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La rentrée s’accompagne de sa myriade de nouvelles expositions qui vous raviront. Si certains grands noms de l’histoire de l’art (Georges de La Tour au musée Jacquemart-André, Gerhard Richter à la fondation Louis Vuitton, Berthe Weill au musée de l’Orangerie…) seront mis en lumière, de belles surprises sont aussi à découvrir ou redécouvrir dans les musées.
Dès septembre et pour ces prochains mois, faites connaissance avec Pekka Halonen, maître finlandais réaliste au Petit Palais, (re)découvrez l’œuvre trop méconnue de l’époustouflante Denise Bellon au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, ou bien rencontrez Alina Szapocznikow, sculptrice fascinante à l’honneur à Grenoble.
Cette année encore, les femmes artistes trop longtemps oubliées sont en haut de l’affiche : la peintre Odette Pauvert à la Piscine de Roubaix, l’artiste nigériane Otobong Nkanga au musée d’Art moderne de Paris, l’étonnante Alison Knowles à Saint-Étienne, la jeune pousse Marie Quéau au BAL… Bien d’autres sont encore à découvrir !
Denise Bellon, Corposano, 1939
Tirage d’époque • © Denise Bellon / akg-images
L’exposition réunit 250 photographies, des publications dans des magazines, des correspondances et le fameux boîtier Rolleiflex, compagnon de toute une vie, dont le format carré 6×6 donne une unité formelle à une œuvre très ouverte. Le parcours se clôt sur un documentaire-hommage passionnant réalisé en 2001 par Yannick Bellon, sa fille, et Chris Marker, qui permet de remonter le cours de la vie et de l’œuvre de Denise Bellon (1902–1999). N. W.
Denise Bellon. Un regard vagabond
Du 9 octobre 2025 au 8 mars 2026
Musée d'art et d'histoire du Judaïsme • 71 Rue du Temple • 75003 Paris
www.mahj.org
Odette Pauvert, Autoportrait au bonnet napolitain, 1926
Collection particulière • © Photo Thibaut Gemignani
Son nom ne vous dira probablement rien, mais elle est la première femme à avoir obtenu le grand prix de Rome en peinture – le Saint Graal de l’époque pour tout artiste souhaitant poursuivre une carrière officielle. C’était en 1925 et le parcours brillant d’Odette Pauvert (1903–1966) était lancé, qui la mènera de Paris à Rome et Madrid, sans jamais renier son style étrangement classique. Oubliée dans les limbes de l’histoire de l’art comme nombre de ses consœurs, elle fait l’objet d’une rétrospective à la Piscine de Roubaix dévoilant des tableaux au charme troublant qui s’impriment dans la mémoire tel un songe ou un souvenir lointain, longtemps après les avoir quittés. À l’image de la Promotion de 1926, où elle se représente aux côtés de ses acolytes de l’Académie de France, témoignant d’un don singulier pour le portrait. D. B.
Odette Pauvert
Du 11 octobre 2025 au 11 janvier 2026
La Piscine • 23 Rue de l'Espérance • 59100 Roubaix
www.roubaix-lapiscine.com
L’artiste et son métier à tisser, 1966
© Fondation Marta Magdalena Abakanowicz Kosmowska i Jan Kosmowski, Varsovie, Pologne. Photo ©Jan Kosmowski
« Je considère la fibre […] comme le plus grand mystère de notre environnement. » Pleins feux sur l’artiste polonaise Magdalena Abakanowicz (1930–2017), grande prêtresse de l’art textile trop peu célébrée en France. Dès les années 1960, elle tisse le chanvre, le crin de cheval, le lin ou le sisal pour faire naître d’immenses sculptures qu’elle suspend dans l’espace. À l’instar d’Olga de Amaral ou de Sheila Hicks, elle révolutionne ainsi la sculpture en la mâtinant de techniques artisanales et parvient à faire du textile une matière vivante. E. L.
