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Week-end arty

Entre Concarneau et Pont-Aven : Nabis, coquillages et crustacés

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Publié le , mis à jour le
Forte du label « Ville d’art et d’histoire », la commune de Concarneau, dans le Finistère Sud, œuvre activement depuis une dizaine d’années à la mise en valeur de son patrimoine. Et quel patrimoine ! Entre les remparts et le port de plaisance, immortalisé par pléthore de peintres, il y a tant à découvrir. Jouer les prolongations jusqu’à Pont-Aven, sur les traces de Gauguin, Bernard, Denis ou encore Sérusier s’impose rapidement comme une évidence. En route !

Jour 1 – 10h. Trésors cachés

Constituée de dons et de legs, la collection municipale de Concarneau réunit plus de 400 œuvres des XIXe et XXe siècles, signées Alfred Guillou, Charles Fromuth, Pierre de Belay, Mathurin Méheut… Soigneusement conservée à l’hôtel de ville, elle fait parfois l’objet d’accrochages au premier étage de la mairie. Photographe à ses heures, le maire, Marc Bigot, attend l’inauguration d’une médiathèque voisine, d’ici 2023, pour pouvoir convertir le rez-de-chaussée en véritable espace d’exposition. Affaire à suivre !

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Place de l'Hôtel de ville de Concarneau

Renseignements au 02 98 50 38 38

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12h. Fruits de mer avec les commissaires Maigret et Dupin

Direction L’Amiral, ancien Grand hôtel Le Clinche, rebaptisé par l’un de ses habitués de la première heure : l’écrivain belge Georges Simenon. C’est là que le père du commissaire Maigret a planté l’action de ses livres, à commencer par Le Chien jaune, paru en 1931 et adapté un an plus tard au cinéma par Jean Tarride. Ce café-restaurant sert encore de décor à l’auteur allemand Jean-Luc Bannalec, amoureux de la Bretagne à qui Concarneau doit, depuis une vingtaine d’années, une vague de touristes germaniques voyageant sur les traces de son héros, le commissaire Dupin. Derrière le bar de bois et de faïence, Catherine Le Bosse veille au moindre détail de son établissement. Dans l’assiette ? Une cuisine du marché toute simple et, bien sûr, un large choix de fruits de mer.

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L’Amiral

1 avenue Pierre Gueguin, 29900 Concarneau

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14h. En liberté dans la Ville Close

Direction la Ville Close, cité fortifiée au Moyen Âge sur l’îlot autour duquel s’est progressivement développée la commune de Concarneau. Tournant le dos à l’hôtel Les Grands Voyageurs – où Flaubert séjourna deux fois en 1847 et en 1875 – vous voilà devant un pont en cours de rénovation. Passé cette entrée piétonne, appelée le ravelin, se trouvent à gauche le musée de la pêche qu’abrite une ancienne chapelle ; à droite, un puits offert par l’un des propriétaires du château de Kériolet à la municipalité dans l’espoir qu’elle lui achète son bien (!). La rue principale, où alternent bâtisses modernes et maisons du XVIe siècle à toits pointus, porte le nom de l’architecte militaire Vauban, chargé au XVIIe de renforcer les défenses de l’ensemble du site. Au détour de la place Saint-Guénolé, où trône une fontaine du XIXe, des escaliers invitent à prendre de la hauteur. Depuis les remparts se profilent d’un côté le port de pêche, avec l’incontournable Criée qui accueillait autrefois plus de 30 000 tonnes de poissons par an (surtout des sardines) ; et de l’autre, le port de plaisance que les artistes ne cessent de peindre depuis le XIXe siècle. D’ailleurs, au sol, de petites palettes d’artistes de couleur orange indiquent les étapes d’un parcours placé sous le signe de l’art. Suivons-les…

Les remparts de la Ville Close de Concarneau
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Les remparts de la Ville Close de Concarneau

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© Office de tourisme de Concarneau

15h30. Souvenir des artistes de Concarneau

Pour tout savoir de la relation qu’entretient Concarneau avec les arts, rendez-vous à la galerie Gloux, nichée au rez-de-chaussée d’une maison de famille dont les propriétaires, Jean-Michel et Françoise, la nièce du peintre abstrait Jean Deyrolle, incarnent véritablement la mémoire artistique de Concarneau. Formé aux Beaux-Arts de Paris, Théophile Deyrolle, l’arrière-grand-père de ce dernier, fait construire les lieux dans les années 1880, après avoir épousé la sœur de son grand ami et homologue, Alfred Guillou. Les deux artistes sont connus comme étant les chefs de file du Groupe de Concarneau. L’atelier du dernier étage était fait pour accueillir des artistes de passage, du Lyonnais Achille Granchi-Taylor au Néo-Zélandais Sydney Lough Thompson. Aujourd’hui y habitent les époux Gloux, avides de partager leur passion aux curieux.

