UNE ŒUVRE EN DÉTAILS

« Trompe-l’œil aux pièces de monnaie », un Boilly qui trompe énormément !

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Publié le , mis à jour le
Parce qu’il joue avec notre regard et piège notre perception, le trompe-l’œil ne cesse de fasciner et d’inspirer les artistes. C’est ce que démontre au musée Marmottan Monet l’exposition « Le trompe-l’œil, de 1520 à nos jours », dans laquelle figure ce savoureux piège visuel signé Louis-Léopold Boilly. Scrutons d’un peu plus près ce bijou d’illusion.
Louis Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon
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Louis Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon, vers 1808-1815

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Plus vrai que nature

Mais qu’est-ce que c’est que ce bazar ? Sur un guéridon en acajou de style Empire, quelqu’un semble s’être débarrassé du contenu de ses poches : pièces de monnaie, jeu de cartes, clous, canif, plume… À y regarder de plus près, il s’agit là d’un trompe-l’œil – une saisissante illusion d’optique créée par le pinceau minutieux d’un peintre virtuose, capable d’imiter à la perfection la réalité, et donc de nous berner !

Peinture à huile sur vélin et bois • Guéridon 76 cm de hauteur, plateau 48 x 60 cm • Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille • © Rmn GrandPalais presse / Stéphane Maréchalle

Louis Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail)
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Louis Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail), vers 1808-1815

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Un coup de maître signé Boilly

Cette farce visuelle est signée : elle est l’œuvre d’un certain Louis-Léopold Boilly (1761–1845). Ce peintre, lithographe et miniaturiste français, notamment connu pour ses facétieuses chroniques parisiennes, est passé maître dans l’art du trompe-l’œil. C’est d’ailleurs lui qui aurait inventé le terme en 1800, avant qu’il ne soit adopté par l’Académie française 35 ans plus tard. L’artiste est aussi un portraitiste et caricaturiste hors pair, comme en témoignent ces deux médaillons figurant des autoportraits. Sur celui de gauche, le peintre se représente l’air exagérément ébahi, comme pour se moquer de la crédulité du spectateur !

Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille

Louis Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail)
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Louis Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail), vers 1808-1815

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Inspiré par les peintres flamands

Quel est donc le secret de la maestria de Boilly ? Les nombreux trompe-l’œil laissés par ce natif du nord de la France démontrent une technique virtuose héritée des maîtres primitifs flamands. Boilly alterne ainsi jeux d’ombre et de lumière, qui, associés à sa minutie d’orfèvre, confèrent un relief sans pareil à ses compositions. Pour parfaire cet art de l’illusion, le peintre, également féru de sciences, pouvait compter sur sa panoplie d’instruments d’optique. Zograscope, pantographe, lunette, chambre noire constituaient ainsi sa collection.

Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille

Louis-Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail)
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Louis-Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail), vers 1808-1815

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Succès populaire

D’abord cantonné aux arts décoratifs, le trompe-l’œil devient, sous l’impulsion d’illusionnistes tels que Boilly, un genre artistique à part entière. Bien que peu considéré par la critique, il connaît un véritable succès populaire aux XVIIIe et XIXe siècles. En 1800, Boilly expose au Salon un trompe-l’œil figurant une accumulation de dessins au réalisme confondant. L’engouement est tel que le musée du Louvre est obligé d’installer un cordon autour de l’œuvre afin d’empêcher les curieux de trop s’en approcher !

Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille

Louis-Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail)
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Louis-Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail), vers 1808-1815

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Dédicace impériale ?

Parmi l’ensemble de pièces qui semblent avoir été jetées à la hâte sur le guéridon, l’une en particulier attire l’œil. On distingue en effet un profil familier : celui de Napoléon ! Ce détail qui ne doit rien au hasard confirmerait une hypothèse selon laquelle ce meuble aurait été réalisé pour l’empereur.

Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille

Louis-Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail)
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Louis-Léopold Boilly, Trompe-l’oeil aux pièces de monnaies, sur le plateau d’un guéridon (détail), vers 1808-1815

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Ni vu ni connu, un génial coup de pub

Peintre virtuose, Boilly était aussi un excellent communicant. En témoigne ce détail amusant : une bandelette de papier déchirée, coincée sous une loupe et sur laquelle on lit « M. Boilly, rue Meslée 12, à Paris » – les coordonnées du peintre ! À cette époque, Boilly s’affirme à la tête d’un commerce florissant et exécute à la chaîne des milliers de petits portraits qu’il vend à des prix défiant toute concurrence… S’agissant de l’art de faire des affaires, tous les moyens sont bons pour se faire connaître !

Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille

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Le trompe-l’œil – De 1520 à nos jours

Du 17 octobre 2024 au 2 mars 2025

www.marmottan.fr

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