Magdalena Abakanowicz. La trame de l’existence
Du 20 novembre 2025 au 12 avril 2026
Musée Bourdelle • 18, rue Antoine Bourdelle • 75015 Paris
www.bourdelle.paris.fr
Otobong Nkanga, Prominence, 2024
Collection particulière • Courtesy Lisson gallery, Londres
Créant un environnement trouble comme l’aube, éblouissant comme un coucher de soleil, dérangeant comme un tremblement de terre, les tapisseries, sculptures et installations d’Otobong Nkanga happent le regard, le cœur et l’esprit pour ne plus les lâcher. Surtout lorsqu’elles s’animent par la grâce de performances où l’artiste, née en 1974 au Nigeria et installée à Anvers, fait entendre sa voix. Cet automne, elle fera vibrer le musée d’Art moderne de Paris en y dévoilant la beauté, la complexité et les tragédies du monde, l’exploitation destructrice de la nature par les hommes mais aussi sa force tellurique, les liens à reconstruire et ceux qui nous unissent au-delà des frontières et du temps. D. B.
Otobong Nkanga. I Dreamt of You in Colours
Du 10 octobre 2025 au 22 février 2026
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Pekka Halonen, Le Chasseur de lynx, 1900
Coll. Ateneum Art Museum, Helsinki • © Ateneum Art Museum, Helsinki
Nous avons tous adoré ce fil nordique tiré par le Petit Palais pour nous faire découvrir ces talents danois, finnois ou suédois dont nous ignorions tout… Voilà peut-être venue la fin d’un cycle avec Pekka Halonen (1865–1933), qui n’en est pas l’un des moins talentueux. Pour cette première rétrospective française, les somptueux paysages du « peintre des neiges », décrits depuis les bords du lac Tuusula, sont transportés à Paris. Halonen, formé un temps par Paul Gauguin, savait utiliser ce registre synthétique pour traduire l’immensité des paysages de son pays natal, mais il fut aussi un naturaliste magnifique des figures rurales finlandaises. S. F.
Pekka Halonen. Un hymne à la Finlande
Du 4 novembre 2025 au 22 février 2026
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Alina Szapocznikow, Sein illuminé, 1967
Collection C.S • © Photo Vincent Cunillère. Pinault Collection / Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow / Piotr Stanislawski / Galerie Loevenbruck, Paris / Hauser & Wirth, Londres, Paris
Coup de maître pour le musée de Grenoble, qui met en lumière l’une des sculptrices les plus fascinantes de l’après-guerre. Survivante de l’Holocauste, formée au réalisme socialiste dans sa Pologne natale, Alina Szapocznikow (1926–1973) a complètement réinventé sa pratique quand elle est arrivée en France, dans les années 1960. Près de 80 œuvres évoquent ici la radicale évolution de son art. En guise de fil rouge, la question du corps qui l’obsède. Lampes-lèvres, seins moulés, elle digressa dans ses dernières années autour de la fragilité de la vie, luttant contre un cancer qui l’emporta à 47 ans. Longtemps oubliée, elle est aujourd’hui considérée comme l’égale de Louise Bourgeois ou Eva Hesse. E. L.
Alina Szapocznikow. Langage du corps
Du 20 septembre 2025 au 4 janvier 2026
Musée de Grenoble • 5 Place de Lavalette • 38000 Grenoble
www.museedegrenoble.fr
Jean-Auguste Dampt, Enfant à la pomme, 1895
Coll. musée des Beaux-Arts, Dijon / Photo François Jay. • © musée des Beaux-Arts, Dijon / Photo François Jay
Pour qui ne fréquente pas avec assiduité le musée de Dijon, il serait présomptueux de dire connaître Jean Dampt (1854–1945)… Cette première monographie le révèle sans aucun doute, grâce à l’important fonds que conserve l’institution bourguignonne. Figure de la sculpture symboliste et Art nouveau, l’homme était une personnalité fantasque et taciturne à la fois, obsédé de spiritualité et touche-à-tout (il était aussi un militant de l’art dans tout), faisant du rêve, des âges de la vie ou de l’ésotérisme ses thèmes de prédilection. S. F.
Jean Dampt (1854-1945). Tailleur d’images
Du 7 novembre 2025 au 9 mars 2026
Musée des Beaux-Arts de Dijon • 1 Place de la Libération • 21000 Dijon
musees.dijon.fr
Alison Knowles dans son atelier, New York, vers 1959–1960
© Estate of Dick Higgins and Pari & Dispari/Rosanna Chiessi Historical / Photographic Archive
Elle était l’une des seules femmes du mouvement Fluxus. Le musée stéphanois offre à Alison Knowles (née en 1933) sa première grande rétrospective en France. L’autrice du précurseur et magnifique poème informatisé The House of Dust (1967) s’y révèle pionnière à bien des égards, à travers ses partitions d’événements ou son usage de la nourriture comme médium artistique. Une redécouverte ! E. L.
