ART CONTEMPORAIN

À Monaco, l’expo « Cactus » ne manque pas de piquant

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Sous la verrière de la villa Sauber du Nouveau Musée national de Monaco, les cactus se révèlent entre botanique, fascination esthétique, inspirations psychédéliques et enjeux écologiques. L’expo idéale pour faire le plein de soleil jusqu’en janvier 2026 !
Domenico Gnoli, Branche de cactus
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Domenico Gnoli, Branche de cactus, 1967

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Acrylique et sable sur toile • 130 x 150 cm • Collection privée • © Domenico Gnoli / Adagp, Paris, 2025

« Aïe aïe aïe, ouille ! » Comme le chante si bien Jacques Dutronc, « le monde entier est un cactus ». Loin d’être de simples plantes ornementales, les cactées et plantes succulentes constituent depuis des siècles un objet de fascination, dévoilant des formes simples, des figures fractales, des architectures extravagantes, toutes éclatantes de couleurs.

Piqué de passion pour le cactus, le Nouveau Musée national de Monaco (NMNM) a hybridé son savoir à celui du musée Yves Saint Laurent de Marrakech et fait germer une exposition croisant botanique et art contemporain, placée sous le commissariat de Marc Jeanson, ingénieur agronome et botaniste, et Laurent Le Bon, conservateur général du patrimoine et président du Centre Pompidou. Un parcours idéal pour faire le plein de soleil – y compris cet hiver 2025–2026.

Que savons-nous des cactus ?

Pierre-Joseph Redouté, Cactus coccinellifer
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Pierre-Joseph Redouté, Cactus coccinellifer

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Coll. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris • © Tony Querrec (RMN) Press

Originaires des Amériques à l’exception d’une seule espèce, les cactus comptent entre 1 400 et 1 800 spécimens décrits à ce jour. Ces végétaux captivants sont dotés de super-pouvoirs ! Leur survie est un véritable chef-d’œuvre d’adaptation, grâce à des mécanismes sophistiqués comme une couche de cire limitant l’évapotranspiration, ou bien une optimisation des volumes… Et leurs épines ? Il s’agit de leurs feuilles, lesquelles, réduites à une portion congrue, permettent de minimiser l’exposition au soleil. Bien qu’associés aux milieux arides, les cactus prospèrent dans des conditions variées, des Andes à 4 500 mètres d’altitude, où les gels sont fréquents, jusqu’à l’ouest du Canada.

Monaco avec son Jardin exotique, haut lieu international de la connaissance et de la protection des cactées, inauguré dans les années 1930 grâce à l’ingénieur Louis Notari, est le terreau idéal pour explorer cette fascination des artistes qui culmine du début du XXe siècle à l’entre-deux-guerres. Un récit qui est magnifié dans une série de photographies commandées à Philippe Chancel, explorant les jardins de la Riviera.

Exposition « Cactus » au Nouveau Musée national de Monaco – villa Sauber
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Exposition « Cactus » au Nouveau Musée national de Monaco – villa Sauber

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© Nouveau Musée National de Monaco / © Andrea Rossetti, 2025

Pour la plasticienne Katinka Bock, les cactus sont les « sculptures les plus belles que la nature a créées ».

Introduites en Occident à la faveur de la « découverte » des Amériques, les cactées seront à la pointe de la tendance de l’horticulture au XIXe siècle. Dans les parcs et les jardins d’hiver, ces plantes extravagantes bousculent la représentation du végétal et sont maintes fois reproduites dans les ouvrages botaniques et les herbiers.

Le cactus, muse pour artistes assoiffés

David Hockney, No. 278
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David Hockney, No. 278, 2010

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Dessin sur iPad présenté avec animation sur un écran • © David Hockney

Peu de familles de plantes ont donné lieu à autant de transpositions artistiques, inspirant architectes, photographes, designers, plasticiens et réalisateurs. L’exposition et son catalogue effeuillent cette richesse, faisant dialoguer des œuvres aussi diverses qu’un film de Sergueï Eisenstein, un porte-manteau Gufram ou encore un dessin sur iPad de David Hockney.

Ses formes rondes, lisses et brillantes, développées en accumulant eau et minéraux, sont vecteurs de sensualité. L’anthropomorphisme est fréquent et le cactus s’incarne, parfois poétiquement, parfois de manière inquiétante. Fritz Lang, dans Les Trois Lumières, met magistralement en scène cette métamorphose. Dans un recoin de l’expo, Jean-François Fourtou a quant à lui créé une mini-société de créatures mi-humaines, mi-cactus. Des artistes comme Martin Creed jouent sur la répétition des formes colonnaires, tandis qu’Alain Fleischer explore les « folies végétales » résultant des mutations génétiques avec sa vidéo L’Apparition du monstre. Pour la plasticienne Katinka Bock, les cactus sont enfin les « sculptures les plus belles que la nature a créées », qu’elle transpose avec une précision naturaliste dans le bronze.

Exposition « Cactus » au Nouveau Musée national de Monaco – villa Sauber
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Exposition « Cactus » au Nouveau Musée national de Monaco – villa Sauber

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© Nouveau Musée National de Monaco / © Andrea Rossetti, 2025

Ça plane ? Normal. Comme le montre le court-métrage Triptych in Four Parts, réalisé en 1958 par Larry Jordan, les propriétés psychédéliques de certaines espèces de cactées – notamment le peyotl et sa mescaline – ont profondément infusé dans l’histoire de l’art des années 1960 et 1970. Les arts décoratifs et le design ont aussi puisé dans les formes des plantes grasses, avec des créations de René Lalique, de la maison Buccellati, des œuvres d’Hilton McConnico pour Daum, ou plus récemment des radiateurs mimétiques de Simon Starling.

La politique du cactus

Wolfgang Tillmans, My 25 year old cactus
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Wolfgang Tillmans, My 25 year old cactus, 2023

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Impression jet d’encre sur papier montée sur aluminium • 208 × 138 cm • Collection de Wolfgang Tillmans • © Wolfgang Tillmans

Ça pique ? L’exposition aborde également les enjeux écologiques contemporains. Utilisés pour délimiter les parcelles agricoles ou comme haies défensives, les cactus sont devenus au XXIe siècle une puissante allégorie de la frontière. Des photographes comme Cristina de Middel, Barbara Crane et Ziad Antar utilisent le végétal à piquants pour illustrer les tensions frontalières et les épreuves humaines. Les œuvres d’Ali Cherri ainsi que les cyanotypes de Kaïs Aïouch et Chahine Fellahi témoignent de ce monde fragmenté et de la nécessité de préserver la mémoire des paysages marocains menacés par un insecte dévastateur.

Face à l’aridification croissante de nombreuses régions du monde, les cactus, en véritables réservoirs du vivant, incarnent la résistance. Qui s’y frotte…

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Cactus

Du 6 juillet 2025 au 11 janvier 2026

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Catalogue de l'exposition

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