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Un nouveau musée Mucha, qui accueillera sa monumentale « Épopée slave », inauguré en février à Prague

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L’intérieur de palais Savarin à Prague où est inauguré le nouveau musée Mucha en février 2025
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L’intérieur de palais Savarin à Prague où est inauguré le nouveau musée Mucha en février 2025, 2025

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© Crestyl

Avis aux inconditionnels d’Alphonse Mucha (1860–1939) : un nouveau musée consacré au travail de ce dessinateur, affichiste et peintre tchèque, grande figure de l’Art nouveau, va bientôt ouvrir ses portes dans l’un des plus beaux bâtiments baroques de Prague.

Dès le 24 février 2025, le palais Savarin (dit aussi Sylva-Taroucca), édifice du XVIIIe siècle situé non loin de la fameuse place Venceslas, accueillera en effet sur plus de 1 100 m² des peintures et dessins du maître, issus des collections de la fondation Mucha, en charge de son héritage. Cerise sur le gâteau, les vingt toiles monumentales de L’Épopée slave (1910–1928), son grand chef-d’œuvre peint, y seront installées en 2028 pour le centième anniversaire de leur achèvement.

Alphons Mucha, L’Épopée slave. L’introduction de la liturgie slave en Grande Moravie (n°8)
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Alphons Mucha, L’Épopée slave. L’introduction de la liturgie slave en Grande Moravie (n°8), 1912

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Huile et tempera sur toile • 610 × 810 cm • Courtesy Château Moravský Krumlov et The Mucha Foundation

Surtout connu à l’international pour ses affiches Art nouveau mettant en scène des figures féminines entourées d’arabesques et de motifs floraux stylisés, Mucha est aussi célébré dans son pays natal pour ses peintures d’inspiration nationaliste et symboliste, très différentes de ses œuvres graphiques parisiennes.

De cette production méconnue émerge un grand chef-d’œuvre : L’Épopée slave. Peinte de 1910 à 1928, cette série de vingt tableaux spectaculaires de 20 à 50 m² chacun raconte l’histoire des Slaves du IIIe au XXe siècles à travers dix événements clés.

Un cycle de tableaux essentiel pour le nationalisme slave

Ce projet titanesque auquel il a consacré près de vingt ans de sa vie avait été financé par le riche philanthrope Charles Crane, qu’il avait rencontré aux États-Unis. Intéressé par le nationalisme slave, ce mécène n’était autre que le père de l’épouse de Jan Masaryk, fils du premier président de Tchécoslovaquie, Tomáš Masaryk, qui a contribué à bâtir dès 1918 cette nation sur les ruines de l’Empire austro-hongrois.

Alphons Mucha avec les toiles de « L’Épopée slave » exposées au Klementinum, Prague
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Alphons Mucha avec les toiles de « L’Épopée slave » exposées au Klementinum, Prague, 1919

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© Mucha Trust / Bridgeman Image

Resté très attaché à ses racines malgré son émigration en France, l’artiste natif de Moravie (région de l’actuelle Tchéquie) avait fait don de ce cycle de tableaux à la ville de Prague, qui devait en échange trouver un lieu pour les installer. Mais après avoir été exposées temporairement, les peintures avaient regagné des dépôts, puis étaient restées cachées sous des réserves de charbon pendant l’occupation nazie. À partir de 1963, le public a pu de nouveau les voir au château de Moravský Krumlov, proche de la ville natale de l’artiste, où elles sont restées jusqu’à aujourd’hui (hormis un séjour de 2012 à 2016 dans le hall de l’ancien palais des foires de Prague) en attendant un lieu plus adapté à leurs dimensions et leur prestige.

Une exposition d’œuvres inédites en attendant l’arrivée de L’Épopée slave

« Ce précieux trésor national sera montré dans un espace spécialement conçu pour répondre à la volonté d’Alphonse. S’il était là aujourd’hui, je pense qu’il serait incroyablement fier. »

Marcus Mucha

Tout juste sorti d’un chantier de réhabilitation de trois ans, en coopération avec l’architecte britannique Thomas Heatherwick, le palais Savarin – qui faisait office de centre socio-culturel depuis son acquisition par la ville de Prague en 1911 – va finalement les accueillir, suite à un accord signé entre la capitale tchèque et les descendants de l’artiste. Celui-ci marque ainsi l’aboutissement de cent ans d’attente pour la famille Mucha. « Ce précieux trésor national sera montré dans un espace spécialement conçu pour répondre à la volonté d’Alphonse. S’il était là aujourd’hui, je pense qu’il serait incroyablement fier », s’est réjoui auprès de l’AFP Marcus Mucha, arrière-petit-fils de l’artiste et directeur de la fondation Mucha, lors de sa présentation du projet début février.

Façade du palais Savarin à Prague où est inauguré le nouveau musée Mucha en février 2025
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Façade du palais Savarin à Prague où est inauguré le nouveau musée Mucha en février 2025, 2025

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© Crestyl

Tout en respectant le décor protégé des salles historiques du palais, l’architecte tchèque Eva Jiřičná et son studio AI Design y ont imaginé des espaces d’exposition élaborés spécifiquement pour les œuvres du maître.

Commissaire des expositions « Alphonse Mucha » en 2018–2019 au musée du Luxembourg, « Éternel Mucha » en 2023 au Grand Palais immersif, et « Mucha. Maître de l’Art nouveau » à l’hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence en 2023–2024, la conservatrice Tomoko Sato a concocté pour l’ouverture du lieu, à la fin du mois de février, une exposition d’œuvres inédites, dont des études préparatoires à L’Épopée slave, qui sera incarnée par des reproductions de plus petite taille jusqu’à l’arrivée des toiles monumentales en 2028. « Alphonse Mucha : Art nouveau et utopie » présentera près de 90 œuvres provenant de la collection de la fondation, comprenant des peintures, des affiches, des dessins, des livres, ainsi que des projections immersives et numériques.

Le musée Mucha déjà existant, situé rue Panská, reste quant à lui ouvert, mais sans le soutien, ni la collection, de la fondation Mucha…

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Musée Mucha - Palais Savarin

Retrouvez dans l’Encyclo : Art nouveau Alphonse Mucha

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