Diego Vélasquez, Portrait de l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, 1651-1654
Huile sur toile • 34,3 × 40 cm • Coll. Metropolitan Museum of Art
Pourquoi Diego Vélasquez (1599–1660) ne s’est-il pas imposé dans l’imaginaire collectif avec la même force que Léonard de Vinci, Pablo Picasso, ou Claude Monet, s’interroge le producteur et distributeur de cinéma Stéphane Sorlat. Cette injustice incompréhensible a poussé ce dernier à passer derrière la caméra pour réaliser « L’Énigme Vélazquez », qui sort en salles ce mercredi 26 février.
Dernier volet d’un triptyque réalisé en collaboration avec le musée du Prado et les Amis du Louvre – qui comprend aussi Le Mystère Jérôme Bosch (2016) et L’Ombre de Goya (2022) (réalisés par José Luis López-Linares) –, ce film brosse un portrait sensible du maître du Siècle d’or espagnol, dont la trajectoire nous est contée par la voix du comédien Vincent Lindon.
Diego Vélasquez, Les Ménines, 1656–1657
Huile sur toile • 320,5 × 281,5 cm • Coll. musée national du Prado, Madrid • © Photo Museo Nacional del Prado, Dist. RMN-GP / image du Prado
De l’Alcazar de Séville au Prado à Madrid, en passant par la France et les États-Unis, Stéphane Sorlat embarque le spectateur dans une déambulation poétique au cœur de l’œuvre du « peintre des peintres », tel que le surnommait Édouard Manet, en s’affranchissant des codes du documentaire classique. Au lieu d’une énième relecture de la biographie de Vélasquez, le réalisateur signe un film délicat et érudit, dont la narration est habitée par la métaphore de l’eau, menant habilement sa barque parmi les chefs-d’œuvre : Les Ménines (1656), Les Fileuses (vers 1657), sans oublier le fier portrait de Juan de Pareja (1650)…
Avec les mots de Miguel de Cervantes ou d’Ovide résonnent les analyses contemporaines de Guillaume Kientz, directeur de l’Hispanic Society of America (et commissaire de l’importante exposition Vélasquez au Grand Palais en 2015), de l’historien de l’art Bernard Marcadé ou encore de Diederik Bakhuÿs, conservateur au musée des Beaux-Arts de Rouen.
Soucieux de montrer l’héritage du maître chez les générations qui lui ont succédé, de Goya à Picasso, Stéphane Sorlat a aussi recueilli la parole d’artistes d’aujourd’hui : Cristobal Del Puey, Julian Schnabel, Raphaël Barontini… Chacun à sa manière livre alors son interprétation de « L’Énigme Velázquez », plus vivante et passionnante que jamais.
L’Énigme Velázquez
Réalisé par Stéphane Sorlat
France · 2024 · 90 min
Sortie le 26 février au cinéma
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