CES PAYSAGES QUI ONT INSPIRÉ LES PLUS GRANDS PEINTRES

Cezanne, Braque, Derain… Quand l’Estaque aimantait les peintres

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L’Estaque serait-il le quartier le plus attachant de Marseille ? Son nom vient en tout cas du mot provençal estaco qui signifie « attachement », ou « lieu d’amarrage des bateaux », mais aussi des peintres, de Cezanne à Braque ! Cet été, Beaux Arts vous emmène à la découverte des paysages mythiques qui, des îles Marquises aux falaises d’Étretat en passant par le mont Fuji, ont inspiré les grands peintres. Voguons !
Le massif de l’Estaque
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Le massif de l’Estaque

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© Gilles Lansard / hemis

De la seconde moitié du XIXe siècle au début du XXe, l’Estaque a vu défiler les peintres, venus de loin pour admirer la tranquillité de ce hameau de pêcheurs, désormais intégré à la ville de Marseille. Paul Cezanne ouvre le bal : sa mère loue une maison sur les hauteurs du hameau, où il se réfugie pour échapper à la guerre de 1870.

L’artiste y séjourne régulièrement jusqu’en 1886, et y installe son atelier, peignant les maisons provençales, le château d’If dans le lointain, les vues sur la mer à travers les arbres, et puis, bien sûr, les calanques et les rochers, propices à ses explorations proto-cubistes.

Paul Cezanne, La Mer à l’Estaque
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Paul Cezanne, La Mer à l’Estaque, 1878–1879

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Huile sur toile • 73 × 92 cm • Coll. musée national Picasso-Paris

Bien entouré, l’artiste y reçoit aussi nombre de ses pairs, vite contaminés par son amour des lieux. Auguste Renoir, notamment, se laisse éblouir par la douceur de son paysage – il dira qu’il est « le plus beau du monde » – et applique aux collines rocheuses et aux pins sa touche vaporeuse. Plus tard, Georges Braque (Route à L’Estaque, 1908), Raoul Dufy (Arbres à L’Estaque, 1908), André Derain (L’Estaque, 1906) et Albert Marquet (L’Estaque, 1918) défilent à leur tour dans le petit port, déclinant une palette de regards cubistes, fauves et post-impressionniste sur le hameau.

Un village de pêcheurs

Aujourd’hui encore, si l’on veut aller à la rencontre de l’âme de la Provence, c’est à L’Estaque qu’il faut se rendre – même s’il est vrai que le quartier est devenu très touristique. Loin du Vieux-Port, entre la Méditerranée et les collines, cet ancien village de pêcheurs est devenu à la fin du XIXe siècle un haut lieu de production de tuiles, ce qui a métamorphosé sa tranquillité en effervescence populaire et cosmopolite, les ouvriers venant de toute l’Europe et du Maghreb pour travailler l’argile.

Visiter L’Estaque aujourd’hui

Au début de l’été 2025, ses paysages ont connu le drame d’un incendie particulièrement violent, le feu « arrivant au contact des zones urbanisées de L’Estaque, de Saint-Henri, de Saint-André et de la cité de la Castellane », comme l’a expliqué Le Monde le 9 juillet. De nombreuses maisons ont disparu dans les flammes, traumatisant les habitants…

Les curieux peuvent toutefois toujours se rendre à L’Estaque, faire vivre ses petits commerces et suivre différentes visites guidées. Dont une excursion en bateau « sur le chemin des peintres » qui permet de découvrir, depuis la mer, les paysages et points de vue adoptés par les artistes de la modernité.

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