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La Frauenkirche vue du rivage du fleuve de l’Elbe à Dresde
© Frauenkirche Dresden / Photo Oliver Killig
De nuit ou de jour, l’arrivée à Dresde fait son petit effet. Vue depuis la rive droite de l’Elbe, sur le pont Auguste, la silhouette de la ville se dessine telle une carte postale grandeur nature avec son enfilade de bâtiments historiques, de façades baroques et d’églises aux clochers semblant toucher le ciel. On ne s’y trompe pas : le paysage a quelque chose de pictural… Immortalisé au XVIIIe siècle par le peintre italien Bernardo Bellotto, qui adopta à Dresde le nom de son oncle, Canaletto, le panorama a retrouvé toute sa splendeur depuis la reconstruction progressive des édifices phares de la ville.
L’un des premiers à être rebâti au sortir de la guerre, le Zwinger, ancien lieu de détente des rois de Saxe, abrite aujourd’hui la Gemäldegalerie Alte Meister (la Galerie de peinture des maîtres anciens). Sur trois étages, le parcours mène de Titien, Vermeer et Rembrandt à Van Eyck et Lucas Cranach l’Ancien, en passant par Dürer et Botticelli, avant de finir en beauté par la Madone de saint Sixte de Raphaël et les fameuses Vues de Dresde de Canaletto.
Le Fürstenzug (Procession des Princes) fresque murale en porcelaine de Saxe sur le mur extérieur du château de Dresde, longue de plus 100 m sur 10 m de hauteur
© Adobe Stock
À la sortie du musée, une visite de la Porzellansammlung (la Collection de porcelaines), dont les 23 000 objets en font le plus important ensemble au monde, vaut le détour, quoique le chef-d’œuvre de la manufacture de Meissen, la première et la plus ancienne d’Europe depuis son ouverture en 1710 à quelques kilomètres de Dresde, se découvre sur la façade du château : reliant le Zwinger au palais, la monumentale frise en porcelaine de Saxe, réalisée en 1871 et 1876, d’abord en peinture puis avec 25 000 carreaux, miraculeusement épargnée lors des bombardements, représente la Procession des Princes de la maison des Wettin.
La façade du Château de la Résidence de Dresde
© Wikimedia Commons / Photo Konstantinktrs
La découverte de l’histoire royale de la ville se prolonge dans les salles du Residenzschloss (le château de la Résidence de Dresde), qui fut entièrement détruit en 1945 et dont la reconstruction à l’identique a débuté dès les années 1960. Les appartements royaux et les collections d’art ont retrouvé depuis les années 2000 leur écrin d’origine, dont deux salles portant le nom de « Voûte verte » (l’historique et la nouvelle) qui abrite le cabinet de curiosités d’Auguste le Fort et la « cour de Delhi » avec ses 137 statuettes en or décorées de 5 000 diamants, rubis, émeraudes et perles.
L’autel surmonté de l’orgue de la Frauenkirche à Dresde
© Frauenkirche Dresden / Photo Jürgen Vetter
On continue la promenade architecturale avec le Semperoper (l’Opéra) de style néo-Renaissance, dont Richard Wagner fut le premier chef d’orchestre, puis la baroque Katholische Hofkirche (la cathédrale de la Sainte-Trinité), rebâtie dans les années 1980, et son pendant protestant, la Frauenkirche (l’église Notre-Dame). Son écroulement suite aux bombardements lui a valu un destin particulier.
Faute de moyens, ses décombres furent laissés en l’état. Pendant cinquante ans, la montagne de pierres et de poussières a fait partie du paysage de la ville.