La galerie Gloux, sur le quai près du port de plaisance de Concarneau
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La galerie Gloux, sur le quai près du port de plaisance de Concarneau

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© Office de tourisme de Concarneau

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Galerie Gloux

22 avenue du Dr Pierre Nicolas, 29900 Concarneau

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16h30. De la céramique, des poissons et des couleurs

Voilà 30 ans que Valérie Le Roux travaille dans cet atelier, à côté du port de plaisance. Pour le bonheur de ses clients – Jean-Luc Bannalec en tête – et des passants invités à entrer. À cet espace de création (et de conversation !) s’ajoute, avenue du Dr Pierre Nicolas (à 100 mètres), une boutique qu’elle tient depuis trois ans avec son mari, Michael, rencontré aux Beaux-Arts de Quimper. À la naissance de leur première fille, l’artiste formée à la peinture et à la gravure achète un four pour cuire les créations de ses élèves. C’est le déclic ! Exposées à Paris, ses assiettes, tasses et bouteilles égaient désormais les grandes tables de la région. Ornées de motifs marins, ces pièces sont un hommage discret à ses origines, car il n’y a qu’en Bretagne que l’artiste se sente comme un poisson dans l’eau.

Les réalisations de Valérie Le Roux en céramique
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Les réalisations de Valérie Le Roux en céramique

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© Valérie Le Roux

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Atelier de Valérie Le Roux

5 Rue Duquesne, 29900 Concarneau

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Jour 2 – 10h. Gothique chic !

Même fermé (de septembre à juin), le château de Kériolet, situé sur les hauteurs de la Ville Close, vaut le détour. L’extérieur de ce bâtiment gothique restauré au XIXe siècle par l’architecte Joseph Bigot en dit long sur son histoire. Couples bretons, gargouilles, pattes d’hermine… la façade sud regorge de symboles à décrypter. La couronne et les fleurs correspondent aux titres respectifs de comte et de marquis que Zénaïde Narischkine Youssoupoff, la tante du Tsar Nicolas II, achète dans les années 1860. Le terrain sera lui acquis pour son époux, roturier de 30 ans son cadet. Le banc acoustique situé à l’extrême droite du mur permettait à la princesse sourde de converser avec ses hôtes sans l’aide d’un accessoire auditif. Transformé en musée après sa mort, racheté par son arrière-petit-fils, revendu, laissé à l’abandon, victime d’un ouragan en 1987, le site est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1988. Reste l’intérieur, entièrement redécoré dans le goût de l’époque par l’actuel propriétaire des lieux. À découvrir l’été : la salle des gardes et sa cheminée classée, la cuisine et sa collection de faïences de Desvres, la crypte et l’un des trois poêles qui chauffaient le rez-de-chaussée. Royal !

Le château de Keriolet, aux environs de Concarneau
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Le château de Keriolet, aux environs de Concarneau

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© Photo René Mattes / hemis

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Le château de Kériolet

Rue de Stang ar Lin, 29900 Concarneau

Ouvert de mi-juin aux Journées du patrimoine. Sur réservation, le reste de l’année, pour les groupes.

Renseignements au 02 98 60 55 23

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14h. En tête-à-tête avec Gauguin & co.

