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Archive vidéo : quand Keith Haring donnait sa dernière interview à la télé française

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Janvier 1990, Keith Haring est de passage à Paris pour inaugurer son exposition dans une galerie de Saint-Germain-des-Prés. Quelques jours après, le voilà à la télévision, répondant aux questions de Thierry Ardisson dans « Lunettes noires pour nuit blanches » : ce sont les dernières apparitions publiques de l’artiste. Trois semaines plus tard, le « Michel-Ange du métro new-yorkais » décède des suites du sida.

« Les gens ne pensent qu’à une seule chose lorsqu’ils entendent le mot ‘graffiti’. En fait, j’ai fait des tas de trucs différents ! », rappelle d’emblée Keith Haring. Malgré la fatigue physique qu’il peine à dissimuler, l’artiste se livre avec sincérité sur son ascension fulgurante entamée en 1980.

Un artiste au cœur de l’underground new-yorkais

Le métro « était l’endroit idéal pour montrer mon travail. […] Des centaines de milliers de personnes passaient chaque jour devant mes dessins. »

Inspiré par l’esprit psychédélique de William S. Burroughs et l’art de Pierre Alechinsky, il dessinait alors à la craie dans les espaces publicitaires laissés vides dans les couloirs du métro new-yorkais : « C’était l’endroit idéal pour montrer mon travail. […] Des centaines de milliers de personnes passaient chaque jour devant mes dessins. »

Keith Haring évoque également face à Ardisson ses affinités avec la scène underground new-yorkaise, qui avait pour port d’attache East Village, mais aussi son amitié avec Jean-Michel Basquiat ou bien sûr Andy Warhol, qu’il a d’abord rencontré « en tant que fan, pour un autographe », et avec qui il a partagé de nombreux points communs, notamment dans la manière « d’aborder l’art et la vie ».

« Je crois que le marché de l’art est complètement fou en ce moment ! »

L’artiste revient aussi sur son attachement à la scène française, en particulier aux membres de la figuration libre – Hervé Di Rosa, Robert Combas, François Boisrond, Rémi Blanchard, Louis Jammes – avec qui il partage une certaine proximité artistique. « Un artiste complet », ainsi se définit-il du haut de ses 31 ans. Plus de dix ans après son entrée fracassante sur la scène artistique internationale, il s’étonne encore du prix auquel s’envolaient alors ses œuvres : « 25 000 dollars pour un petit dessin dédicacé […] Je crois que le marché de l’art est complètement fou en ce moment ! » Autant dire une bouchée de pain si l’on compare aux montants d’aujourd’hui…

Retrouvez dans l’Encyclo : Keith Haring

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