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Attention ! La langue fourche aisément sur ce point : Singapour n’est pas une ville à proprement parler mais une île, de 730 km2, située entre la Malaisie et l’Indonésie. Ancienne colonie britannique, sept fois plus grande que Paris, déclarée indépendante en 1965, elle compte huit millions d’arbres pour six millions d’habitants, dont une large majorité de Chinois. Seulement 10 % de la population possède une voiture. Interdiction de fumer ou de mâcher un chewing-gum dans la rue ! Bon à savoir : les quatre langues officielles sont le malais, l’anglais, le mandarin et le tamoul. Sans oublier le singlish, un dialecte plus confidentiel…
La cité-État manque de ressources naturelles ; ce qui ne l’a pas empêché de devenir un modèle de sécurité, d’urbanisme et de tourisme. Outre l’iconique Raffles, vestige de l’époque coloniale ouvert en 1887 par deux frères arméniens et premier-né du groupe éponyme, Singapour abonde en hôtels de luxe écoconçus par d’illustres architectes. Sa cinquantaine de musées et sa foire d’art contemporain, Art SG, la plus importante en Asie du Sud, en font un point de chute de plus en plus prisé par les aficionados de culture et d’histoire.
Illuminations de nuit de la façade du musée Peranakan dont les collections explorent la culture d’Asie du Sud-Est
Courtesy Peranakan Museum
Les Peranakan sont des couples mixtes, reflétant la fusion de la communauté malaise avec une vague d’immigrés chinois, indiens, arabes, européens… De ces unions, officiées entre le XIVe et le XVIIe siècles, est née une culture haute en couleur dont rendent compte les collections du musée Peranakan de Singapour (costumes traditionnels, mobilier, archives…), institution nichée dans un bâtiment de style moitié Renaissance moitié néoclassique. Il n’existe aucun autre établissement traitant de ce sujet dans le monde. Son inauguration remonte au 25 avril 2008. À l’affiche, en ce moment, une exposition consacrée aux papiers de soie japonais servant à emballer des cadeaux. On les appelle fukasa.
Facade de l’hotel AMOY situé dans un ancien temple chinois
Courtesy Far East Hospitality
À l’emplacement du musée Fuk Tak Chi, ancien temple et siège des communautés hakka et cantonaise au début du XIXe siècle, se trouve désormais l’hôtel AMOY, qui ouvre une fenêtre émouvante sur le passé migratoire de Singapour. C’est là que les Coolies, les Towkays et les Swaylos venaient déposer des offrandes aux dieux leur ayant permis de quitter l’empire du Milieu sains et saufs. Sur 37 chambres au total, aucune ne se ressemble, mais chacune porte le nom d’une famille chinoise ; une invitation à se sentir comme à la maison.
Hôtel AMOY
76 Telok Ayer Street, Singapour 048464
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’hôtel AMOY.
Courriel : info.amoy@fareast.com
Hôtel : +65 6580 2888
Hall historique de l’ancienne Cour Suprême située dans le bâtiment du musée national de Singapour
© National Gallery Singapore / Photo Darren Soh
Le musée national de Singapour occupe l’ancienne cour suprême et l’ancien hôtel de ville de l’île, deux bâtiments chargés d’histoire. Forte de quelque 8 000 pièces d’art moderne, l’institution fêtait ses 135 ans en 2022. Boschbrand (Feu de forêt) (1849) de Raden Saleh, tableau qui représente des animaux sauvages poussés par des flammes au bord d’un précipice, compte, tout comme les œuvres de Nguyen Trung, Sudjana Kerton, But Muchtar, et Fua Haribhitak, parmi les trésors à découvrir ou redécouvrir sur place. Depuis 2008, elle accueille aussi le Singapore Night Festival, le plus grand spectacle de sons et lumières d’Asie.
Façade du restaurant Roia situé dans le Jardin botanique de Singapour
© Interface Tourism Group
Au cœur du jardin botanique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se dresse l’ancienne demeure coloniale du scientifique anglais Eldred John Henry Corner, laquelle abrite désormais une table d’un extrême raffinement. Aux fourneaux, Priyam Chatterjee puise son inspiration dans la végétation qui l’entoure et dans les références de son enfance. Avant de poursuivre une carrière dans la restauration, le chef français jouait de la batterie et peignait à ses heures. Il voue une admiration sans bornes à Vincent van Vogh et Damien Hirst. Le « visuel » de ses plats évoquent pour certains le dripping de Jackson Pollock.
