En partenariat avec Ville de Gif-sur-Yvette

Nøne Futbol Club, Work n°076 : Push me, 2024
© Nøne Futbol Club, ADAGP 2024
Oubliez la performance, le dépassement de soi et l’esprit de compétition. L’heure est au jeu, à l’amusement, et même au repos : c’est le parti pris insolite de la commissaire Julie Sicault Maillé pour cette exposition sur le sport, dévoilée dans le très bel écrin XIXe siècle qu’est le château du Val Fleury, à trois pas du RER.
Là, une quinzaine d’artistes de tous horizons, motivés par le thème (certains d’entre eux ayant même hésité avec une carrière d’athlète !), ont parfois conçu des œuvres spécialement pour l’exposition, s’interrogeant sur la place du sport dans notre société, sans manquer d’humour.
Gaëlle Choisne, Temple of love – Atopos, Snails party, 2021
© ADAGP, Paris 2022 – Photo © Aurélien Mole Courtesy l’artiste et Air de Paris, Romainville – Vue d’exposition : Temple of love – Atopos, MAC VAL 2022
De la pâte rose collée à la structure tels de vieux chewing-gums, un branchage sortant d’un tube métallique… Cette machine d’entraînement de gymnastique semble directement importée d’un parcours de santé jusqu’à la première salle du Val Fleury, à un détail près : à l’extrémité, un écran diffuse un film réalisé par Gaëlle Choisne (née en 1985) sur lequel deux escargots se déplacent à leur rythme. Le sportif, happé par cette danse nonchalante, ralentit inconsciemment la cadence. Voilà une apologie de la lenteur bienvenue en cette période préolympique, que chacun pourra expérimenter, l’œuvre faisant partie d’une grande série intitulée « Temple of Love » qui vise à désacraliser l’art par la participation du visiteur.
Thomas Wattebled, À gauche : « Rien ne m’est plus » ; À droite : « Citius altius fortuito », 2021
À gauche : ©Thomas Wattebled et A.S. Velasca ; À droite : © Thomas Wattebled, ADAGP, Paris 2024
Chaque année, le club de football milanais A.S.Velasca, fondé en 2015 par l’artiste franco-italien Wolfgang Natlacen, invite un artiste à dessiner son matériel et ses goodies. En 2016, c’est au tour de Thomas Wattebled (né en 1990), qui a longtemps hésité à s’inscrire en licence Staps avant d’étudier à l’École supérieure des beaux-arts d’Angers, de donner libre cours à sa créativité. Résultat : d’étonnantes écharpes de supporters sur lesquelles se lisent des références à l’histoire de l’art telles que « cosa mentale » en hommage à Léonard de Vinci qui considérait la peinture comme une « chose mentale », ou « Zang Tumb Tumb » titre sonore du livre d’artiste conçu par le fondateur du futurisme italien Filippo Tommaso Marinetti en 1913. L’occasion de fêter l’art depuis les gradins.
Magali Desbazeille, Le jeu des big-trophées, 2024
© Magali Desbazeille, ADAGP, Paris 2024 – Photo © Hervé Véronèse, production Centre Pompidou et ville de Gif-sur-Yvette
L’artiste-performeuse Magali Desbazeille (née en 1971) a inventé spécialement pour le parcours Le Jeu des Big-Trophées, une œuvre d’art participative qui incite à piocher des trophées contenus dans des bacs et à les enfiler sur deux sculptures entamées par la seule force de nos pouces (clin d’œil aux likes des réseaux sociaux). Un exemple complété par l’artiste, de plus d’un mètre cinquante de hauteur, dévoile ainsi la qualité plastique de ces objets de compétition souvent fabriqués à l’aide de matériaux nobles, socles en marbre ou coupes en laiton, qui transpirent l’effort et la gagne. À vous de jouer !
Yassine Boussaadoun, Lancer de poids artistique, Vidéo-performance, série « La Cinémate© », 2021–2024
© Yassine Boussaadoun, ADAGP, Paris 2024 – Installation : Production ville de Gif
On ne peut s’empêcher de rire devant la vidéo de Yassine Boussaadoun (né en 1989) dans laquelle l’artiste, accompagné d’un concurrent, se tord en cherchant une pose esthétique sur une estrade avant de lancer son poids, tel un concours du meilleur Discobole, cette fameuse statue de l’Antiquité représentant un athlète nu sur le point de lancer un disque. Le tout est commenté par des « professionnels » de cette discipline faussement olympique dont les règles du jeu décrites à côté permettront aux plus motivés de s’y essayer. Ici, l’artiste cherche à rapprocher la performance sportive de la performance artistique, toutes deux propices à « l’exaltation, l’emportement, l’hyperconcentration ». À méditer.
© Stéphane Vigny, Table de ping-pong en rusticage (croquis)
© Stéphane Vigny, ADAGP 2024, production ville de Gif
Il suffit d’emprunter à l’accueil du musée des raquettes et des balles pour pouvoir jouer sur la table de ping-pong sculptée par Stéphane Vigny (né en 1977) dans le jardin du Val Fleury. Cette merveille de rusticage fait référence à la tendance rocaille du XVIIe, adepte d’imitation de roches, de coquillages et de bois. On peine d’ailleurs à la repérer de loin tant les piétements sont semblables à des branchages. Le musée, séduit par ce pied-de-nez aux exemplaires bétonnés des cités, a décidé de la conserver pour admirer la végétation y grimper, au plus grand bonheur des promeneurs !
Ça va être sport !
Du 23 avril 2024 au 7 juillet 2024
Du mardi au samedi de 14h à 18h
Dimanche de 14h à 18h30
Entrée libre
Le Val Fleury • Allée du Val Fleury • 91190 Gif-sur-Yvette
www.ville-gif.fr
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