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Exposition imaginaire

Entre fantasme, tabou et revendication politique… Le sexe dans tous ses états

le 30 juillet 2020 à 19h07

Sexe : La seule évocation de ce mot court à la syllabe sifflante – presque une onomatopée – suscite un flot d’émotions, d’images et de pensées plus ou moins avouables. Sexe qui prête à sourire, à rire, qui provoque gêne ou honte, entraîne pudeur ou désir, nous laisse sans voix ou nous rend particulièrement loquace. Caché, censuré, assumé ou exhibé, masculin, féminin, sinon les deux, objet de controverse, de passion, de commerce, il se trouve évidemment au cœur de la création. Petite précision (de taille) : nous parlons ici non pas du sexe que l’on pratique, mais bien de celui que l’on possède tous dès la naissance, qui définit (en partie du moins) notre individualité. Comment les artistes, depuis la nuit des temps, représentent-ils cet organe, comment l’envisagent-ils ou redoublent-ils d’imagination pour l’évoquer quand il est interdit ? Que révèle-t-il des mœurs et tabous de la société ou de leur propre intimité ? Cette exposition imaginaire cherche à envisager le sexe sous tous les angles, historique, esthétique, politique, tragique, humoristique et extatique.

Valie Export, Aktionshose : Genitalpanik
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Valie Export, Aktionshose : Genitalpanik, 1969

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Performeuse, vidéaste, photographe, Valie Export interroge les notions de genre et d’identité, déconstruisant les clichés de la représentation du sexe féminin.

Auto-mise en scène, photographie sur aluminium • Photo Peter Hassmann / © Valie Export / ADAGP Paris 2020 / Courtesy VALIE EXPORT / Gallerie Thaddeus Ropac, Paris

Fini de jouer, place aux revendications politiques en tout « genre ». De genre, il en est précisément question dans cette nouvelle session envahie d’entrée de jeu par une armée de vulves en terre cuite prêtes à envahir le monde, menée par Hannah Wilke. Avec elle, en tête de cette grande marche féministe, les performeuses Marina Abramović en tenue d’Ève et Valie Export armée d’une mitraillette et pubis apparent, qui cassent les clichés sexistes à coups de performances choc et s’imposent sur le devant de la scène.

Plus question de se taire ou de cacher la réalité des corps. Menstruations, clitoris (seul organe dont la fonction unique est de procurer du plaisir), sculptures de forme vulvaire et autres réalités organiques : la création au féminin s’affirme et s’émancipe, n’hésitant pas à détourner un savoir faire réputé féminin – celui du textile, du tissage et de la broderie – pour en faire le support de ses revendications. Ghada Amer déconstruit les stéréotypes phallocrates en les brodant à l’infini, l’utérus en tissu d’Annette Messager fait un doigt d’honneur au système patriarcal quand Tschabalala Self, en jouant de la technique du collage, dénonce l’oppression du corps féminin. Sans oublier Magdalena Abakanowicz qui expose son Abakan Red écarlate et Sheila Pepe qui suspend au plafond des installations de cordages enchevêtrés dessinant une vulve.

Annette Messager, Utérus doigt d’honneur 2, 2020

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« Tout mon travail parle de fragments et de morceaux de corps. Le corps comme une géographie amoureuse, ce n’est pas le corps souffrant », expliquait récemment à France Culture la plasticienne aux multiples visages.

Tissus, acrylique, éléments divers • 67x59x13 cm • Photo studio Annette Messager / © Annette Messager / ADAGP Paris 2020 / Courtesy Annette Messager et Marian Goodman Gallery, New York, Paris, London

Robert Mapplethorpe, Man in Polyester Suit, 1980

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Considérée comme l’une des photographies les plus abouties de Mapplethorpe, cette image fut la cible de conservateurs américains, qui l’ont taxée d’ « art dégénéré ».

Epreuve gélatino-argentique • © Robert Mapplethorpe Foundation. Used with permission / Courtesy Gallery Thomas Schulte, Berlin

Le sexe se veut politique. Il brandit les étendards des luttes pour l’égalité menées par les femmes, homosexuel(le)s, transgenres et intersexes. Dans une de ses photographies noir et blanc à l’esthétisme ouvertement gay, Mapplethorpe fait surgir d’un élégant complet un imposant sexe échappé d’une braguette. Hoist, vidéo de Matthew Barney, montre aussi un pénis plein écran, celui d’un homme-objet, robot fabriqué de toutes pièces pour satisfaire les appétences d’une société déshumanisée.

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