CINÉMA

Cinéma : « Apolonia, Apolonia » ou l’épopée intime de la jeune peintre Apolonia Sokol

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D’un côté, la peintre Apolonia Sokol ; face à elle, son amie Lea Glob, qui l’a filmée durant treize ans. L’ascension d’une artiste versus l’émergence d’une cinéaste, c’est le motif de ce poignant documentaire en forme de double portrait.
Le parcours d’une artiste engagée et féministe qui a fait de l’art du portrait un geste politique.
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Le parcours d’une artiste engagée et féministe qui a fait de l’art du portrait un geste politique.

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© Danish Documentary. © Tessalit 2023.

Qui filme se filme aussi. C’est évident dans cet attachant Apolonia, Apolonia. En faisant le portrait de la jeune peintre française Apolonia Sokol (née en 1988) sur une longue durée (treize ans), son amie Lea Glob décrit l’artiste et l’évolution de son travail (des toiles de plus en plus épurées) mais réalise aussi son autoportrait. Sous la forme d’une épopée intime, elle brasse à la fois l’amitié, le temps qui passe et les aléas de l’existence.

Tout commence au Lavoir Moderne Parisien, lieu alternatif effervescent de théâtre et d’exposition créé par les parents d’Apolonia et où elle a grandi. À l’époque, elle est étudiante aux Beaux-Arts. Au Lavoir, Lea Glob découvre une faune bohème d’intellectuels, de poètes et d’artistes. Un port de salut aussi pour des réfugiés, comme la regrettée Oskana Chatchko, fondatrice du mouvement Femen qu’Apolonia a accueilli et qui occupe ici une place de choix.

Les échecs et les conquêtes d’une jeune peintre

Le film foisonne d’histoires sur les aïeuls, les pays (Danemark, Mitteleuropa, États-Unis), les rencontres et les combats à mener. La réalisatrice danoise montre l’ascension progressive d’Apolonia, ses échecs et ses conquêtes, son passage à Los Angeles, les compromis parfois nécessaires avec le milieu de l’art pour atteindre la reconnaissance internationale.

Un documentaire en miroir

Malgré ces opérations de séduction, celle qui est devenue une figure de proue de la jeune peinture figurative contemporaine est restée une personnalité singulière, briseuse de tabous, hardie dans la vie et dans ses tableaux. Représentations du corps féminin dans tous ses états, homosexualité, minorités, maternité, religion et politique : tous ces thèmes transparaissent de manière vivante et parfois poignante, à travers ce documentaire en miroir – car en filmant son amie, Lea Glob se dévoile comme femme et comme cinéaste.

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Apolonia, Apolonia

De Lea Glob

En salles le 27 mars

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