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Encore roides et convenues dans les années 1950, les assises de salon connaissent un apogée inouï dans les années 1960–1970. Au ras du sol, creusées en alvéoles, nichées dans des bulles Plexi, gonflées, gainées de cuir, toujours plus confortables et sexy, elles deviendront des objets à la créativité débridée. Abondance de références sur le marché, rhabillages textiles réparant l’outrage du temps, chahuts provoqués par les rééditions, les fauteuils s’en tirent avec superbe. Les canapés ne sont pas en reste. Vintage pur et vintage neuf remportent un franc succès, tel le Camaleonda de Mario Bellini, lancé par C&B en 1971. Best-seller d’une époque révolue, il réapparaît aux Puces rhabillé de neuf et vendu jusqu’à 18 000 €, quand une nouvelle version, éditée par B&B Italia, a vu le jour en 2020.
S’ils étaient réédités aujourd’hui, le canapé et les fauteuils Soriana d’Afra et Tobia Scarpa (Cassina, 1970) connaîtraient le même sort. Les archives seventies des fabricants Artifort, Steiner et Thonet regorgent aussi de ces pièces distinguées, fauteuils de Geoffroy Harcourt ou Jean-Pierre Laporte, ou encore les étranges coques Mercurio de Claude Courtecuisse, plus artiste que designer. Plusieurs créations de Jean Royère, dont la réédition est prévue pour fin 2021, sont également une belle illustration de ce retour du vintage, ainsi du sofa Ours polaire dont la cote sur le marché est simplement stellaire. Clientèle visée : les prescripteurs et décorateurs œuvrant pour les milliardaires de la planète. Dans une autre sphère, l’enseigne Ligne Roset a initié une opération de recyclage pilote autour de son Togo.
Jean-Pierre Laporte, fauteuil “Girolle” (1969), édité par Thonet, 12 000 € et Mario Bellini, canapé “Camaleonda” (1971), édité par C&B, puis par B&B Italia, prix sur demande.
RMN-GP / Photo Georges Meguerditchian et © B&B Italia. © Bebop.
À éviter
Les horreurs en mousse et en skai des années pop, les fauteuils italiens débarqués des paquebots, les canapés cosy style Crozatier/Ségalot et les chauffeuses en jersey modulables.
Dite aussi table de salon, la table basse est, avec la lampe, l’exercice de design vintage le plus facile et le plus abordable. C’est d’ailleurs souvent l’amorce d’un ameublement thématisé. Vient ensuite l’espace disponible. Toujours désirable et produite en série, la table en verre et à roulettes de Gae Aulenti pour Fontana Arte (1980) exige 1 m2 a minima. Préférer la table Blok de Nanda Vigo, éditée en 1970 par Acerbis. Tous les modèles avec pied inox ou tubes et verre fumé (Paul Le Geard, Patrice Maffei, Paul Tuttle…) restent acceptables, mais le vent tourne. Retour aux gigognes danoises en contreplaqué plié (signées Grete Jalk, en 1963) ou italiennes, plus précieuses, en acajou (par Ico Parisi), voire en bois laqué comme les Marema de Gianfranco Frattini pour Cassina (premières séries 1967). Modulables, les tables basses du collectif ARP (Atelier de recherche plastique) fondé en 1954 par Pierre Guariche, Joseph-André Motte et Michel Mortier, restent tutélaires d’un design pratique : leur piétement filaire, retournable, faisait passer la table basse en table haute, sans mécanisme aucun.
Paul Tuttle, Table Anaconda, 1971
Édition Strässle international. À partir de 375 €
© Wright auction
À éviter
Les rustiqueries en bois de charrue avec plateau en grès et motifs floraux incrustés ; les plastiqueries pop empilables à la sauce Prisunic, même si elles sont signées Vico Magistretti ; les bidules bois-formica en forme de rognon à la Modeste et Pompon (faux à gogo), et tout ce qui ressemble à un tabouret.
