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GUIDE

Petit tour de France des joyaux de l’art gothique

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Publié le , mis à jour le
Apparu au XIIe siècle en France, l’art gothique succède à l’art roman et se caractérise en architecture par la voûte sur croisée d’ogives et par l’arc-boutant. Les bâtiments s’élancent et s’élargissent pour accueillir toujours plus de lumière.

1. Sur les traces des rois dans la cathédrale de Reims reconstruite

Ils se sont presque tous fait sacrer en son sein : de Henri Ier jusqu’à Charles X en passant par Louis XIV, la cathédrale de Reims a vu défiler tous les rois de France au fil des siècles. Relativement épargné par les destructions de la Révolution française malgré son caractère royal, l’édifice actuel a vu sa première pierre posée en 1211 et ses travaux s’étaler sur trois siècles. Pendant la Première Guerre mondiale, sous les yeux effarés des Français, la cathédrale s’effondre sous près de 300 obus allemands et est détruite à 85 %. Dès 1919, l’architecte en chef des monuments historiques Henri Deneux s’emploie à sa restauration – celle-ci ne se terminera qu’en… 2019, par le nettoyage des sculptures du portail central. L’impression vertigineuse des trente-huit mètres de hauteur de la cathédrale est renforcée par l’étroitesse de la nef – le nez au ciel, on observe la richesse décorative des 2 303 statues. M.C.L.

Vue intérieure de la cathédrale de Reims
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Vue intérieure de la cathédrale de Reims

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© Photo René Mattes / HEMIS

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Cathédrale Notre-Dame de Reims

2. De la vie à la mort dans la basilique de Saint-Denis

Elle est la « dernière demeure des rois et reines de France » : la basilique de Saint-Denis a été construite sur un cimetière gallo-romain où reposait saint Denis, premier évêque de Paris martyrisé vers l’an 250. Accessible en métro depuis le centre de Paris, la basilique doit beaucoup à l’abbé Suger, qui entreprend, dans la première moitié du XIIe siècle, la reconstruction de l’église carolingienne pour lui apporter plus d’ampleur et de lumière, ainsi qu’au roi Louis IX et sa mère Blanche de Castille, qui poursuivent l’ouvrage au XIIIe siècle. La nef est repensée, élevée à trente mètres de hauteur et agrémentée d’un vaste transept pour accueillir les tombeaux des rois – avant que les révolutionnaires ne les profanent en 1793. Le chantier pour la reconstruction de la flèche nord, démontée en 1847 car fragilisée par des travaux de restauration, commencera en 2020 et durera onze ans. L’occasion de rencontrer forgerons et tailleurs de pierre qui animeront, de juin à octobre, des ateliers d’initiation ! M.C.L.

Vue intérieure de la basilique de Saint-Denis
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Vue intérieure de la basilique de Saint-Denis

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© Photo Gardel Bertrand / HEMIS

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Basilique cathédrale de Saint-Denis

3. La mieux conservée de toutes : la cathédrale de Chartres

Au XIIe siècle, la ville de Chartres connaît deux incendies destructeurs, en 1134 et 1194. Immédiatement après le deuxième, la cathédrale est reconstruite en un temps record : la nef est rebâtie avant 1210, les vitraux achevés en 1240 et l’ensemble se voit consacré en 1260. À l’œuvre, les mains expertes des « compagnons  », des ouvriers spécialisés réunis en confréries qui laissent sur la pierre quelques marques de leur passage en guise de signature. Longue de cent trente mètres, la cathédrale voit son clocher gothique culminer à cent quinze mètres de hauteur. Le chœur est le plus grand de France, et le transept, d’une longueur de soixante-trois mètres, le plus long. Malmenée par la foudre, les incendies involontaires et par les assauts des révolutionnaires, elle n’en reste pas moins la cathédrale la mieux conservée de l’Hexagone avec 90 % du gros œuvre originel, 80 % de ses sculptures (au nombre de 3 500) et plus de la moitié de ses vitraux ! M.C.L.

Le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Chartres
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Le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Chartres

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© Photo Arnaud Chicurel / HEMIS

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Cathédrale Notre-Dame de Chartres

4. En plein style bourguignon aux hospices de Beaune

Les touristes se rendent à Beaune spécialement pour les spectaculaires toits polychromes de ses hospices – et pour la célèbre vente de charité de ses domaines viticoles, rituel du troisième dimanche de novembre. Parés de tuiles vernissées colorées (rouges, brunes, jaunes et vertes, restaurées au tout début du XXe siècle selon des motifs inventés), cet hôpital a été fondé au XVe siècle par un couple de mécènes – le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins – pour accueillir et soigner les « pauvres malades ». Inauguré en 1452 et actif jusqu’au début des années 1980, le bâtiment est aujourd’hui devenu un musée qui présente l’ancienne activité hospitalière et de très belles œuvres d’art, dont le retable le Jugement dernier, créé entre 1445 et 1450 par le peintre flamand Rogier van der Weyden et autrefois présenté dans la chapelle des hospices. M.C.L.

Cour des hospices de Beaune
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Cour des hospices de Beaune

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© Photo F.Vauban / Beaune Tourisme

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Hospices de Beaune

5. Le palais des Papes d’Avignon, une leçon de taille

Sa cour d’honneur accueille tous les ans en juillet le spectacle inaugural du festival d’Avignon : superbe écrin de pierre, le palais des Papes est le plus grand bâtiment de l’architecture gothique avec plus de quinze mille mètres carrés de surface. Sa construction, débutée en 1335, a été impulsée par deux papes, Benoît XII et son successeur Clément VI, et a duré moins de vingt ans : mi-forteresse (le « vieux palais » de Benoît XII, construit sur le rocher des Doms) mi-palais (on visite notamment les anciens appartements et espaces de réception grandioses voulus par Clément VI dans ses travaux d’agrandissement), ce bâtiment à nul autre pareil a été le siège de la chrétienté d’Occident durant le XIVe siècle et conserve aujourd’hui de superbes fresques peintes par Matteo Giovannetti et Simone Martini. M.C.L.

Le palais des Papes à Avignon
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Le palais des Papes à Avignon

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© Photo Empreintedailleurs / Avignon tourisme

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Palais des Papes

6. Une cathédrale de verre cachée sur l’île de la Cité

Avec ses 1 113 vitraux de quinze mètres de haut, représentant autant de scènes de l’Ancien Testament, la Sainte-Chapelle est un éblouissement pour le visiteur qui la découvre pour la première fois. Niché au cœur de l’île de la Cité, derrière le Palais de Justice, elle est repérable à sa haute flèche maintes fois reconstruite jusqu’au XIXe siècle. Véritable bijou du gothique rayonnant (par opposition au gothique classique), l’édifice se trouve être lui-même un écrin conçu pour abriter les reliques acquises par le roi Louis IX – dont la Vraie Croix et la Sainte Couronne – suite au siège de Constantinople en 1204. Édifié en seulement sept ans, entre 1241 et 1248, la Sainte-Chapelle est une symphonie de couleurs et de formes élancées mêlant tous les arts du XIIIe siècle : sculpture, art du vitrail, peinture, orfèvrerie… La lumière pénétrant le lieu de toute part semble dilater l’espace et appeler à l’élévation spirituelle. Assister ici à un des multiples concerts régulièrement proposés est une expérience totale. F.G.

Vue intérieure de la Sainte Chapelle à Paris
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Vue intérieure de la Sainte Chapelle à Paris

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© Photo de Jean-François Deroubaix / HEMIS

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Sainte-Chapelle

7. Le gothique flamboyant au cœur de Paris au sein de la tour Saint-Jacques

Nous sommes entre 1509 et 1523 : le dôme de Florence a été construit par Filippo Brunelleschi en 1436, marquant le début de la Renaissance, mais Paris s’attarde. La tour Saint-Jacques, fier mais unique vestige de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie (détruite à la Révolution), en témoigne aujourd’hui avec splendeur. Ancien clocher de cinquante-quatre mètres de haut, la tour a été construite par Jean de Felin, Julien Ménart et Jean de Revier dans le style du gothique flamboyant – autrement dit, décoré d’éléments sculptés dans la pierre avec virtuosité. Cela dit, l’épure gagne et, avec elle, les premiers traits renaissants apparaissent : l’architecture se montre pour ce qu’elle est, sans disparaître derrière l’abondance d’ornements sculptés, et les prémices de l’arc en plein cintre se devinent dans les baies et les niches. Restaurée récemment, la tour se visite sur réservation – et la vue vaut le détour ! M.C.L.

Haut du clocher de style gothique de la tour Saint-Jacques à Paris
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Haut du clocher de style gothique de la tour Saint-Jacques à Paris

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© Photo Jean Heintz / HEMIS

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Tour Saint-Jacques

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