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Grand Palais

Gauguin l’ensorceleur et ses figures obsédantes

le 16 octobre 2017 à 15h10

Jeune femme au visage animal, double maléfique ou divinité polynésienne androgyne, des figures récurrentes hantent l’œuvre du peintre aventurier. Du Pouldu aux Marquises, une exposition au Grand Palais tente d’en percer le mystère, tous médiums confondus. Décryptage.

Jeune femme au visage animal, double maléfique ou divinité polynésienne androgyne, des figures récurrentes hantent l’œuvre du peintre aventurier. Du Pouldu aux Marquises, une exposition au Grand Palais tente d’en percer le mystère, tous médiums confondus. Décryptage.

Bien sûr, il y a la période bretonne. Évidemment, les peintures polynésiennes. On le sait moins, mais Paul Gauguin (1848–1903) est aussi l’auteur de plus de 150 sculptures et 200 estampes stupéfiantes par leur audace formelle et leur raffinement matériel. Autodidacte assumé, libre et aventureux, l’homme a suivi son instinct sans hésiter et a fait siennes diverses pratiques artistiques, puis les a renouvelées sans jamais s’embarrasser d’une quelconque doxa. Dès le départ, il a revendiqué la dimension polymorphe de son travail. « Examinez [mes tableaux] en même temps que le bois et que la céramique. Vous verrez que cela se tient ensemble », écrit-il à son marchand Théo Van Gogh (frère de Vincent), en 1889. Suivre les recommandations de l’artiste, confronter les différents domaines de la création auxquels il s’est essayé et montrer comment son œuvre a ouvert le champ des possibles et la voie à l’art moderne, voilà ce que propose le Grand Palais. « Parmi les questions que soulève cette exposition, il y a ce que la pratique d’un médium lui apprenait pour l’adapter à celle d’un autre médium ». D’où cette approche « peu orthodoxe, dépourvue de préjugés et innovatrice », souligne l’historien de l’art Dario Gamboni, dont les travaux ont inspiré le parcours de l’exposition. Gauguin s’y révèle en véritable « alchimiste », doté d’« une capacité exceptionnelle à transfigurer les matériaux », résume l’une des trois commissaires, Ophélie Ferlier-Bouat.

Le peintre s’est employé avec toute la pugnacité dont il était capable à créer une œuvre d’art totale, dans laquelle formes et motifs se transforment et se régénèrent. « Sa pratique de multiples modes d’expression artistique par l’hybridation est une stratégie de création – mais aussi de communication, sur son œuvre et sur lui-même –, qui préfigure par bien des aspects un phénomène fondamental dans la production des cent dernières années : la disparition des distinctions traditionnelles entre les genres », ajoute Gloria Groom, autre commissaire de cet événement très attendu. Et de conclure : « Si Gauguin continue de fasciner, c’est en raison du caractère imprévisible et contradictoire de son art, varié dans ses techniques, ses formes et ses contenus. » Il n’y a qu’à décrypter trois grandes figures récurrentes et emblématiques de son œuvre pour s’en convaincre. Démonstration.

Retrouvez dans l’Encyclo : Paul Gauguin

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