Que faire à Bordeaux si on aime l’art ? Déjà, se rendre au CAPC, l’une des plus intéressantes institutions françaises en matière de création contemporaine, installée dans un ancien entrepôt de denrées coloniales. Dans le même bâtiment, se visite Arc en rêve, un petit centre d’expositions autour de l’architecture, à la programmation exigeante mais accessible.
Ensuite, on peut aller voir le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, niché dans un spectaculaire bâtiment proche de la gare cosigné par la célèbre agence du Danois Bjarke Ingels. Dans le centre-ville, on peut se tourner vers le musée des Arts décoratifs et du design (actuellement en pleins travaux de métamorphose, réouverture prévue en 2025), ou encore le musée des Beaux-Arts, dont les collections comptent des œuvres de Camille Corot, Antoine van Dyck, Odilon Redon, Pierre-Paul Rubens… Et maintenant, direction les galeries !
Exposition de Laurent Perbos à la Bakery Art Gallery, Bordeaux
Courtesy Bakery Art Gallery
Cette première adresse n’est pas banale, puisqu’il s’agit à la fois d’une galerie d’art contemporain et d’une boulangerie (bio et sans gluten), installée dans un ancien palais classé aux monuments historiques. Ses fondateurs, Sylvie et Christian Pallatier, ont commencé en 1991 par organiser des conférences via leur association Connaissance de l’art contemporain ; avant de déménager à Bordeaux, et d’opérer un changement de vie majeur en ouvrant en 2019 la Bakery Art Gallery. Également dotée d’un laboratoire de cuisine, d’une librairie et d’une vaste terrasse, où sont régulièrement projetés des films, la galerie associe expositions et éditions de multiples d’artistes tels que François Mangeol, Anaïs Tondeur, Barbara Schroeder ou Laurent Perbos. Canon !
Vue de l’exposition de Maya Andersson à Zone Trois Galerie, Bordeaux
Courtesy Zone Trois Galerie
À l’origine de cette nouvelle galerie ouverte en 2023 dans le quartier des Chartrons, il y a le jeune et dynamique Jules Duplantier. En 2020, celui-ci a l’idée, avec son ami Jérémy Aterchane, de lancer une application de vente d’œuvres d’art en ligne nommée Artlee. L’aventure virtuelle s’incarne en 2022 dans une première galerie place de Lerme, avant la fermeture de l’application. Réactif, le galeriste rouvre immédiatement une autre adresse, rue Notre-Dame. Sur ses murs depuis l’inauguration, des peintres émergents (Julien Laporte, Anaïs Vindel), de jeunes pousses internationales (Issi Nanabeyin, Duda Moraes) et quelques inventeurs ( les étonnantes répliques de céramiques grecques antiques créées par Rom av.JC à partir de planches de skate découpées !). La galerie se double d’une boutique en ligne, où l’on peut parcourir et acheter les œuvres de tous les artistes déjà exposés.
Vue de la galerie Sweeney à Bordeaux, dirigée par Mánus Sweeney
Courtesy Sweeney Galerie
Il a eu mille vies ! Né dans un petit village au pied du mont Fuji au Japon, Mánus Sweeney a pour grand-père l’ancien directeur du musée Guggenheim à New York, James Johnson Sweeney. Le futur galeriste découvre ainsi dès l’enfance, accrochées dans son salon, les œuvres des plus grands artistes du XXe siècle, Marcel Duchamp, Fernand Léger, Georgia O’Keeffe… Après une jeunesse marquée par de nombreux déménagements, il s’oriente vers des études d’art au Sotheby’s Institute de Londres, et travaille pour la Collection Peggy-Guggenheim de Venise. Puis, il retourne aux États-Unis et exerce comme archiviste pour la fondation Alexander Calder. Avant de s’installer à Paris, où il collabore avec la galerie Maeght, et ouvre la sienne… Le Covid lui inspire, enfin, l’idée de tout quitter pour partir à Bordeaux, où il inaugure la galerie Sweeney en mars 2022. Depuis, il a exposé les peintres Jean-Christophe De Clercq, Vicki Sher et Joan Punyet Miró (petit-fils de Joan Miró), s’est intéressé aux affiches et étiquettes commandées par l’homme d’affaires bordelais Louis-Gustave Soubiran… Une adresse qui a du caractère, à l’instar de son fondateur.
Vue de l’exposition « Idoles » de Damien Deroubaix à La Mauvaise Réputation, Bordeaux
Courtesy La Mauvaise Réputation
C’est une institution – qui a déjà 22 années d’existence derrière elle ! À l’origine, c’est-à-dire à son ouverture en 2002, La Mauvaise Réputation était tout à la fois une librairie et une galerie, qui mettait en lumière des artistes menant des projets éditoriaux (en dessin, en photographie…). Puis, en 2016, LMR a fait peau neuve en se concentrant sur ses activités de galeriste. Récemment, on a pu y voir les peintures de Damien Deroubaix, les compositions musicales de Rainier Lericolais ou encore les dessins trash et virtuoses d’Amandine Urruty. Une excellente galerie.
La vitrine de ZW/A devenue la micro-galerie La Trame, Bordeaux
© zwa
C’est nouveau ! De plus en plus d’agences d’architecture choisissent d’accueillir du public, par exemple en dédiant un bout de leurs bureaux à des espaces d’exposition. À Bordeaux, c’est le cas de ZW/A, agence d’architecture et d’urbanisme, qui a inauguré la micro-galerie La Trame en 2022. Les artistes sont invités à s’emparer d’une vitrine, et à se plier à son format réduit, « à l’intérieur même d’un lieu où la création architecturale est souvent sous contrainte(s) », précisent avec justesse les commissaires Sébastien Chevalier et Mathieu Quilici. S’y sont glissées les ravissantes petites toiles d’Ivan Lasserre, les photographies urbaines d’Hugo Martin ou encore les gravures énigmatiques de Blandine Galtier… Des expositions soignées, dans un espace atypique.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique