Article réservé aux abonnés

DESIGN STORY

L’épopée du Playmobil, la mini figurine devenue un géant du jouet

Par

Publié le , mis à jour le
Pour beaucoup de grands enfants, c’est une véritable madeleine de Proust. Inventé dans les années 1970 en Allemagne, le Playmobil a révolutionné l’histoire du jouet, à tel point qu’il s’est aussi fait une place au musée, comme le montre l’exposition « Playmobil : en avant l’Histoire ! », à voir jusqu’au 26 janvier au monastère royal de Brou. L’occasion de revenir sur la création de cette célèbre figurine désormais quinquagénaire qui, c’est sûr, fera encore des heureux à Noël.
Playmobil du groupe Geobra
voir toutes les images

Playmobil du groupe Geobra, 1974

i

© M. Astar / Sipa

« Playmobil, en avant les histoires. » Jingle en tête, on se souvient de notre boîte de Playmobils pleine de figurines, de perruques, d’armures… De la sensation aussi, de clipser au creux de leurs mains tout genre d’épées, de baguettes magiques, pour enfin les imaginer accomplir leur destinée de cow-boy du Far West ou de pirate intrépide.

Modulables et surtout indémodables, les Playmobils ont envahi, en quelques années seulement, les chambres d’enfants du monde entier. Mais à quoi tient le succès de ces mythiques figurines, si incontournables qu’on les trouve aussi désormais dans les vitrines des musées ?

Croquis d’un Playmobil
voir toutes les images

Croquis d’un Playmobil

i

Photo Playmobil

Il faut pour cela remonter au début des années 1970. En Allemagne de l’Ouest, les chocs pétroliers, qui ont fait s’envoler les prix du plastique, frappent de plein fouet la société Geobra. Son directeur, Horst Brandstätter, est alors contraint d’abandonner la commercialisation des cerceaux « Hula hoop », son produit phare depuis les années 1950, devenu beaucoup trop cher à produire… L’homme a une idée. Il souhaite commercialiser un mini jouet à fabriquer en série, en injection plastique – un petit personnage qui pourrait par exemple piloter un camion de pompier, alors particulièrement populaire chez les petits garçons.

Et le Playmobil est né

Horst Brandstätter se tourne vers l’un de ses employés, un certain Hans Beck (1929–2009). Menuisier de formation, il est aussi passionné de modélisme. Élevé dans une famille de dix enfants, Beck fabriquait dès le plus jeune âge des jouets en bois pour ses petits frères et sœurs. Aussi invite-t-il ses jeunes voisins à tester ses premiers prototypes : des figurines si minuscules qu’elles tiennent dans la main des tout petits. Au fur et à mesure, les bras s’articulent, puis les jambes.

Les premiers Playmobil de 1974
voir toutes les images

Les premiers Playmobil de 1974

i

Coll. musée du jouet, Nuremberg • © Interfoto / Aurimages

« Les personnages sont pensés de manière à offrir des possibilités infinies d’histoires. »

Hans Beck

Afin que les enfants puissent facilement s’identifier aux personnages, leur tête ronde est dotée de deux points pour les yeux et d’un sympathique sourire. Hans Beck conçoit ensuite les premiers costumes de chevalier, d’Indien et d’ouvrier de construction. « Klicky », l’ancêtre des Playmobil, est né ! En 1974, la figurine est présentée au Salon international du jouet, à Nuremberg. Si les professionnels du secteur sont d’abord sceptiques, filles comme garçons les adoptent aussitôt, charmés par leurs couleurs vives, leur petite taille de 7,5cm, leur modularité. L’aventure est lancée.

« Les personnages sont pensés de manière à offrir des possibilités infinies d’histoires. Leurs traits et expressions sont neutres pour permettre aux enfants de choisir et d’imaginer le caractère et l’humeur de chaque personnage » expliquait alors au sujet de son invention Hans Beck. Aujourd’hui, on estime à plus de trois milliards le nombre de Playmobils vendus dans le monde.

Des chambres d’enfants aux musées

Si chevaliers et policiers miniatures font toujours figure de best-sellers, les univers se sont quant à eux démultipliés, des décors historiques de Vikings à la fantasy médiévale en passant par les vaisseaux spatiaux. Sans oublier les partenariats avec des films et séries cultes (Star Trek, Ghostbusters), et la création d’un parc de loisir en Allemagne, le Playmobil FunPark.

La Renaissance à Nuremberg, l’atelier d’Albrecht Dürer. Vue de l’exposition « PLAYMOBIL En avant l’Histoire ! » au monastère de Brou
voir toutes les images

La Renaissance à Nuremberg, l’atelier d’Albrecht Dürer. Vue de l’exposition « PLAYMOBIL En avant l’Histoire ! » au monastère de Brou, 2024

i

© Marine Bontemps

Les musées ont, eux aussi, succombé aux Playmobil. On trouve aussi bien le jouet dans leurs réserves (le musée des Arts décoratifs à Pari compte par exemple plusieurs exemplaires dans sa collection) que sur les rayons des boutiques, côtoyant les traditionnels catalogues d’expo et cartes postales. Fort d’un partenariat avec la marque, le Rijskmuseum propose ainsi des versions Playmobil de la Laitière de Vermeer, ou de la Ronde de nuit de Rembrandt ! De quoi honorer la devise du créateur de ces incontournables figurines : « Pas d’horreur, pas de violence inutile, pas de tendance à court terme ».

Arrow

Playmobil® : en avant l’Histoire !

Du 30 novembre 2024 au 26 janvier 2025

www.monastere-de-brou.fr

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi