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DESIGN STORY

La chaise Acapulco, une star des jardins venue du Mexique

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Publié le , mis à jour le
Voilà une chaise qui rime avec farniente : tendue de fils en plastique sur une structure en métal, l’« Acapulco » est le parfait bain de soleil pour siroter un cocktail en terrasse. Depuis près de 70 ans, elle se décline dans toutes les couleurs et se vend à tous les prix. Mais quand et comment a-t-elle été inventée ? Par qui ? Voici sa mystérieuse histoire.
Sièges Acapulco édités pour la Chaise Longue
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Sièges Acapulco édités pour la Chaise Longue

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© La Chaise Longue

Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais son design rayonnant, célèbre pour ses fils plastiques « Scoubidou » tendus à sa structure en « œuf », doit vous être familier. L’« Acapulco » est un classique du mobilier de jardin bon marché, copié et revisité par de nombreuses marques, idéal pour apporter du pep à une terrasse ou une touche graphique à un salon morose.

Au Mexique, c’est un incontournable : « cette chaise rythme les côtes. On la trouve sur les plages, les terrasses, les patios et dans les rues. Là-bas, on l’appelle aussi silla huevo (‘chaise œuf’), concha (‘coquille’) à Oaxaca, ou sillón (‘fauteuil’) à Mérida », nous explique la designer mexicaine Cecilia León de la Barra, qui en distribuait une version chic dans les années 2000 via sa marque MOB.

Créée par un anonyme

Originaire d’Acapulco (pas de surprise ici), la chaise serait née dans les années 1950, mais sa création demeure encore bien mystérieuse. Une chose est sûre : c’est une touriste française, en vacances dans la baie magique d’Acapulco, qui aurait demandé à un artisan local une chaise pour parfaire son bain de soleil. Le créateur, resté anonyme, a conçu cette assise tressée de fils plastique, selon une technique ancestrale maya utilisée pour les hamacs. À travers la structure en métal percée en son centre, il fait passer une bobine de fils qu’il enroule et tend de la périphérie vers l’intérieur.

Différents modèle et coloris de sièges Acapulco
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Différents modèle et coloris de sièges Acapulco

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© fototext / Alamy / Hemis. © La Chaise Longue

L’espacement régulier des fils permet ainsi à l’air de s’engouffrer – une ingénieuse parade aux fortes chaleurs de cette région tropicale. Pas de cuir collant aux robes légères, ni de tissu brûlant en plein soleil : souple et confortable, le PVC résiste parfaitement à la chaleur. Sur la côte Pacifique où les plages de sable fin et les boîtes de nuits sont prisées par la jet-set (John et Jackie Kennedy y ont passé leur lune de miel), on raconte que l’assise a séduit Marilyn Monroe ou Elizabeth Taylor. Aussi baptisée « le satellite », elle devient rapidement un best-seller, commercialisé par le fabricant Don José Cortés pendant plus d’une trentaine d’années.

Une chaise sans cesse réinventée

À la fin du XXe siècle, le modèle est quelque peu oublié mais réapparaît en 2008 dans une exposition itinérante intitulée « Cajas en Transito » (soit « cartons en transit »). Celle-ci présente le meilleur du design mexicain avec, notamment, le fauteuil « Equipal », fameux pour son piètement graphique fait de croisillons en bois et son assise lounge en cuir souple. À ses côtés, l’« Acapulco », dont l’étiquette mentionnant « designer inconnu » attise la curiosité des éditeurs. Ne détenant ni brevet, ni licence de fabrication, ni créateur attitré pour revendiquer un design unique, plusieurs marques se l’approprient et la rebaptisent selon leurs envies. En France, elle devient le fauteuil « Copacabana » ou le « Scoubidou » mais demeure « Acapulco » pour l’entreprise spécialiste du jonc plastique Boqa, qui choisit d’amplifier son envergure et la hauteur de son dossier. Lors d’un bain de soleil, on peut ainsi confortablement reposer sa tête.

Fauteuil Nacre designé Margaux Keller pour Boqa
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Fauteuil Nacre designé Margaux Keller pour Boqa

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© Boqa

Leroy Merlin, Casa, Leclerc, Carrefour Home, GiFi, IKEA… On trouve l’« Acapulco » à des prix abordables, avec toutes sortes de fils en plastique et de structures – mais la qualité laisse parfois à désirer. Sans cesse réinventée, elle se décline aussi en sofa et table basse. En 2019, la designer et architecte d’intérieur Margaux Keller (en apprenant la technique dans les ateliers bordelais de Boqa) a conçu une version aux multiples tressages croisés vert et rose, célébrant son design libre et populaire – cette forme de corolle qui traverse les époques et les frontières, des fifties à nos jours, de la plage au salon, d’Acapulco à Paris.

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