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Le château de Quéribus
© OT Csm / Photo Vincent Photographie
Dans un paysage aride de vignes, de chênes verts et de genêts, on les découvre perchées sur des crêtes majestueuses. Aguilar, Lastours, Montségur, Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus et Termes forment autour de la cité de Carcassonne un ensemble de forteresses défensives structuré aux XIIIe et XIVe siècles. Si on les désigne encore aujourd’hui sous le nom de « châteaux cathares », ces ruines magnifiques sont en réalité l’œuvre de la couronne de France.
La plus célèbre de ces forteresses est sans conteste Montségur, au cœur des Pyrénées ariégeoises, à 120 km au sud de Toulouse. Pour y accéder, on grimpe le long d’un chemin escarpé et rocailleux (comptez une bonne demi-heure), à travers une végétation sauvage de cistes et d’épineux. Hors saison, un rayon de soleil suffit à réveiller ce nid d’aigle fouetté par le vent.
Piton calcaire à 1 207 m d’altitude, le pog [montagne] de Montségur est définitivement lié au « catharisme », qui constituerait une forme particulière de christianisme mais dont l’existence est aujourd’hui remise en cause par une majorité d’historiens. Au temps de la croisade de Rome contre les Albigeois [les hérétiques], le castrum bâti au sommet de Montségur était considéré comme une place-forte rebelle. Son siège par le sénéchal de Carcassonne va durer dix mois. À l’issue de la bataille, le 16 mars 1244, 200 personnes refusant d’abjurer leur foi périrent sur le bûcher. Confisquée par le roi de France, la place-forte fut ensuite transformée en forteresse.
Jean-Paul Laurens, L’Agitateur du Languedoc, 1887
Huile sur toile • 149 × 115,5 cm • Coll. musée des Augustins, Toulouse • © Mairie de Toulouse / Musée des Augustins
Aujourd’hui, ces sept « citadelles du vertige » et Carcassonne dont elles étaient les « sentinelles » font l’objet d’une demande d’inscription conjointe au patrimoine mondial de l’Unesco. « Ce réseau de forteresses, rattaché à la sénéchaussée de Carcassonne, était destiné à défendre la frontière franco-aragonaise, alors toute proche, mais également à asseoir le pouvoir royal des Capétiens sur un territoire nouvellement conquis à l’issue de la croisade contre les Albigeois, explique Anaïs Monrozier, cheffe de projet au sein de l’association Mission patrimoine mondial. Elles ont été édifiées sur des castras autrefois rebelles, des châteaux primitifs ou des villages fortifiés selon les principes d’une architecture militaire défensive importée du nord de la France et parfaitement adaptée aux reliefs escarpés du Languedoc. Une véritable prouesse. »
Le musée Saint Raymond de Toulouse
© Wikimedia Commons / Photo Didier Descouens
Pour mieux comprendre cet épisode complexe et passionnant de l’histoire de France, direction Toulouse. Pendant la croisade contre les Albigeois, déclenchée en 1209 par le pape Innocent III afin de renforcer son autorité au sein de l’Église et vis-à-vis des grands seigneurs, la capitale des puissants Comtes de Toulouse est à la tête de la contestation. Le musée Saint-Raymond, associé au Couvent des Jacobins, consacre une magnifique exposition à ce sujet, « Cathares – Toulouse dans la croisade ». Une façon d’interroger en 300 œuvres et objets d’art la nature même du phénomène hérétique et l’existence du « catharisme ». De cette période mouvementée, la Ville rose conserve encore quelques vestiges. Juste en face du musée, la basilique Saint-Sernin, joyau roman inscrit à l’Unesco, fut le théâtre de l’une des plus grandes enquêtes inquisitoriales du Moyen Âge (1245–1247), au cours de laquelle 4 528 déposants firent allégeance à l’Église. Un épisode retranscrit dans le manuscrit 609, conservé à la Bibliothèque municipale de Toulouse et présenté dans l’exposition.
La Basilique Saint-Sernin De Toulouse vue de la façade ouest
© Wikimedia Commons / Photo Didier Descouens
S’il reste du temps, direction le sud de la ville. Dans les sous-sols du palais de justice, on peut, en visite guidée, voir les vestiges du château Narbonnais (dont une représentation 3D est exposée pour la première fois au musée Saint-Raymond). Érigé dans la deuxième moitié du XIIe siècle, ce lieu du pouvoir comtal fut le point de fixation des combats menés par Simon IV de Montfort. Huit siècles plus tard, cet épisode de l’histoire de France, fortement ancré dans la mémoire locale, continue de fasciner.
Préparer son voyage
Comment s’y rendre?
En train jusqu’à Toulouse ou Carcassonne
Où dormir ?
Carcassonne Townhouse
4, rue Bellevue • Carcassonne
06 88 48 59 39 • carcassonnetownhouse.com
Carreaux de ciment, hauts plafonds, meubles d’époque et touche design pour ce B&B de 5 chambres, à 15 min à pied de la Cité (à partir de 79 € la chambre double).
Où se restaurer ?
La Table de Franck Putelat
80, chemin des Anglais • Carcassonne
04 68 71 80 80 • franckputelat.com
Bijou de Méditerranée au caviar osciètre, agneau fermier des pays d’Oc à l’échalote noire… «Une cuisine d’exception» selon le Guide Michelin, qui lui a décerné deux-étoiles.
Une Table à deux
10, rue de la Pleau • Toulouse • 05 61 25 03 51 • unetableadeux.fr
Dans le quartier des Carmes, à deux pas du palais de justice, une cuisine de saison voyageuse. Très bon rapport qualité-prix.
Pour randonner
lesentiercathare.com
Le sentier cathare (250 km entre Port-La-Nouvelle et Foix) permet, en 12 étapes, de visiter les vestiges des châteaux.
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