Après le déjeuner, direction la mythique bourgade de Pont-Aven, située seulement à une vingtaine de minutes en voiture. Inauguré en 1985, rénové entre 2013 et 2016, le musée de Pont-Aven occupe l’ancienne annexe de l’hôtel Julia, point de chute privilégié des artistes étrangers au XIXe siècle, tandis que leurs homologues français, moins fortunés, fréquentaient la pension Gloanec, juste à côté. L’histoire des deux établissements rivaux ouvre le parcours permanent que scandent les signatures de Maurice Denis, Émile Bernard, Georges Lacombe, Paul Sérusier. Sans oublier Paul Gauguin, dont l’institution a pu acquérir en 2003 Deux têtes de bretonnes (1894), pastel daté de son cinquième et dernier séjour en Bretagne et dédié à son ami le peintre Maxime Maufra. Quant à Village breton sous la neige (1893), dépôt du musée d’Orsay, cette toile fut présentée à l’envers, lors d’une vente en 1903, sous le titre de Chute du Niagara… Anecdote qui donne envie de pencher la tête pour comprendre cette maladresse. À noter qu’en février le musée consacrera une exposition aux autoportraits de la mystérieuse photographe également nounou Vivian Maier.

Le musée de Pont-Aven devant la place Julia
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Le musée de Pont-Aven devant la place Julia

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© Mélanie Bodolec

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Musée de Pont-Aven

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h

15h30. Promenons-nous dans le Bois d’Amour

Entre une biscuiterie et une conserverie du centre-ville se dresse la fameuse pension Gloanec, où Marie-Josée Le Gal tient de nos jours une librairie doublée, au premier étage, d’une galerie d’art. Tout en haut se trouve l’ancienne chambre de Gauguin, aujourd’hui réservée à des ateliers d’écriture. Cette adresse incontournable sert de point de départ à une promenade jusqu’au Bois d’Amour, où Gauguin (encore et toujours lui !) aurait délivré à Paul Sérusier une leçon de peinture, en 1888, donnant naissance à un chef-d’œuvre du musée d’Orsay : le Talisman. Non loin, dans la chapelle Notre-Dame de Trémalo, se cache la sculpture polychrome qui figure dans son Christ jaune (1889). C’est dans ce cadre pittoresque, sur les rives du fleuve l’Aven, que serait née l’École de Pont-Aven, fédérée autour d’un style bien défini, tandis que le Groupe de Concarneau rassemblait des artistes d’horizons variés.

Pont-Aven, les rives de l’Aven
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Pont-Aven, les rives de l’Aven

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Le Bois d'Amour de Pont-Aven

29930 Pont-Aven

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Paris-Concarneau : en route !

Comment y aller ?

3h30 en TGV  avec un changement à Lorient, de Paris Montparnasse à Rosporden, puis 20 minutes en bus ou en voiture, jusqu’à Concarneau.

Au retour, conduire ou prendre la ligne 10 de Pont-Aven à Quimperlé, avant de monter à bord du TER (changement à Lorient).

 

Quand venir ?

En août, pour le festival des Filets bleus qui célèbre la fête éponyme de 1905, durant laquelle 34 peintres décidèrent de mettre leurs toiles en vente afin de soulager la misère liée à la crise de la pêche sardinière.

 

Où dormir ?

Les Sables blancs, 45 Rue des Sables Blancs, 29900 Concarneau

Seul hôtel situé de plain-pied sur la plage. Prolongée d’un balcon, chaque chambre donne sur l’océan, de même que le restaurant et sa terrasse. C’est comme si l’on mangeait les pieds dans l’eau. Un régal !

 

Où manger ?

L’Écume, 3 place Saint-Guénolé, 29900 Concarneau

Il a beau être seul en salle, Fred impressionne par la rapidité de son service. Plus sympathique que stressé, il vous racontera, entre deux crêpes, qu’il compte raccrocher des œuvres trouvées au premier étage de son restaurant. C’était l’ancien musée du coquillage, ici !

Le Chantier,  20 Quai Carnot, 29900 Concarneau

Ancien bâtiment de stockage affilié à la Criée, sur le port de pêche, ce restaurant a le mérite de proposer des plats d’une fraîcheur incomparable et d’abriter une fresque signée Valérie Le Roux.

Le Gâteau-Livre, 14 rue des Abbés-Tanguy, 29930 Pont-Aven

Éditrice de livres d’art (éditions Vagamundo), autrice, traductrice, plasticienne, professeure de portugais… Cristina Melo, la propriétaire de ce salon de thé-librairie, sait tout faire ! Les Pont-Avenois ne jurent que par son gâteau au chocolat.

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