Patrouille d’agents de la police nationale devant le #ILoveNice, une œuvre installée sur l’esplanade de Rauba Capeù, au pied de la colline du Château
© Michel Cavalier / hémis
Dans un communiqué publié vendredi 13 octobre, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a révélé qu’un trafic d’envergure de fausses œuvres d’art contemporain venait d’être démantelé sur la Côte d’Azur. Depuis 2019, ce commerce illicite aurait permis à une bande de malfaiteurs d’engranger « plusieurs centaines de milliers d’euros » en vendant des faux à des galeries et amateurs d’art français et étrangers.
Au cœur de ce business juteux visé par l’enquête, se trouvent deux galeries d’art « ayant pignon sur rue tout en n’ayant aucune existence légale » : la Gallery Saleya, à Nice, et une autre (aux mains de la même famille) située dans le village de Saint-Paul-de-Vence. Installée au cœur du fameux marché aux fleurs, à deux pas de la promenade des Anglais, la Gallery Saleya de Nice était partenaire de plusieurs galeries étrangères, notamment à Dubaï et Singapour, et avait exposé régulièrement à Monaco. Sur son compte Instagram apparaissent même des photographies des gérants posant avec des personnalités très en vue du monde de la politique, du sport, de la mode, du cinéma et de la télévision.
La façade de Gallery Saleya à Nice
DR
Combas, César, Sosno, Arman et Andy Warhol : les deux galeries écoulaient des œuvres d’artistes de renom. Certaines authentiques, d’autres non, d’après les conclusions de l’enquête. Exécutées par « un faussaire de talent, ami et émule d’Éric Piedoie Le Tiec » (galeriste et faussaire de génie né à Saint-Paul-de-Vence en 1953 et décédé à Nice en 2021, connu pour ses faux César produits à la chaîne), les contrefaçons auraient parfois porté la mention « à la manière de », tandis que d’autres se seraient présentées comme des originaux, a rapporté samedi le quotidien Nice-Matin. Un flou artistique qui a compliqué le travail de la police !
Ces établissements étaient surveillés depuis décembre 2022 par les enquêteurs de la section de recherches de Marseille (détachement de Fréjus) et de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), qui auraient mis au jour l’élaboration de « vrais-faux certificats d’authenticité » signés par un « soi-disant expert parisien ». Au cours des perquisitions menées, cinq véhicules, un bateau, cinq montres de luxe et 90 000 euros en liquide ont été saisis, pour un montant total de 450 000 € d’avoirs criminels.
Six personnes ont été placées en garde à vue et quatre d’entre elles déférées pour « escroquerie en bande organisée, blanchiment aggravé, association de malfaiteurs, contrefaçon en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé ». Un galeriste a été écroué, un artiste (faussaire présumé) mis en examen, et l’auteur des faux certificats transféré de Paris à Nice. Les différents protagonistes encourent une peine maximale de dix ans d’emprisonnement.
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