La Parenthèse Belle Époque, le bar éphémère de la maison Perrier-Jouët, 2024
© Jeanne Perrotte
En cette saison où l’on s’autorise bien des excès, voilà une expérience qui ravira autant les amateurs d’Art nouveau que les noctambules en quête d’effervescence. Nichés dans les salons habituellement fermés au public du mythique restaurant Maxim’s, rue Royale, un bar éphémère a fait son nid jusqu’à fin décembre : « la Parenthèse Belle Époque ». Repensés par la maison de champagne Perrier-Jouët, ces espaces fastueux accueillent exceptionnellement des pièces de sa collection privée d’Art nouveau français, la plus grande d’Europe.
C’est en effet un secret bien gardé ! Sur la célèbre avenue de Champagne à Épernay, la Maison Belle Époque, ancienne demeure de la famille des fondateurs de Perrier-Jouët, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite des trésors signés Louis Majorelle, Hector Guimard, Auguste Rodin ou encore Henri de Toulouse-Lautrec. Un lieu qui se visite à l’occasion de dîners gastronomiques conçus par Pierre Gagnaire et Sébastien Morellon.
Les liens entre le mouvement Art nouveau et la maison remontent à 1902, lorsque Émile Gallé, maître verrier, ébéniste et céramiste, dessina l’anémone du Japon qui allait bientôt devenir l’emblème du cépage signature de Perrier-Jouët, le chardonnay, caractérisé par son style éminemment floral.
La Parenthèse Belle Époque, le bar éphémère de la maison Perrier-Jouët, 2024
© Jeanne Perrotte
Chez Maxim’s, sont d’ailleurs exposées des pièces de l’artiste de l’École de Nancy : la « Table servante » incrustée de fleurs en marqueterie, et un guéridon « aux libellules » aux jambages tout en courbes. On trouve également disposées dans le salon une lampe en bronze de Raoul Larche inspirée des robes tourbillonnantes de la danseuse Loïe Fuller, une « Lampe tulipe » conçue par Albert Cheuret ou encore une célèbre affiche d’Alphonse Mucha, représentant un horoscope, créée pour Perrier-Joüet. Des pièces de mobilier et d’archives qui se fondent à merveille dans l’opulent décor Art nouveau de Maxim’s, adresse qui fit les beaux jours – et les belles nuits – du Tout-Paris de la Belle Époque, et qui a récemment retrouvé son lustre d’antan sous la houlette du groupe Paris Society.
Au-delà de cet héritage Art nouveau, les échanges entre l’élégant restaurant et la maison de champagne ne datent pas d’hier. Déjà en 1969, puis en 1983, y était lancées des cuvées d’exception intitulées « Belle Époque ». La boucle est bouclée puisque le bar pop-up propose aujourd’hui d’y déguster une édition limitée « Blanc de Blancs » créé en 2017, en bouteille ou dans des verres d’esprit Art nouveau créés pour l’occasion par des créateurs contemporains, designers ou céramistes.
L’artiste Samantha Kerdine a également créé une stèle en faïence rendant hommage aux fameux camélias du Japon afin d’accueillir un jéroboam, étonnant objet d’orfèvrerie de la collection « Anémone », une série ultra limitée de cuvées millésimées, au prix tout aussi prodigieux. L’extravagant art de vivre de la Belle Époque est ici bien vivant.
Parenthèse Belle Époque
Jusqu'à fin décembre
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