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Que nous réserve la Nuit Blanche ce samedi ?

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Ludmila Rodrigues & Mike Rijnierse, Sunset in Paris
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Ludmila Rodrigues & Mike Rijnierse, Sunset in Paris, Nuit blanche 2023

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Île Saint-Louis • © Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

Avis aux noctambules ! Événement incontournable de la création contemporaine, la Nuit Blanche revient ce samedi 1er juin avec une 23e édition placée sous le signe des territoires ultramarins, orchestrée par Claire Tancons. L’idée maîtresse de sa programmation artistique ? Non pas, du moins pas uniquement, d’inviter des artistes venus des Outre-mers, mais d’entraîner les visiteurs du soir à « penser à la dimension insulaire de Paris et archipélique de l’Île-de-France », et défendre un « art de la mondialité, plutôt que de la mondialisation », qui nous « transporte vers d’autres terres et ouvrent nos imaginaires ».

C’est d’ailleurs pourquoi la Nuit -Blanche débutera à 18h, et non à 19h comme la coutume le veut. « Car, à ce moment-là, il sera 19h à Mayotte ! » Une petite quinzaine d’œuvres s’empareront de Paris, mais aussi de Rouen, qui participe pour la troisième année consécutive à l’aventure.

Des pépites partout dans Paris

« Il est vraiment important de donner à voir ce en quoi la création artistique contemporaine s’empare de ces sujets historiques, et nous permet d’apporter une perspective à des problématiques contemporaines. »

Claire Tancons

Top départ au parc de Belleville. Là, l’artiste Marlon Griffith a pensé, après s’être intéressé de près à la récente crise de l’eau à Mayotte, une performance déambulatoire autour de l’eau, inspirée par un mythe japonais (« encore un archipel ! », sourit Claire Tancons). Dans le même parc, mais pas au même endroit ni à la même heure, Laura Henno projettera à 22h son film Koropa (2016), qui selon la curatrice « nous donne à expérimenter une traversée dangereuse et illégale dans l’archipel des Comores. C’est un film très beau, qui nous permet de nous transposer sensoriellement, de faire corps avec ces pays et territoires sous gouvernement français. »

Laura Henno, Koropa
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Laura Henno, Koropa, 2016

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Projection de film en continu au Parc de Belleville • © Laura Henno / galerie Nathalie Obadia, Paris-Bruxelles

Dans le 18e arrondissement, le square Louise-Michel se transformera le temps d’une soirée en scène pour Kaldûn Requiem ou le pays invisible, spectacle du metteur en scène Abdelwaheb Sefsaf, déjà passé par différents théâtres comme celui de Sartrouville (où la commissaire l’avait découvert, emballée) et dont la scénographie sculpturale, comme la dramaturgie articulée autour de révoltés communards, kabyles et kanaks, « narrent le lien entre Paris et les territoires de l’au-delà des mers ». La commissaire complète : « Il est vraiment important de donner à voir ce en quoi la création artistique contemporaine s’empare de ces sujets historiques, et nous permet d’apporter une perspective à des problématiques contemporaines. »

Une nuit d’art en Île-de-France, et même à Rouen

Autre projet scénique, cette fois-ci né d’une proposition de Claire Tancons pour le site de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris dans le 4e arrondissement : Lucioles, une performance opératique mise en scène par Astrid Bayiha. « Je suis venue vers elle en lui demandant de penser un lien entre deux ouvrages de l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau, ayant en tête l’idée de porter à la plus forte appréciation du public des textes qui permettent de problématiser la question ultramarine. »

Astrid Bayiha avec Stéphanie Coudert et Délie Andjembe, Lucioles
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Astrid Bayiha avec Stéphanie Coudert et Délie Andjembe, Lucioles, 2024

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Performance théâtrale et musicale à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris • © Stéphanie Coudert

Citons enfin le projet de Rouen, qui verra l’artiste martiniquaise Gwladys Gambie parcourir les rues de la capitale normande sur de hautes échasses, dans une robe créole traditionnelle couverte de motifs de cocotiers brodés… Une métaphore performative, qui entend selon la commissaire nous mettre « face à la nature, face aux catastrophes naturelles et humaines ».

Alors, prêts pour ce grand voyage nocturne ? N’oubliez pas de jeter un œil aux projets satellites qui se comptent par dizaines dans toute l’Île-de-France !

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Nuit Blanche 2024

Le samedi 1er juin à partir de 18 heures à Paris et à Rouen

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