Avec la lampe, la chaise est au designer ce que le macaron est au pâtissier. Un exercice obligé. Fabriqués en série et en quantité, les modèles les plus manifestes relèvent de la collectivité – la Fourmi d’Arne Jacobsen (1952), la Standard de Jean Prouvé (1934). À trois ou quatre pieds, monopivotante, roulante, en bois, fibre de verre, plastique moulé, tapissée, paillée, signée, imitée ou copiée, quels que soient le style, la nationalité et le designer, la chaise vintage se vend le plus souvent par deux ou par lot. Si solo, en profiter pour jouer le dépareillé, à condition que chacune des autres chaises soit en bel et bon état.
Icône absolue du genre : la Superleggera de Gio Ponti, et hommage à son inspiratrice vernaculaire et générique, la Chiavari ou Campanino (la « chaise de mariage » fabriquée par Fratelli Levaggi, dans les années 1950). D’autres références, moins galvaudées, méritent qu’on s’y arrête : la SE42 tripode d’Egon Eiermann, la S88 d’Osvaldo Borsani et la S83 d’Eugenio Gerli, usinées respectivement en 1957 et en 1962 par Tecno, une René-Jean Caillette de 1955 par Steiner, la Selene en plastique monobloc empilable de Vico Magistretti, la météorique Vilbert de Verner Panton pour Ikea, ou la très oubliée Lolita de Pascal Mourgue (1993) pour Artelano, éditeur parisien disparu. Autrement, asseoir une caution arty avec Gaetano Pesce, Andrea Branzi, Günter Beltzig, Maria Pergay…
Verner Panton, Chaise Vilbert, 1993
Éditée par Ikea. À partir de 250 €
© Bukowskis
À éviter
Les réalisations de Philippe Starck pour Kartell, mais aussi celles de Friso Kramer et de Pierre Guariche et leurs innombrables copies.
Rien de plus bête qu’une table. Ce qui explique que les plus grands s’y soient cassé les dents. On tourne autour en rêvant à la grande Tulip d’Eero Saarinen chez Knoll, piètement laqué noir et marbre vert pour se distinguer du blanc. Pléthore de copies ici aussi. Si la vintagerie ambiante se contente de tables de cuisine en Formica jaune ou bleu ciel, la table mérite pourtant quelques recherches. Bien que toujours produite par Zanotta, la célèbre Quaderna de Superstudio (1971), avec son motif de quadrillage imprimé possède son lot de premières séries ; celles dessinées par Carlo Scarpa et éditées par Simon au début des années 1970 sont des petites merveilles (si certaines sont rééditées depuis 2013 par Cassina, d’autres circulent encore sur le marché en restant « abordables »). Côté français, explorer le travail d’Alain Richard, designer prolifique dont plusieurs créations au milieu des années 1950 furent produites par la firme Meubles TV. Y figure une belle table, enviable, avec son plateau en palissandre. Marié à la fille du décorateur Paul Iribe et souvent sollicité par le Mobilier national, son aura intrigue plus encore. Filon négligé : les immenses tables de réunion en bois vernissé sorties des bureaux de direction…
Superstudio, Table Quaderna
Éditée depuis 1971 par Zanotta. À partir de 3 500 €
© Zanotta
À éviter
La table ronde de Warren Platner chez Knoll, mal commode en diable ; les tables de salle à manger danoises, banales et génériques ; les tables en plateau verre fumé et piètement inox qui ressemblent à des balcons renversés.
Purs produits d’ébénisterie, les cabinets et les bars reviennent en force après un purgatoire injuste. Raffinés, hédonistes, précieux, ils circulent au compte-gouttes en exhalant un parfum de vie de patachon. Un graal à l’italienne s’ils sont signés Fornasetti, une aubaine s’ils sont réalisés par Paolo Buffa, Ico Parisi, Ignazio Gardella ou Gio Ponti. Muet fermé, prolixe ouvert, c’est une conversation piece qui mérite un investissement. Ceux de Pierre Cardin Evolution, eux en pur plastique, sont à saisir séance tenante. La table roulante, elle, aura connu tous les supplices (ceux de la roue folle ou de la roue bloquée). Priorité ici aux dessertes en métal perforé de Mathieu Matégot, sous réserve que ce ne soit pas des faux.
Pierre Cardin, Bar roulant, années 1970
Édité par Pierre Cardin Évolution. Entre 2 500 et 3 000 €
© Galerie Stanislas Reboul, Saint-Ouen
À éviter
Les machins en plastique thermoformé, style open bar au ras du sol, comme le bar Bacco (1967) de Sergio Mazza ou le Rotobar orange roulant (1970) de chez Curver.
