacune des épreuves, et d’un joli ruban coloré ; pour les JO d’hiver de Grenoble de la même année, elle arbore des courbes inspirées de l’Op art et imaginées par le typographe Roger Excoffon, tandis qu’à Albertville, la manufacture Lalique la fabrique en cristal ciselé ! Chaque pays fait appel à des artistes et artisans expérimentés qui redoublent de créativité. Son diamètre augmente aussi pour mieux être admirée. Après tout, c’est une star des écrans

Des bouts de la tour Eiffel pour la médaille des JO 2024

La médaille d’or des Jeux de Paris 2024
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La médaille d’or des Jeux de Paris 2024

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© Paris 2024 / Cyril Masson

« Et un objet de son temps », conclut le commissaire. En 2016, apparaît le premier modèle écologique à Rio de Janeiro, offert dans des coffrets en bois respectant les normes environnementales et doté d’un ruban durable issu de plastique recyclé. Aux derniers Jeux de Tokyo, d’anciens smartphones et ordinateurs avaient été transformés pour mouler les trois designs épurés créés par Junichi Kawanishi. Cette année, celles de Paris 2024 font aussi de la récup – seulement, il s’agit d’historiques morceaux de la tour Eiffel !

Depuis sa construction entre 1887 et 1889 à l’occasion de l’Exposition universelle, des parties ont été conservées au fil des rénovations. Le comité d’organisation a donc défié la maison Chaumet (c’est la première fois qu’un joaillier est sollicité) d’en insérer 18 grammes dans chacune des médailles. Résultat : un hexagone de fer frappé du logo de Paris 2024 est serti au cœur des 5 000 pièces sculptées comme des rayons d’or, d’argent ou de bronze. Ainsi, quiconque gagne l’une de ces médailles, repart avec un morceau d’histoire de la capitale – de ce patrimoine national qui, cet été, sera sous le feu des projecteurs du monde entier.

D'or, d'argent, de bronze. Une histoire de la médaille olympique

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

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