Elles défendent de jeunes artistes émergents, des peintres oubliés du XXe siècle, des dessinateurs aux expérimentations plurielles, des Nantais comme des internationaux…
De la place Graslin à l’île de Nantes, les galeries de notre sélection dessine un stimulant parcours dans la ville, ponctué de découvertes et de rencontres. Toutes gratuites, bien sûr, elles ouvrent leurs portes aux curieux comme aux amateurs éclairés. Entrez donc !
Vue de l’exposition « Les échafauds de Délos » de Fred Maillard à la Galerie RDV, Nantes, 2024
© Galerie RDV
Non loin du musée d’Arts de Nantes, la galerie RDV a été créée en 2007 par un artiste, Jean-François Courtilat. Associative, celle-ci s’inscrit dans la continuité d’une première galerie ouverte par le Nantais en 1997, Ipso Facto, et reçoit ses visiteurs dans un espace tout blanc de 55 m2. Ici, tous les projets sont inédits ; les plasticiens exposés ont carte blanche pour imaginer une exposition de A à Z. On a pu y voir les peintures de Gérard Hauray, les sculptures de Fred Maillard, les installations immersives de Laurence Broydé… Parfois, l’accrochage est collectif, par exemple pour accueillir sept jeunes diplômés de l’École des beaux-arts de Nantes. Bon à savoir pour les petites bourses : en partenariat avec le musée de l’Imprimerie, la galerie produit des lithographies des artistes qu’elle présente.
Vue de l’exposition « Des vies dans une vie » de Jean-Baptiste Janisset à la Scroll Galerie, Nantes, 2025
© Gregg Bréhin
Scroller indéfiniment… Et fatiguer sa soif de découvertes ? Rien de tel à la Scroll galerie, qui entend au contraire prendre le contrepied de cette fâcheuse habitude contemporaine, et « proposer de s’accorder le temps d’observer les formes, les gestes, les relations et les images tangibles qui parcourent nos réalités », comme l’indique le manifeste de son site internet. Installée depuis 2023 dans un ancien atelier d’artiste de la rue des Carmélites après avoir été nomade, celle-ci prend le pouls de l’air du temps en mettant à l’honneur d’intéressants artistes émergents (Jean-Baptiste Janisset, Anaïs Gauthier…) lors d’expositions solos ou collectives. Chaque été, elle ouvre les portes de son espace de production rue Paul-Dubois à un artiste pour une résidence. Récemment, on l’a aussi vu participer à la France Design Week.
Vue de l’exposition « Ultimus » avec les dessins et installations de Thomas Tudoux à la galerie Melanie Rio Fluency, Nantes, 2023
© Galerie Melanie Rio Fluency
La galerie Mélanie Rio Fluency n’a pas choisi son emplacement par hasard. Proche de l’École des beaux-arts et non loin du Frac Pays de la Loire, celle-ci a élu domicile en plein cœur de l’un des quartiers les plus excitants de la ville, l’île de Nantes, riche en restaurants et lieux culturels… Créée en 2009 dans un ancien hôtel particulier, la galerie a déménagé en 2018 pour un bâtiment infiniment plus contemporain, cosigné par l’agence du Portugais Eduardo Souto de Moura et par la Nantaise Unité. Des moulures au béton brut, l’agence a gardé son goût pour l’art d’aujourd’hui, abordé à travers de courtes expositions (de quelques jours seulement) individuelles ou collectives. Elle défend une quinzaine d’artistes, parmi lesquels le photographe Ambroise Tézenas, le sculpteur Nicolas Milhé ou encore la troublante dessinatrice et sculptrice Angélique Lecaille.
Vue de l’exposition « Un couple cinétique » de Maria Mesterou et Mircea Milcovitch à la galerie des Oubliés, Nantes, 2022
© Galerie des Oubliés
Singulière mission que celle de la galerie des Oubliés, inaugurée en 2021 par une mère et son fils, la peintre Izabeau Jousse et le jeune entrepreneur Léopold Cottineau. Tout est dans le titre : ici, on n’expose que des peintres et des sculpteurs qui ont été « oubliés » par l’histoire de l’art moderne. Le pari pourrait paraître osé, il est en réalité très actuel. Combien de femmes et d’artistes extra-occidentaux a-t-on pu voir resurgir ces dernières années, autrefois dédaignés par les historiens et désormais adoubés ? On l’aura compris : dans cette galerie installée rue de Bréa, la découverte est de mise. Avec des expositions monographiques (Dominique Chantreau, Jean-Michel Méfort) ou thématiques (« Rouge », « Op Art », « La beauté du trait »).
Vue de l’exposition « Théia, fille du ciel et de la Terre » de Bastien Faudon à la galerie Robet Dantec, Nantes, 2025
© Galerie Robet Dantec
Elle a ouvert six mois avant de devoir fermer pour cause de confinement. Aujourd’hui, la galerie Robet Dantec peut se réjouir d’avoir affronté dès ses premiers pas une crise majeure, et de poursuivre vaillamment l’aventure débutée en 2019 par Catherine Robet et Thierry Dantec. Sur leurs murs ? Uniquement des artistes français, dont la pratique s’oriente vers le dessin sous toutes ses formes : au feutre chez Elsa Broustet, à la gouache chez Juliette Jouannais, à l’aquarelle chez Isabelle Vorle, à l’encre chez Rebecca Brueder, en plastique thermoformé chez Bastien Faudon… Installée rue Voltaire, non loin de la prestigieuse place Graslin et à proximité du musée Dobrée, la galerie de 80 m2 organise régulièrement des rencontres (avec des écrivains, des scientifiques…) pour s’incarner en lieu de vie.
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