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Design Story

Le Rabbit : de la chambre au musée, les dessous d’un sextoy culte

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Des sextoys au musée ? Dans l’expo « Toy Stories. Designing Intimacy » au Kunsthal de Rotterdam, comme au musée des Arts décoratif où « L’intime, de la chambre au réseaux sociaux » se poursuit jusqu’au 30 mars, ils s’exposent sans fard ni tabou. À cette occasion, retour sur la success story du Rabbit qui, avec sa silhouette iconique, a contribué à démystifier et à égayer la masturbation féminine. Ou quand le design se met au service du plaisir.
The Oh Collective, Rabbit Vibrator
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The Oh Collective, Rabbit Vibrator, Campagne 2024

« C’est un vibromasseur, ce n’est quand même pas du crack ! », s’exclame Charlotte lorsque Carrie Bradshaw s’invite chez elle pour une « rabbit intervention », la suspectant (à juste titre) d’être devenue accro à son sextoy. Diffusé en 1998, l’épisode « Le lièvre et la tortue » de la mythique série Sex and the City a su populariser le dénommé Rabbit, iconique vibromasseur rose bonbon, qui depuis son invention au Japon dans les années 1980 s’est immiscé dans l’intimité de millions d’utilisatrices dans le monde, mettant au placard un bon nombre d’idées reçues autour de la sexualité (et donc du plaisir) des femmes.

À tel point qu’il s’expose aujourd’hui fièrement aux côtés d’autres congénères signés matali crasset et Tom Dixon, dans une vitrine de l’exposition « L’intime, de la chambre au réseaux sociaux » au musée des Arts décoratifs à Paris. Impossible de le manquer avec sa silhouette phallique flashy, accessoirisée d’une tête de lapin. Ce détail anatomique des plus facétieux, qui a donné son nom au célèbre vibromasseur, a son importance : contrairement à ses ancêtres monofonctionnels, le Rabbit, avec ses oreilles vibrantes, permet une double stimulation, à la fois clitoridienne et vaginale. Une véritable révolution !

Des premiers vibrateurs au succès des sextoys

Il faut attendre les années 1970 pour que la révolution sexuelle ouvre un véritable marché aux sextoys.

Qu’on se le dise : le godemiché est vieux comme le monde. « L’humanité en a fabriqué en bois, en cuir, en ivoire, en caoutchouc parmi d’autres matériaux », rappelle ainsi l’écrivaine américaine Hallie Lieberman dans le catalogue de l’exposition du musée des Arts décoratifs. Le premier vibrateur, ancêtre de nos vibromasseurs, est quant à lui breveté au XIXe siècle par Joseph Mortimer Granville, un médecin britannique qui l’utilise pour traiter les nerfs de ses patients, en particulier des femmes qui seraient atteintes d’« hystérie ».

Gerald Joseph Macoura dit Dr Macaura, Pulsoconn
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Gerald Joseph Macoura dit Dr Macaura, Pulsoconn, 1904

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Métal chromé caoutchouc et bois noir

Jugés inefficaces par le corps médical, ils se vendent ensuite auprès du grand public. Avec la généralisation de l’électricité dans les années 1930, les premiers vibromasseurs, ressemblant à des sèche-cheveux, pénètrent nos foyers, mais souffrent encore de bien des tabous. Il faut attendre les années 1970 pour que la révolution sexuelle ouvre un véritable marché aux sextoys. L’un des modèles précurseurs se nomme le Magic Wand – une vraie « baguette magique », vendue comme un appareil de massage par l’entreprise Hitachi à partir de 1968.

Une nouvelle ère

Vibromasseur « Rabbit » rose vif
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Vibromasseur « Rabbit » rose vif

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© Keith Morris / Alamy / Hemis

Quelques années plus tard, en 1983, la marque Vibratex décide d’importer aux États-Unis ses vibromasseurs « double fonction » aux couleurs vibrantes, qu’elle fabrique au Japon. Castor, kangourou, tortue… : leur physionomie évoque celle d’animaux pour contourner une loi japonaise interdisant la vente d’objets jugés obscènes, représentant des organes génitaux. Le fameux lapin – animal porte-bonheur au Japon – débarque en 1984. D’aspect rose translucide, il est fabriqué en PVC souple ou gel synthétique – une texture douce et flexible qui assure un maximum de confort et de plaisir, puisque sa structure renferme des perles rotatives qui effectuent un massage interne. Pour l’heure, il fonctionne grâce à une télécommande reliée par un fil, qui disparaîtra plus tard.

Avec le Rabbit, l’objet de plaisir se démocratise : grâce à son coloris flashy et son adorable tête de lapin, il démystifie la masturbation féminine. La voilà désormais décomplexée, et même ludique ! Waterproof, auto-chauffant, en kit de voyage, doté de mouvements de « poussée d’orgasme »… À partir de 2010, le Rabbit offre toute sorte de fonctionnalités et se métamorphose au point de ressembler à une petite sculpture pop de Jeff Koons. La tendance est alors aux lignes élégantes et épurées, au dessin éloigné des formes phalliques traditionnelles. Il faut dire aussi, comme le montre l’exposition « Toy Stories. Designing Intimacy » au Kunsthal Rotterdam, que ce vibromasseur iconique a depuis ouvert la voie à une nouvelle génération de sextoys à la physionomie toujours plus abstraite, imaginée par une jeune garde du design, féministe et inclusive. Son credo ? Jouissez sans entrave !

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Toy Stories. Designing Intimacy

Du 25 janvier 2025 au 11 mai 2025

L'intime, de la chambre aux réseaux sociaux

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

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