Caspar David Friedrich, Colline et champs labourés près de Dresde, vers 1824
Huile sur toile • 22,2 × 30,5 cm • Coll. Kunsthalle, Hambourg • © Wikimedia Common
Voilà qui aurait eu de quoi plaire aux pères fondateurs du romantisme, mouvement né dans la région au milieu du XIXe siècle et qui continue d’imprégner la ville de son esprit crépusculaire. Pour en découvrir les reliques, on file à l’Albertinum et ses maîtres modernes. Le musée, où sont aussi exposées les toiles du groupe expressionniste Die Brücke, formé à Dresde en 1905 (Ernst Ludwig Kirchner, Emil Nolde, Kees van Dongen…), l’imposant triptyque la Guerre d’Otto Dix et les œuvres les plus connues du Dresdois Gerhard Richter, mettra en lumière fin août sa vaste collection de toiles de Caspar David Friedrich (1774– 1840). L’exposition retrace le parcours de celui qui vécut à Dresde pendant plus de quarante ans, y peignant les chefs-d’œuvre qui allaient annoncer le romantisme allemand.
Mais avant de plonger dans le détail de ses toiles, on prend de la hauteur pour mieux faire le pont entre passé et présent. Il faut un peu de courage pour braver les escaliers de la Frauenkirche, reconstruite à la chute du mur de Berlin à partir des débris minutieusement déblayés – elle est aujourd’hui constituée à 45 % d’éléments originaux, donc 3 539 pièces sur la seule façade. La plateforme panoramique offre une vue imprenable sur la ville et ses deux versants. L’œil embrasse le vieux Dresde et ses joyaux architecturaux, mais aussi la nouvelle ville, qui promet cette année de beaux événements. Au Kügelgenhaus (le musée du romantisme), installé dans l’une des rares maisons baroques d’origine de la ville, l’exposition « Redécouvertes ! » (du 8 juin 2024 au 16 mars 2025) fera la part belle aux peintres romantiques femmes, Caroline Bardua ou Louise Seidler.
La Kügelgenhaus située dans la rue principale de Dresde. On apperçoit en arrière-plan la tour de l’église de l’Epiphanie
© Wikimedia Commons / Photo Museen Dresden
À quelques pas de là, l’Archiv der Avantgarden (les Archives de l’avant-garde) proposera depuis le 5 mai une lecture décalée des différents courants avant-gardistes du XXe siècle à partir des objets et documents (1,5 million !) assemblés par le collectionneur germano-italien Egidio Marzona. Il fit en 2016 don de sa collection aux musées de la ville de Dresde, à condition que celle-ci soit dûment exposée. Elle a trouvé refuge dans un grand cube de béton tombant du plafond d’une ancienne bâtisse baroque – majestueux palimpseste architectural, à l’image de la ville.
Préparer son voyage
Comment s’y rendre ?
En avion depuis Paris, entre 3h et 4h de vol avec une escale à Francfort ou Munich
En train de nuit via Berlin
Où dormir ?
Hotel Taschenbergpalais
Taschenberg 3 • 00 800 426 313 55
Plus d’informations sur l’hôtel Taschenbergpalais
L’ancien palais du XVIIIe édifié pour la comtesse Anna Constanze von Hoym a retrouvé tout son éclat depuis sa reconstruction par la chaîne d’hôtels Kempinski.
Bilderberg Bellevue Hotel
Große Meissner Straße 15 • +49 351 805 0
Plus d’informations sur l’hôtel Bilderberg Bellevue
Classé monument historique depuis 2020, l’hôtel est constitué d’un bâtiment baroque et d’un complexe typique de l’architecture post-moderne d’Allemagne de l’Est. Particulièrement couru en raison de son emplacement.
Où se restaurer ?
Anna
Schloßstrasse 27 • +49 351 7951 1535
Plus d’informations sur le site du restaurant
Ouvert post-pandémie, le restaurant installé au sein du château royal a pris le nom de la princesse Anna de Danemark (1574-1619), qui possédait une ferme à Dresde où elle se consacrait à la transformation de fruits et de légumes en jus, purées et confiseries.
Opera
Theaterplatz 4 • +49 351 4241 7878
Plus d’information sur le site d’Opera
Emplacement idéal à quelques pas de l’Opéra et menu aussi créatif que raffiné.
Lila
Soße Alaunstrasse 70 • +49 351 803 6723
Plus d’informations sur le site du restaurant
Au cœur de la nouvelle ville, le restaurant défend la jeune cuisine allemande : produits de saison, vins de la région et ambiance chaleureuse.
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