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Une IA authentifie un dessin de Dürer contesté par les experts

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L’AI de Art Recognition peut reconnaître les coups de pinceaux de différents artistes
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L’AI de Art Recognition peut reconnaître les coups de pinceaux de différents artistes, 2024

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© Art Recognition

Surnommée « Uva la vilaine », cette paysanne au rire goguenard (Uva Vilana Windisch, 1505) porte la signature du célèbre artiste allemand de la Renaissance Albrecht Dürer (1471–1528). Mais l’authenticité de cet amusant dessin à l’encre brune sur vélin issu d’une collection privée est contestée par plusieurs experts depuis les années 1970. Pour en avoir le cœur net, une analyse vient donc d’être menée par une intelligence artificielle… Qui a conclu qu’il avait 82 % de chances d’être un vrai Dürer !

L’expertise a été réalisée par la société suisse Art Recognition, spécialisée dans l’authentification d’œuvres d’art par le biais de l’intelligence artificielle. Cette dernière a annoncé son résultat lors de The Art Business Conference, qui s’est tenu à la foire Tefaf de Maastricht le 8 mars dernier. Avant d’être sollicitée, l’IA a été entraînée à reconnaître un vrai Dürer grâce à 144 dessins authentiques de l’artiste, un certain nombre d’imitations et de contrefaçons d’époque, et même des « faux » générés par une IA.

Une simple imitation ?

Albrecht Dürer, Uva la vilaine
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Albrecht Dürer, Uva la vilaine, 1505

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encre et crayon sur papier • 41,6 × 28,1 cm • © British museum, Londres

En 1993, un expert du British Museum de Londres avait pourtant déclaré que cette œuvre n’était pas authentique, l’original étant selon lui un dessin sur papier quasiment identique, présent dans les collections du musée britannique – thèse que ce dernier continue de soutenir dans son catalogue numérisé. Très admiré, Dürer a effectivement fait l’objet de nombreuses imitations et contrefaçons, parfois très réussies, dès le XVIe siècle… Mais la présidente d’Art Recognition, Carina Popovici, ajoute qu’en complément de l’expertise par l’IA, le monogramme, l’écriture et la date du dessin sur vélin ont été analysés et validés par un expert reconnu, Castor Iglesias, président du comité espagnol d’experts en écriture.

Un moyen d’authentification qui reste contesté

L’affaire alimente le débat sur la fiabilité de l’IA dans l’authentification d’œuvres d’art. Sur son site Internet, la société Art Recognition affirme avoir exécuté plus de 500 expertises, dont celle d’un autoportrait de Vincent van Gogh conservé au musée national d’Oslo. Entraînée avec une précision mathématique à reconnaître le style de l’artiste jusqu’aux plus petits gestes étudiés à la loupe, l’IA en question se différencie d’un simple logiciel de reconnaissance faciale. Mais elle ne travaille qu’à partir de photographies et ne peut donc (comme l’avoue elle-même l’entreprise zurichoise) se substituer totalement à l’expertise humaine.

Retrouvez dans l’Encyclo : Albrecht Dürer

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