Quand les armoires furent remplacées par les placards KZ, les buffets, enfilades, crédences et autres bahuts assurèrent un emploi précaire jusqu’à leur disparition dans les années 1970 et 1980, troqués pour les étagères Métro et l’industriel loftisé. Le vintage aura eu pour bénéfice de réintroduire l’usage de l’enfilade et du buffet de rangement à condition qu’il soit signé Florence Knoll. Suivront les scandinaves, avec kyrielle de faux. Puis les italiens, laqués et vitrinés, assez kitsch pour amuser la galerie. Rayon français, les buffets hauts à portes coulissantes de Roger Landault fabriqués en 1955 par Meubles ABC sont des musts. Quant à Bertrand, le buffet bolidiste de Massimo Iosa Ghini pour Memphis, il casse la baraque.
Massimo Iosa Ghini, Buffet Bertrand, 1987
Édité par Memphis. Autour de 7 000 €
Coll. particulière
À éviter
Les crédences, malgré le revival.
Vaste programme… De la baladeuse au lustre 16 feux, de la lampe de bureau au lampadaire de salon, et jusqu’à l’outdoor, le luminaire est le secteur le plus sollicité par le vintage. Normal : sa création et sa production furent prolifiques, avec garantie d’export à la clé. Tous les styles, tous les courants, toutes les typologies, de l’applique à la suspension, font leur effet. Verre de Murano, opaline tchèque, acier inox, plastique : la table des matières aime les mélanges. Fiat lux assuré avec les Orgues de la Maison Charles, les lumières articulées de Tito Agnoli pour Oluce, firme fondée par Giuseppe Ostun lui-même, avec son fils Angelo, créateur notable. Méprisés par les puristes, adorés par les pervers, les luminaires « médical chic » d’Oscar Torlasco pour Lumi (années 1960) sont des curiosités du luxe bizarre. Quant aux lampadaires des années 1980 de Gilles Derain pour Lumen (sa propre firme), ils ont gardé intacte leur brutalité. Au signé, systématiquement plus cher, préférer la production ouest et est-allemande anonyme des seventies en inox et verre, aux formes insolites et aux prix moulinés.
Oscar Torlasco, Lampe de bureau modèle 555, années 1960
Édition Lumi. Autour de 4 000 €
© Artcurial
À éviter
Tout ce qui ressemble à du Serge Mouille, trop copié, du Boris Lacroix ou du Gino Sarfatti.
Formant la sainte trinité du design vintage avec les fauteuils et la table basse, la bibliothèque ou étagère joue un double jeu : effacée et pratique, elle doit être remarquable et remarquée. Composable, évolutive ou d’une seule pièce, collée au mur ou faisant cloison, échafaudée ou caissonnée, elle exprime illico la culture par ce qu’on en fait et ce qu’on y dispose. Tout sauf des livres, qui se mettent sur la coffee table ou s’empilent jusqu’à ressembler à un meuble de Shiro Kuramata. Outre les « memphiseries » (Carlton, Max, Suvretta) signées Ettore Sottsass, il faut viser plus rationnel avec les éléments muraux multipliables de Dieter Rams (Formes Nouvelles, 1970), la très seventies Zig Zag en acier inox de Joëlle Ferlande (Kappa, 1971), les exercices cubiques en contreplaqué blanc de René-Jean Caillette (Charron, 1970) ou les architectures italiennes sol-plafond à la Franco Albini (passe-partout, mais toujours efficaces).
René-Jean Caillette, Bibliothèque modulaire, 1970
Prototype pour Charron. Prix non communiqué
© Demisch Danant, Paris-New York
À éviter
Les modèles vitrés, en plastique moulé, tout ce qui relève du mobilier de bureau en tôle vert-de-gris.