Autre option pour se régaler, Singapour regorge d’aires de restauration en plein air ou semi-couvertes. Contrairement aux food courts détenus par des compagnies privées, les hawker centres sont gérés par le gouvernement. Parmi les plus célèbres, le Maxwell Food Centre regroupe une centaine de stands, dont certains réputés pour leur chicken rice (riz frit au poulet). Sans oublier le Tiong Bahru Food Centre, ouvert dans les années 1950 ; et Lau Pa Sat, niché dans un bâtiment octogonal du XIXe siècle.
Façade du Red Dot Design Museum situé dans le quartier Marina Bay
Courtesy Reddot design museum
Gare à la confusion ! Il n’y a absolument aucun rapport entre le « Little Red Dot » (« le petit point rouge »), énième surnom de Singapour, et le Red Dot Museum, créé dans les années 1950 en Allemagne afin d’exposer les lauréats du prix éponyme. Le petit frère de l’institution germanique, ouvert en 2005 dans le quartier de Marina Bay, présente les prototypes d’inventions censées nous faciliter la vie (ustensiles, lunettes, assises aux lignes originales et épurées…). Autre forme d’ironie : le fonds singapourien comporte un distributeur de chewing-gums dernier cri. Dire qu’il est interdit d’en consommer en ville depuis 1992…
Red Dot Design Museum - Singapour
Lun - Ven : 11h à 19h
Sam - Dim : 10h à 19h
+65 6514 0111
11 Marina Boulevard • 018940 Singapore
museum.red-dot.sg
Façade du centre commercial Design Orchard conçu par le cabinet WOHA Architects
© Interface Tourism Group
Derrière une façade pour le moment fuchsia se cache le meilleur endroit pour s’imprégner de la mode et de l’artisanat singapouriens. Dessiné par le cabinet WOHA Architects, Design Orchard rassemble une centaine de marques locales (vêtements, accessoires, produits de beauté…), passées au peigne fin. Le casting change tous les six mois. Dans les étages supérieurs, privés, se trouvent des bureaux, une matériauthèque, des ateliers de couture réservés à des apprentis créateurs. Sur le toit, auquel mènent des escaliers accessibles depuis la rue, se déploie un jardin public où il fait bon rêvasser.
Design Orchard
250 Orchard Road, Singapour 238905
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Design Orchard.
Vue de nuit du Garden by the Bay et des « Supertrees » imaginés par le cabinet d’architecture britannique Grand Associates. À l’arrière-plan, le Marina Bay Sands situé face à la baie
© Interface Tourism Group / Photo Edward Tian
Divisé en trois jardins, eux-mêmes jalonnés d’œuvres d’art (Yayoi Kusama, Bruno Catalano, Lee Kuang-Yu…) et de pièces de design, Gardens by the Bay est un parc naturel urbain d’une centaine d’hectares, conçu par le cabinet Grand Associates. Du haut de ses 20 000 espèces végétales, ce site ouvert en 2012 s’inscrit dans le dessein gouvernemental de végétaliser au maximum Singapour. Il s’articule autour de douze « Supertrees », arbres artificiels qui abritent 162 900 plantes, recyclent l’énergie solaire et structurent un spectacle de sons et lumières à découvrir tous les jours à la tombée de la nuit. Le plus haut offre un panorama époustouflant sur Marina Bay Sands, complexe commercial et hôtelier de 2 560 chambres, devenu un véritable point de repère pour les habitants de la cité-État.
Gardens by the Bay
18 Marina Gardens Drive, Singapour
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site des Gardens by the Bay.
À gauche, vue du complexe résidentiel « Reflection » par Daniel Libeskind (2011) situé dans la baie Keppel. À droite, le gratte-ciel de l’hôtel Oasia Downton par WOHA Architects (2016)
© Interface Tourism Group / © Far East Hospitality
En route pour appréhender les plus belles architectures de Singapour ! À commencer par l’Oasia Hotel Downtown, bâtiment rouge (désormais recouvert de plantes grimpantes) conçu par l’agence WOHA et décoré par la designer espagnole Patricia Urquiola. The Hive (« la Ruche ») du Britannique Thomas Heatherwick se distingue sur le campus de l’Université de Nanyang par sa forme multi-cylindrique, presque tourbillonnante. L’Henderson Waves s’impose comme la passerelle piétonne la plus haute de la cité-État (36 mètres de haut). Le Marina One Residences, où cohabitent appartements, bureaux et commerces, est l’œuvre de l’architecte allemand Christoph Ingenhoven. La liste est encore longue !
Les plus belles tours
Oasia Hotel Downtown – 100 Peck Seah St, Singapour 079333
The Hive (Learning Hub South – LHS) – 52 Nanyang Ave, Singapour 639816
Henderson Waves – 221 Henderson Road Henderson Building, Singapour 159557 Singapour
Marina One Residences – 21 Marina Wy, Singapour 018978
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