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Exposition imaginaire

Entre fantasme, tabou et revendication politique… Le sexe dans tous ses états

le 30 juillet 2020 à 19h07

Sexe : La seule évocation de ce mot court à la syllabe sifflante – presque une onomatopée – suscite un flot d’émotions, d’images et de pensées plus ou moins avouables. Sexe qui prête à sourire, à rire, qui provoque gêne ou honte, entraîne pudeur ou désir, nous laisse sans voix ou nous rend particulièrement loquace. Caché, censuré, assumé ou exhibé, masculin, féminin, sinon les deux, objet de controverse, de passion, de commerce, il se trouve évidemment au cœur de la création. Petite précision (de taille) : nous parlons ici non pas du sexe que l’on pratique, mais bien de celui que l’on possède tous dès la naissance, qui définit (en partie du moins) notre individualité. Comment les artistes, depuis la nuit des temps, représentent-ils cet organe, comment l’envisagent-ils ou redoublent-ils d’imagination pour l’évoquer quand il est interdit ? Que révèle-t-il des mœurs et tabous de la société ou de leur propre intimité ? Cette exposition imaginaire cherche à envisager le sexe sous tous les angles, historique, esthétique, politique, tragique, humoristique et extatique.

Sculptures murales d’inspiration tantrique
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Sculptures murales d’inspiration tantrique

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Sous les auspices de Shiva, l’amour se pratique à plusieurs et dans toutes les positions possibles.

Au temple Kandarîya Mahadeva, construit entre 1025 et 1050 à Khajurâho (Inde) • © Ivan Vdovin / Christophel

Nous y voilà, il fallait bien que cela arrive, que la rencontre ait lieu. Mais pas n’importe comment. En guise d’épilogue, on parlera d’orgasme et de sexe transcendental – ou comment atteindre la plénitude absolue. D’abord en s’inspirant de l’hindouisme où le corps est utilisé pour personnifier des concepts, avec en maître de cérémonie Shiva, incarnation parfaite de la dichotomie entre ascétisme et érotisme puisqu’il est glorifié pour son renoncement au désir tout en le suscitant.

Les figures sensuelles et les scènes d’amour qui ornent les temples doivent être interprétées dans leur rapport avec l’énergie divine. Et le Kamasutra doit aussi être analysé comme une allégorie de l’union au divin, l’art étant considéré comme l’intermédiaire privilégié entre le sacré et l’humain, voie idéale à emprunter donc pour connaître l’extase. Une idée que ne renierait pas Dorothy Iannone, adepte de la philosophie de l’Éros et militante de la libération sexuelle, qui donne une dimension mystique à la jouissance sexuelle.

Hokusai, Adonis, rosée sur les herbes de l’amour

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Réputé pour la beauté des paysages et des personnages de ses ukiyo-e, « images du monde flottant », de l’époque Edo, Hokusai (1760–1849) s’est aussi illustré dans l’art du shunga, ces estampes dites érotiques à caractère parfois franchement pornographique.

Gravure sur bois, conservée au Museo d’Arte Orientale Edoardo Chiossone de Gênes • 25x37 cm • © Akg-images / mandadori Portfolio / Sergio Anelli

Dorothy Iannone, I Begin to Feel Free, 1970

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Féministe politiquement incorrecte, l’artiste née en 1933 célèbre les joies de l’amour physique, entre art brut et pop art.

Peinture acrylique sur toile et collage • 190x150 cm • Photo Jochen Littkemann / Courtesy Dorothy Iannone / et Air de Paris, Romainville

Pour clore les ébats, délectons-nous d’une estampe signée Hokusai, magnifique exemple de shunga, ces visions érotiques mettant en scène des couples copulant, où les sexes féminins sont pareils aux flots d’un océan déchaîné et les phallus à des excroissances végétales dégénérées, avec des dialogues coquins intégrés à l’image. Le caractère subversif de ces productions ne se situe pas au niveau des organes génitaux comme on pourrait le croire, mais dans l’expression du plaisir partagé, visible sur le visage. Le fait de montrer un moment d’abandon total à l’autre : là se trouve le summum de l’érotisme. Et si, finalement, le dernier tabou résidait dans le sentiment amoureux et les émotions incontrôlables qu’il provoque ?

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