Périmé par le lino et la moquette, il a repris du poil de la bête avec le concept du tapis d’auteur, formulé au mitan des années 1980. Fouler ici les tapis d’Eileen Gray, encore relativement abordables, reproduits par Andrée Putman/ Écart International. Nouveau support d’expression des stylistes, le tapis de designer relancera la maison familiale Toulemonde Bochart avec, dès 1985, des créations signées Jean-Michel Wilmotte, Pascal Mourgue, Didier Gomez, Christian Duc, Zofia Rostad et Hilton McConnico et ses tapis Cactus, best-sellers de l’époque. Garder aussi un pied sur les tapis Signatures de Sam Laik créés par Olivier Gagnère, Garouste & Bonetti, Sylvia Corrette, Alberto Pinto et Robert le Héros. Reste à les trouver en bon état…
Eileen Gray, Tapis « la Ronde »
Édité depuis 1978 par Ecart international. À partir de 2 000 €
© Galerie Écart International, Paris
À éviter
Tous les tapis tuftés mécaniquement.
Typologie de la sphère familiale autrefois réservée aux enfants et aux adolescents, et autour de laquelle tous les designers des années 1950 à 1970 ont planché, le bureau reprend du galon avec le télétravail. Et réclame de l’espace et du rangement. Pas grand-chose en magasin à moins de favoriser un retour au plateau inox sur tréteaux acier à la Jean Garçon, ou plateau verre sur tréteaux en Plexi comme ce fut tant à la mode en 1975. À compléter d’un caisson-chariot à tirois Boby par Joe Colombo ou, dans un style radicalement différent, par une des indémodables compositions modulaires au cordeau de chez USM, toujours éditées en colorama. Sans tomber dans les délires mégalomaniaques des bureaux présidentiels revus par Maurice Calka (Boomerang), Fabio Lenci ou Max Ingrand, mieux vaut prendre en compte le travail de Joseph-André Motte, produit à la fin des années 1950 par Charron, ou d’Étienne Fermigier, édité à la même époque par Meubles & Fonction, et redonner sa chance au Big Boss de Marco Zanuso Jr. (Artelano, 2008). Vintage également, l’étonnant Bureau Pettit (1985) de Martin Szekely par Neotu, cellule de création et d’édition fermée il y a vingt ans.
Martin Szekely, Bureau “Pettit” (1985), édition Neotu, entre 20 000 et 25 000 € et Joe Colombo, Chariot “Boby”, édité depuis 1968 par B-line, à partir de 300 €.
© Photo Thibault Breton / Courtesy Galerie Mouvements modernes, Paris et © akg-images / arcaid / G Jackson
À éviter
Les trop petits bureaux à la Pierre Paulin des débuts, pas faits pour travailler ; ceux qui font secrétaire / coiffeuse ou ressemblent à une console.
La chanteuse Jeanne Aubert y posait son cul dès 1937. La commode est à trois, cinq ou sept tiroirs – on parle alors d’un semainier. Signée Raymond Loewy avec son habillage en plastique coloré, elle fait toujours la blague en intérieur. Celles de Michel Mortier et d’André Monpoix, très Reconstruction (période de l’après-guerre), ne sont en rien des fonds de tiroir.
Raymond Loewy, Commode DF 2000, 1965
Édition Doubinsky Frères. À partir de 2 000 €
2000 • Coll. et © Musée des Arts décoratifs, Paris / Photo Jean Tholance / AKG images
À éviter
Tout ce qui fait style «Louis Caisse», selon la formule de l’abbé Pierre, autrement dit les commodes en bois de cageot des Galeries Barbès ou Manufrance. Le vintage a ses limites.
Tous les secteurs sont concernés, des premiers téléphones portables Motorola StarTAC aux Walkman et Discman Sony en passant par les télés et radios italiennes Brionvega signées Achille Castiglioni ou Richard Sapper et Marco Zanuso (rééditées avec technique adaptée aux nouveaux standards), les écrans Téléavia dessinés par Roger Tallon (juste pour le look), les radios Braun dessinées par Dieter Rams et Hans Gugelot, les chaînes hifi Bang & Olufsen par Jacob Jensen, les enceintes en plâtre Elipson, les tourne-disques spatiaux Weltron, les machines à calculer Olivetti dessinées par Mario Bellini ou Ettore Sottsass, etc. Sous-tendance à la hausse : les lecteurs de K7 audio Philips et l’adaptation Bluetooth par Arthur Verne des postes et meubles radio des années 1950 en bois, bakélite, Schaub Lorenz, Radiola… Sinon, gros faible quand il marche encore pour le pèse-personne T111 de Marco Zanuso pour Terraillon (1968).
