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Quelles sont les références artistiques de la cérémonie d’ouverture des JO ?

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La flamme olympique derrière le Carousel du Louvre
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La flamme olympique derrière le Carousel du Louvre

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© Maja Hitij / Getty Images / Afp

« Osée », « grandiose », « scandaleuse »… La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, qui s’est déployée ce vendredi 26 juillet sur la Seine ainsi que dans des lieux emblématiques de la capitale, et a été suivie par plus de 23 millions de téléspectateurs en France (l’une des meilleures audiences de l’histoire de la télévision française) et plus d’un milliard dans le monde, n’a laissé personne indifférent !

Violemment critiquée par l’extrême droite et censurée dans plusieurs pays étrangers, mais largement applaudie comme un hommage audacieux aux valeurs de la République et à sa diversité, cette succession de tableaux a aussi brillé par ses nombreuses références à l’histoire de l’art.

La Cène ou un festin olympien ?

« La Cène n’était pas mon inspiration. »

Thomas Jolly

L’une d’entre elles a fait scandale : le tableau « Festivité » et la performance improbable du chanteur Philippe Katerine, peint en bleu et nu comme un ver (en réalité vêtu d’un collant ultrafin) pour interpréter sa chanson « Nu » au milieu de grappes de raisins et de fleurs multicolores. Derrière lui, installés à cette longue table, plusieurs drag queens et la DJ Barbara Butch coiffée d’une sorte d’auréole argentée. Cette disposition a été interprétée comme une parodie de la Cène de Léonard de Vinci (peinte en 1495–1498 et représentant le dernier repas du Christ), ce qui a provoqué l’indignation de l’extrême droite et de l’épiscopat catholique qui déplore une « moquerie du christianisme ».

À gauche, “Le Festin des dieux” de Jan Harmensz van Biljert (vers 1635 – 1640). À droite Philippe Katerine et des drag queens lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024
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À gauche, “Le Festin des dieux” de Jan Harmensz van Biljert (vers 1635 – 1640). À droite Philippe Katerine et des drag queens lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024

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Coll. musée Magnin, Dijon. Capture France TV

« Vous ne trouverez jamais chez moi une quelconque volonté de moquerie, de dénigrer quoi que ce soit. J’ai voulu faire une cérémonie qui répare, qui réconcilie », a répondu dimanche sur BFMTV le metteur en scène Thomas Jolly, directeur artistique de l’événement. « La Cène n’était pas mon inspiration. L’idée était plutôt de faire une grande fête païenne reliée aux dieux de l’Olympe… l’Olympe… l’olympisme. Je crois que c’est assez clair. Dionysos arrive sur cette table. Il est là parce qu’il est le dieu de la fête, du vin, et le père de Sequana [déesse gauloise de la Seine] ». Sur les réseaux sociaux, certains y voient d’ailleurs une convaincante référence au tableau Le Festin des Dieux (1635) de Jan Hermansz van Bijlert, conservé au musée Magnin à Dijon (lequel a relevé la ressemblance sur son compte du réseau social X) et qui représente un Bacchus nu devant une longue table au centre de laquelle siège non pas le Christ, mais un Apollon couronné ! À ses côtés une allégorie du Printemps brandissant un petit objet de la même manière que l’un des personnages de la cérémonie.

Les chefs-d’œuvre du Louvre

Cérémonie d’ouverture Paris 2024 : les Minions ont dérobé la Joconde
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Cérémonie d’ouverture Paris 2024 : les Minions ont dérobé la Joconde

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Capture France TV

L’événement comptait bien d’autres références à l’histoire de l’art, en particulier à travers les chefs-d’œuvre du musée du Louvre, musée universel par excellence. La Joconde (1503–1519) y fait ainsi son apparition, à la dérive sur la Seine, dans une séquence qui fait référence à son vol au Louvre en 1911 ! Lors du passage du porteur de flamme dans les salles du Louvre, on a également pu apercevoir de nombreuses œuvres dont la Victoire de Samothrace, la Vénus de Milo, La Grande Odalisque d’Ingres (1814), et Madame Vigée Le Brun et sa fille d’Élisabeth Vigée Le Brun (1789).

Les personnages des peintures d’histoire se mettent alors à s’échapper de plusieurs tableaux, dont Marat assassiné de Jacques-Louis David (1793), Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault (1818–1819) et La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix (1830)… Un grand format emblématique de l’histoire de la France, fraîchement restauré, et justement recréé un peu plus tôt dans la cérémonie sous la forme d’un tableau vivant sur la scène du théâtre du Châtelet, au cœur d’un extrait de la comédie musicale Les Misérables, d’après le chef-d’œuvre de Victor Hugo.

