En partenariat avec Musée Toulouse-Lautrec

Henri de Toulouse-Lautrec, Divan Japonais, 1892
Lithographie • 81,7 x 60,8 cm • © cliché F.Pons, musée Toulouse-Lautrec, Albi
Parallèlement à la grande exposition « L’art est dans la rue » au musée d’Orsay, le musée Toulouse-Lautrec, installé dans la cité épiscopale d’Albi, met en lumière son fonds d’affiches d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864–1901). L’institution le fait dialoguer avec quelques grands noms de la publicité à la fin du XIXe siècle, tels que Jules Chéret (1836–1932) ou Alphonse Mucha (1860–1939).
Le musée s’attarde ainsi sur les talents de lithographe de Toulouse-Lautrec, dont l’intégralité des affiches est ici conservée et a été restaurée à l’occasion de l’exposition. Le parcours, thématique, commence par les affiches commandées à l’artiste par des cabarets et des cafés-concerts, comme le célèbre Moulin-Rouge ou le Divan japonais.
Henri de Toulouse-Lautrec, Ambassadeurs. Aristide Bruant dans son cabaret, 1892
Lithographie au pinceau et au crachis en six couleurs • 145,6 × 100,8 cm • © cliché F.Pons, musée Toulouse-Lautrec, Albi
Le développement de l’affiche à la fin du XIXe siècle est en effet exactement contemporain de la multiplication de ses salles de spectacles où l’on vient voir des artistes comme Aristide Bruant ou Jane Avril, dont Toulouse-Lautrec fait le portrait pour attirer les foules. Avec une palette tout en contrastes, des compositions inventives et une capacité piquante à saisir l’atmosphère lascive de ces lieux qu’il fréquente lui-même assidûment, Toulouse-Lautrec signe ici des images qui sont restées célébrissimes, comme celle du café Les Ambassadeurs en 1892.
La commissaire de l’exposition Fanny Girard, directrice du musée, a aussi choisi de se pencher sur les affiches dédiées à l’édition et à la presse (comme La Revue blanche), également en plein essor.
Henri de Toulouse-Lautrec, À gauche : « Étude pour la revue blanche », 1895. Fusain et rehauts de couleurs sur papier, 164,2 × 118,1 × 4,3 cm. À droite : « La Revue Blanche ». Lithographie, 128,5 × 93 cm.
© cliché F.Pons, musée Toulouse-Lautrec, Albi
Le développement de l’affiche publicitaire, pour des produits tels que notamment la chaîne de vélo Simpson, est ensuite analysé. Perspicace, malin, Toulouse-Lautrec parvient à intégrer les codes de lisibilité nécessaires à l’exercice tout en gardant un style bien à lui, jamais simpliste.
Enfin, le parcours se termine sur un chapitre intitulé « De la rue au musée », lequel met en lumière l’attrait flagrant de nombreux artistes du XIXe siècle pour l’art de l’affiche. Collées dans l’espace public, exposées à la pluie et au vent, certaines sont de telles réussites qu’elles piquent rapidement l’intérêt des collectionneurs et des musées, alors que des revues et marchands d’art se spécialisent dans leur étude, achevant de faire de ces supports reproductibles des œuvres d’art à part entière.
Envie d’en savoir plus ? Le musée programme deux conférences autour du sujet : le 15 mai à 18h30, l’historien de l’art Nicholas-Henri Zmelty abordera « L’affichomanie (1889–1905), une passion fin-de-siècle » ; tandis que le 19 juin à 18h30, Clémence Raynaud, conservatrice au musée d’Orsay et commissaire de l’exposition « L’art est dans la rue », racontera « L’affiche illustrée à Paris (1848–1914) : un essor spectaculaire ».
Toulouse-Lautrec et l’art de l’affiche
Du 29 avril 2025 au 31 août 2025
Musée Toulouse-Lautrec • Place Sainte-Cécile • 81000 Albi
musee-toulouse-lautrec.com
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