Tourne-disque enregistreur modèle 2007, 1971
Édité par Weltron. Autour de 800 €
800 • © Bukowskis
À éviter
Le petit électroménager SEB, Tefal (yaourtières, etc.), les grille-pain, les ventilos et les séchoirs, sources d’incidents et d’incendies.
Discipline universellement pratiquée depuis la nuit des temps, la céramique est LE courant vintage du moment, raffiné par le galeriste Thomas Fritsch, thuriféraire de Roger Capron, Georges Jouve, Pol Chambost, Vera Székely. Toutes écoles (Vallauris, Paris, Bourges, Ratilly), courants et époques confondus, la céramique a supplanté le verre. Entre 1947 et le milieu des années 1980, il y a de quoi faire : Jacques Blin, Paul Pouchol, Mado Jolain, Jacques & Dani Ruelland, Colette Gueden pour les plus connus ; Ettore Sottsass, Olivier Gagnère, Christian Ghion pour les plus récents. Intérêt inédit pour les céramiques de Jean Marais. Il faut garder un œil sur les céramiques mécaniques ouest-allemandes des années 1950 et sur les italiennes des années 1960. Pour les années 1970, faveur au grès. Capter aussi tous les meubles, petits et grands, sertis de céramiques décoratives, même les plus kitsch. Autres trésors : les céramiques régionales (Provence, Bretagne…) à visée touristique et les assiettes Monaco noires avec langoustes, crabes, poissons, etc.
Jacques & Dani Ruelland, Suite de six vases dits Bouteilles, vers 1960
5 200 €
© Artcurial
À éviter
Les tables basses en fer noirci avec plateau en carreaux de céramique baveuse des années 1970, et celles en bois massif avec carreaux en grès à motifs «fougère». Toutes hideuses, à de rares exceptions.
Rien à voir avec la miniaturisation de sièges pratiquée notamment par Vitra. Il s’agit de vrais jeux et jouets dessinés et destinés aux enfants. Voire aux adultes, si ce sont des jeux de société. Ainsi du Scrabble, créé en 1938 par l’architecte américain Alfred Mosher Butts, ou des jeux de cartes dessinés par Jean Garçon pour Knoll, Lanvin et Pierre Cardin (entre 1968 et 1973). Si les jeux de cartons « éducatifs » imaginés en 1952 par Charles & Ray Eames sont des classiques, les mascottes ludo-animalières sont à apprivoiser sur-le-champ. Du singe grimpeur en bois articulé du designer danois Kay Bojesen à la mythique guenon en latex Zizi de Bruno Munari (prix Compasso d’Oro en 1954), de l’hippopotame bleu Pippo d’Armando Testa, doudou publicitaire des couches Lines en 1966, à la vache parlante Pistache dessinée au carré par Patrick Jouin en 2002 pour Fagoë, le bestiaire fait mouche dans la niche.
À cette arche de Noé, ajouter, plus récents, le cheval à bascule Rocky de Marc Newson, les sièges-jouets d’Eero Aarnio pour l’Italien Magis et les animaux en bois coloré Dad de Georges Martin, réédités par ses petites-filles, déjà collectors. Rayon petites voitures, échelle 1/43 comme 1/10, miser sur les Studebaker dessinées par Raymond Loewy et les Adler par Walter Gropius. Corollaire au jouet, symbole « junior » des Trente Glorieuses, le mobilier d’enfant vintage entre dans le jeu de cette même gaieté nostalgique avec les pupitres de Marcel Gascoin, les tabourets de Luigi Colani, les fauteuils de Jean-Louis Avril, les chaises Diamond d’Harry Bertoia, réduites par Knoll à l’échelle « kid ».
Georges Martin, Éléphant, 1946
Collection rééditée depuis 2018 par les éditions Georges Martin. 179 €
collection DAD • © Éditions Georges Martin
La Bible – La Cote du design du XXe siècle
par Jean-Michel Homo
Visuel en une : Carlo Scarpa, table « Sarpi », éditée depuis 1974 par Cassina. Prix sur demande • © Cassina
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