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Une exceptionnelle mosaïque romaine découverte à Alès

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Détail du pavement en mosaïque polychrome sur la colline de l’Ermitage à Alès
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Détail du pavement en mosaïque polychrome sur la colline de l’Ermitage à Alès, Ier siècle avant J.-C.

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Tesselles blanches et noires parfois peintes en rouge violacé • 450 x 380 cm • © F. Giraud / Inrap

Bien qu’elle date d’il y a plus de 2 000 ans, on l’aurait presque prise pour une œuvre de Victor Vasarely ! Sur les pentes raides de la colline de l’Ermitage qui domine la ville d’Alès, dans le sud de la France, une grande mosaïque romaine en excellent état de conservation, réalisée au Ier siècle avant J.-C., a été découverte il y a quelques jours par des archéologues sur un champ de fouilles.

Mesurant 2,5 mètres de côté, cette œuvre de format carré se distingue par ses motifs géométriques d’une étonnante modernité, réalisés grâce à des pigments rares et précieux : des entrelacs de lignes rouges à angles droits, bordées de frises de triangles bleus et blancs, accolés pour former des carrés bicolores.

Nettoyage en cours de la mosaïque
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Nettoyage en cours de la mosaïque, 2025

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© F. Giraud / Inrap

Les lignes rouges forment à certains endroits des carrés, tandis que d’autres se croisent entre elles pour dessiner des svastikas. Ce motif d’origine indo-européenne représentant une roue qui tourne était très répandu dans le monde gréco-romain, où il symbolisait la vie éternelle et servait de porte-bonheur. Plusieurs mosaïques romaines arborent ce signe, notamment la « mosaïque aux svastikas » (IIIe siècle) découverte à Lyon en 1911 et conservée au musée gallo-romain de cette même ville.

Une œuvre découverte parmi d’autres vestiges archéologiques

La fonction de cette mosaïque reste encore mystérieuse.

La découverte a été faite au cours des derniers jours d’une fouille de plus de quatre mois effectuée par une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) sur des terrains en terrasses où seront bientôt construites trois maisons individuelles. L’œuvre constitue l’élément le plus rare mis au jour sur ce chantier, où ont également été révélés des « unités domestiques » taillées dans la roche (IIe – Ier siècle avant J.-C.), douze sépultures contenant des squelettes du Ve siècle, et un système de canalisations fabriqué avec des demi-amphores.

Vue d’ensemble des opérations de fouille sur la colline de l’Ermitage à Alès
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Vue d’ensemble des opérations de fouille sur la colline de l’Ermitage à Alès, 2025

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© Antoine Farge / Inrap

La fonction de cette mosaïque reste encore mystérieuse. Selon Olivier Mignot, responsable des opérations de l’Inrap, elle recouvrait sans doute le sol d’une pièce d’apparat : celle d’une domus (maison urbaine occupée par une famille romaine aisée), ou celle d’un bâtiment public, peut-être cultuel.

Un nouveau musée pour abriter la mosaïque

Déjà presque entièrement nettoyée, l’œuvre va pouvoir être découpée et prélevée, afin d’être restaurée pendant deux ou trois ans, avant d’être rendue à la ville d’Alès. Elle y rejoindra un nouveau lieu d’exposition, dont la création a été annoncée lundi 23 juin à l’AFP par le maire de la ville, Christophe Rivenq. Cet établissement permettra de présenter également au public la plus grande mosaïque de France, datée du temps de Jules César et découverte en 2008 sur la même colline.

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