Tableau Liberté de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 2024 avec la reconstitution de « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix
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Tableau Liberté de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 2024 avec la reconstitution de « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix

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Capture France TV

Sur la Seine, le long des six kilomètres du parcours des péniches transportant les athlètes, se tenaient également des décors représentant des visages géants, partiellement immergés dans l’eau du fleuve, comme un rappel énigmatique de la menace de la montée des eaux. On y reconnaissait les visages de la femme enturbannée du Tricheur à l’as de carreau de Georges de La Tour (vers 1636–1640), de Madeleine, femme noire peinte par Marie-Guillemine Benoist (1800), de Gabrielle d’Estrées (Portrait présumé de Gabrielle d’Estrée et de sa sœur la duchesse de Villars, anonyme, vers 1594–1595), ainsi que des personnages du Portrait du shah Abbas et son page (école Qajar, 1627), et du Relief de Sethi et Hathor (- 1294 / – 1279) – cinq œuvres conservées au Louvre.

Portrait du shah Abbas et son page (école Qajar, 1627), émergeant de la Seine
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Portrait du shah Abbas et son page (école Qajar, 1627), émergeant de la Seine

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© Vincent Koebel / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Une Marie-Antoinette décapitée et un accordéoniste ailé

Lors de la performance du groupe de métal Gojira, l’image saisissante d’une Marie-Antoinette décapitée, postée à l’une des fenêtres de la Conciergerie et tenant dans ses mains sa tête coupée, se réfère, quant à elle, aux saints céphalophores : des saints qui ont été décapités et que les peintres et sculpteurs représentaient ainsi, tenant leur tête entre leurs mains. Une manière de ne pas oublier le martyre des guillotinés, lourd tribut payé par la France pour l’instauration de ses valeurs républicaines. Et de contrebalancer le traitement férocement festif de la violence de la Révolution, dont le sang gicle de la Conciergerie sous la forme de bouquets de rubans rouges !

À gauche, l’Évêque céphalophore du musée des Augustins de Toulouse (entre 1476 et 1500).  À droite, la représentation de Marie-Antoinette lors de la cérémonie d’ouverture des jeux de Paris 2024
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À gauche, l’Évêque céphalophore du musée des Augustins de Toulouse (entre 1476 et 1500). À droite, la représentation de Marie-Antoinette lors de la cérémonie d’ouverture des jeux de Paris 2024

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Coll. musée des Augustins, Toulouse. Capture France TV

Parmi les autres références arty figure l’accordéoniste ailé, qui peut être vu comme un clin d’œil aux anges musiciens de la Renaissance, à des dessins de Jean Cocteau, à Charlie Chaplin dans The Kid (1921) ou encore aux Ailes du Désir de Wim Wenders (1987). Plus tard dans la soirée, la lune éborgnée du Voyage dans la Lune (1902) du cinéaste Georges Méliès (court-métrage muet inspiré de romans de Jules Verne) apparaissait dans une séquence animée au côté du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

Des références aux arts de toutes les époques

Associée à des spartiates, la robe dorée à plumes d’Aya Nakamura, signée Dior dont le dernier défilé était d’inspiration hellénique, évoque également les sculptures de déesses de l’Antiquité, dont Diane chasseresse.

Le cheval en métal articulé qui a remonté la Seine lors d’une cavalcade spectaculaire sur l’eau, monté par une cavalière encapuchonnée en armure argentée (la déesse Sequana et non le cavalier de l’Apocalypse, a précisé Jolly !), réalisé à Nantes par l’Atelier Blam, évoque quant à lui de nombreuses peintures et sculptures équestres.

À gauche, “When the Sky Blooms” de Cai Guo Qiang, 2023. À droite, l’effet pyrotechnique du drapeau français sur le pont d’Austerlitz lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024
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À gauche, “When the Sky Blooms” de Cai Guo Qiang, 2023. À droite, l’effet pyrotechnique du drapeau français sur le pont d’Austerlitz lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024

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© Cai Guo Qiang / YSL. Capture France TV

Quelques références à l’art contemporain se glissaient également dans cette cérémonie. Ainsi, le spectaculaire tableau bleu-blanc-rouge au-dessus du pont d’Austerlitz rappelle beaucoup les œuvres pyrotechniques impressionnantes de l’artiste chinois Cai Guo-Qiang. En particulier When the Sky Blooms with Sakura, commandée par la maison Yves Saint Laurent et réalisée en juin 2023 sur une plage japonaise. Une cérémonie décidément très imprégnée par l’art !

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