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Saint-Nazaire

5 œuvres engagées pour un monde plus écologique et égalitaire à découvrir dans une expo

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Voilà de quoi nous donner de l’énergie ! Au Grand Café – centre d’art contemporain de Saint-Nazaire, les œuvres jouent avec l’eau, l’électricité, nous parlent de l’énergie solaire, du gaz et de nos déchets… En nous interrogeant : comment sont distribuées nos énergies ? Pourquoi tout le monde n’y a pas accès ? Contestataires ou utopiques, en voici cinq, du dessin à la performance, ingénieuses et énergisantes.

Il est grand temps de changer nos habitudes, de renverser notre système capitaliste qui vise la surproduction au péril de notre environnement et d’une juste distribution des ressources. C’est ce que nous dit l’exposition « Power Up », dans laquelle les artistes (surtout des femmes), de Gina Pane à Marielle Chabal, ont espéré, parfois même imaginé un monde plus juste et écologique.

Emportées par le concept, les commissaires Géraldine Gourbe et Fanny Lopez (philosophe et historienne de l’architecture et des techniques) ont doublé l’exposition d’un volet à la Kunsthalle de Mulhouse. La différence ? En Alsace, où se trouve la centrale de Fessenheim, c’est l’énergie nucléaire qui est évoquée alors qu’à Saint-Nazaire, l’exposition portée par la directrice du Grand Café, Sophie Legrandjacques, se tourne vers l’énergie solaire.

1. Lou Masduraud : un système submergé

Lou Masduraud, WET MEN
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Lou Masduraud, WET MEN, 2022

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Vue de l’exposition Mayday, Bâle, 2022 • Photo Moritz Schermbach / Courtesy Lou Masduraud

Des robinets en grès émaillés qui rappellent des formes phalliques ruissellent au-dessus de barils — le tintamarre de l’eau intrigue dès l’entrée de l’exposition. Un maillot mouillé, des chaussettes trempées ici et là, un torse évidé en céramique qui sert de fontaine : c’est l’esprit des bains-douches pour dockers que la jeune artiste Lou Masduraud (née en 1990) tente de retranscrire avec cette installation, où dégouline une représentation viriliste associée au travail des corps ouvriers — plus vulnérables qu’il n’y paraît, tente-t-elle de nous dire avec le titre de son œuvre Wet Men, soit « hommes mouillés » en anglais. Les robinets sont disloqués, les tuyaux désarticulés comme pour signifier la défaillance d’un réseau.

2. Tatiana Trouvé : l’angoisse énergétique dessinée

Tatiana Trouvé, Sans titre, série Intranquility
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Tatiana Trouvé, Sans titre, série Intranquility, 2010

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Crayon noir et liège collé sur papier marouflé sur toil • 153 × 240 × 3 cm • © Tatiana Trouvé / Photo Fabrice Gousset / Courtesy Gagosian, Paris-New York

Une chambre tel un grand espace vide, doté d’un lit deux places et d’une douche, sans cloison. Mais de part et d’autre, à la place des tables de chevet : une chaudière et deux imposantes bombonnes. Le danger plane… Émanation de gaz toxiques, incendies et même explosions, ces équipements que l’on ne remarque plus dans les rues, les bâtiments, sont au cœur de notre intimité, au plus près de nos corps sur cet immense dessin au crayon noir de Tatiana Trouvé (née en 1968) de plus de deux mètres de large. L’œuvre fait partie de la série « Intranquility » – fruit d’une angoisse souterraine qui nous gagne et nous invite à réfléchir à d’autres alternatives, à la fois plus sécurisantes et écologiques.

3. Marielle Chabal : une cité libertaire où règne la justice sociale

Marielle Chabal, Al Qamar
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Marielle Chabal, Al Qamar, 2019

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Vidéo couleur • 41 min 17 sec

À Jéricho, dans le désert, depuis que des hackeuses féministes ont provoqué l’effondrement du système capitaliste, une cité libertaire nommée Al Qamar (tiré du Coran, le nom signifie « l’heure approche et la lune s’est fendue ») s’est érigée sur les restes d’une base militaire israélienne. La réalisatrice et chercheuse Marielle Chabal (née en 1988) s’est entourée de nombreux profils (architectes, réalisateurs, musiciens) pour imaginer un nouveau modèle sociétal écologique. Résultat : une île fantastique aux coloris acidulés, aux infrastructures parfois déroutantes (musée, hammam, morgue, centre de clonage et d’insémination artificielle…) gagnée par une jeunesse « woke ». Cette utopie – ou dystopie, à vous d’en juger – est révélée dans l’exposition sous forme de maquettes et de vidéos à la fois poétiques et politiques. L’artiste évoque la nécessité d’un « reset » — une réinitialisation.

4. Jeanne-Marie et Georges Alexandroff : l’utopie solaire

Jeanne-Marie et Georges Alexandroff, Architectures et climats : Soleil et énergies naturelles dans l’habitat
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Jeanne-Marie et Georges Alexandroff, Architectures et climats : Soleil et énergies naturelles dans l’habitat, 1982

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Editeur : Berger-Levrault

Avez-vous déjà entendu parler de Jeanne-Marie et Georges Alexandroff ? Ce couple d’architectes français a dessiné d’incroyables cités solaires dès les années 1970, dont deux exemples — qui semblent tirés d’une BD de science-fiction — sont dévoilés sur écrans au Grand Café de Saint-Nazaire : on y voit une tour distribuer l’énergie solaire à l’ensemble d’une ville circulaire équipée de panneaux solaires, d’éoliennes… Les équipements abondent pour permettre « dans des climats favorables de créer des complexes agro-artisanaux et même de véritables cités solaires auto-énergétiques », écrivent-ils, sensibles au moindre détail, du jardins clos aux immenses chauffe-eau solaires. Tout réinventer pour vivre autrement.

5. Mierle Laderman Ukeles : rendre visibles les éboueurs

Mierle Laderman Ukeles, Touch Sanitation
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Mierle Laderman Ukeles, Touch Sanitation, 1977

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Photographie couleur • 40,6 × 61 cm • Coll. 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, Metz • © Mierle Laderman Ukeles

En 1980, l’artiste féministe Mierle Laderman Ukeles (née en 1939) a serré la main des 8 500 éboueurs qui œuvrent au bon fonctionnement du réseau tentaculaire de collecte et traitement des déchets de la ville de New York. Cette performance, inscrite dans le projet « Touch Sanitation » (1977–1980), cherchait à valoriser ces individus (pour la plupart racisés) au travail précaire et souvent dénigré. Elle leur écrit directement dans une lettre ouverte : « Vous êtes l’archétype de l’homme du XXIe siècle. Vous travaillez déjà d’une manière innovante que bientôt nous devrons tous adopter sur notre planète Terre, à l’heure où les ressources naturelles et budgétaires de nos villes sont de plus en plus limitées ». De quoi méditer sur les métiers jugés essentiels pour la planète.

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Power Up — Saint-Nazaire

Du 9 février 2024 au 12 mai 2024

www.grandcafe-saintnazaire.fr

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Power Up, imaginaires techniques et utopies sociales

Du 16 février 2024 au 28 avril 2024

kunsthallemulhouse.com

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