Alison Knowles. Une rétrospective
Du 8 novembre 2025 au 15 mars 2026
MAMC - Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne • Rue Fernand Léger • 42270 Saint-Priest-en-Jarez
www.mam-st-etienne.fr
Sibylle Bergemann, Le Monument, Berlin-Est, février 1986
© Succession Sibylle Bergemann
C’est l’un des sites de Berlin les plus hantés par les fantômes de la RDA… De 1975 à 1986, la photographe allemande Sibylle Bergemann (1941–2010) documente la construction du monument à Marx et Engels de Berlin-Est, confié au sculpteur Ludwig Engelhardt. Peu après l’inauguration, en 1986, elle revient à ses archives, 400 pellicules dont elle tire 12 photographies pour le projet « Un monument », révélateur de l’obsolescence d’une idéologie : comme un augure de la chute du Mur qui allait advenir en 1989. E. L.
Sibylle Bergemann. Le monument
Du 29 octobre 2025 au 11 janvier 2026
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
François Xavier Gbré, Rubino #1, Radio Ballast
© François Xavier Gbré / Adagp, Paris, 2025
François-Xavier Gbré (né en 1978) aime les traces. Depuis une quinzaine d’années, il photographie les empreintes de l’activité humaine dans le paysage et l’architecture du continent africain. En 2023, il a arpenté la voie ferrée qui traverse la Côte d’Ivoire du nord au sud, dans le cadre du programme de soutien à la photographie « Latitudes » développé par la fondation d’entreprise Hermès. À partir de cette ligne construite durant la colonisation afin d’extraire les richesses naturelles, il reconstruit l’histoire du pays en en traquant la moindre trace. E. L.
François-Xavier Gbré. Radio Ballast
Du 29 octobre 2025 au 11 janvier 2026
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
Luc Delahaye, Les Pillards, 2010
© Courtesy Luc Delahaye et Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles
Photojournaliste des plus réputés, Luc Delahaye (né en 1962) fut l’un des premiers, à l’orée des années 2000, à abandonner une presse qui faisait de moins en moins cas de ce précieux métier pour se rapprocher de l’art contemporain. Ses formats s’agrandissent, galeries et musées l’accueillent à bras ouverts, tandis que lui continue à évoquer le chaos du monde mais de façon moins documentaire, de la guerre d’Irak à celle d’Ukraine, d’Haïti à la Libye. « Arriver par une forme d’absence, par une forme d’inconscience peut-être, à une unité avec le réel, espère-t-il. Une unité silencieuse. La pratique de la photographie est une chose assez belle : elle permet cette réunification de soi avec le monde. » Le Jeu de Paume fait le point sur sa pratique, qui oscille entre pur instantané et composition assemblée par ordinateur, à travers une quarantaine de grands formats, une vidéo et des installations documentaires inédites. E. L.
Luc Delahaye. Le bruit du monde
Du 10 octobre 2025 au 4 janvier 2026
Jeu de Paume • 1, place de la Concorde • 75008 Paris
www.jeudepaume.org
Marie Quéau, Boxe, école de cascadeur / Extrait du projet en cours « Fury », 2020
© Marie Quéau / ADAGP, Paris, 2023
Grâce au prix Le Bal / ADAGP de la jeune création, Marie Quéau (née en 1985) a pu mener à bien ce projet basé sur les Fury Rooms, ces étranges espaces qui autorisent toutes les fureurs à se lâcher, en fracassant des objets. Une exploration qu’elle a poursuivie dans un centre de formation de cascadeurs et un studio de modelage pour le cinéma d’horreur, autant de sites qui « ont en commun de fabriquer du vraisemblable », dit-elle. Et autant d’instants « où le corps s’échappe ». E. L.
Marie Quéau. Fury
Du 28 novembre 2025 au 8 février 2026
LE BAL • 6, impasse de la Défense • 75018 Paris
www.le-bal.fr
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Denise Bellon s’inscrit dans l’esprit de liberté qui se développe en France dans les années 1930. Ses clichés expriment la vie en plein air, à la mer, à la campagne mais aussi au cœur de l’espace urbain.