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CINÉMA

« À la lueur de la chandelle », l’envoûtante maison des fantômes d’André Gil Mata

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Avec un extrême dépouillement, André Gil Mata réussit un film fascinant sur le temps et les désillusions à travers le portrait de deux femmes liées depuis soixante ans par leur quotidien ordinaire. « À la lueur de la chandelle » sort ce mercredi 9 avril dans les salles.
Alzira, la maîtresse des lieux, avait dans sa jeunesse du goût pour la peinture. Son mari, moins.
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Alzira, la maîtresse des lieux, avait dans sa jeunesse du goût pour la peinture. Son mari, moins.

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© E.D. Distribution

L’approche se fait au petit matin, par le jardin et son magnolia en fleur. Dans une maison silencieuse, deux vieilles femmes se lèvent, lentement, chacune dans sa chambre. On les retrouve dans la cuisine. L’une grignote, l’autre pas. Des sœurs ? Non. Alzira est la maîtresse de maison, Beatriz, sa domestique. On entend le tic-tac de l’horloge. Une lumière pâle filtre à travers la fenêtre.

Les plans sont fixes, la durée s’installe. Bienvenue dans ce monde exclusivement domestique, où la salle à manger, les couloirs, les combles et la cave renferment des espaces intimes, des souvenirs, les saisons de l’existence.

Un savant mélange de tendresse et d’ironie

Le film est quasiment sans dialogues, mais sonore – bruit de mastication, de roucoulement des colombes, de cloches de l’église non loin. Et musical, lors d’une belle séquence où Alzira, alors jeune femme, joue divinement au piano l’une des Variations Goldberg de Bach, faisant la fierté de sa mère. Tableau vivant aux couleurs pensées, chaque séquence distille un savant mélange de tendresse et d’ironie.

À la lueur de la chandelle est à la fois une immersion dans un labyrinthe intérieur et un voyage à travers les années. Plusieurs âges de la vie s’entrecroisent, un mari, des enfants, des petits-enfants apparaissent. Illusion et désillusion affleurent.

Héritage familial et cinéphilique

André Gil Mata, réalisateur portugais de l’Arbre, dit s’être inspiré de la vie de sa propre grand-mère, mais aussi de plusieurs films auxquels il rend ici un hommage implicite, de Jeanne Dielman (Akerman) à Francisca (Oliveira), du Miroir (Tarkovski) à India Song (Duras). C’est ce double héritage, à la fois familial et cinéphilique, qui concourt au suspense fascinant de ce film. Dans lequel chacun pourra se projeter à loisir, pour le ressentir, c’est selon, comme un havre de paix, l’enfer de la vie à deux, un refuge de la folie douce, le fleuve du temps qui passe.

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À la lueur de la chandelle

Par André Gil Mata

2025 · 112 min.
Sortie le mercredi 9 avril 2025

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