David Hockney, Portrait of My Father, 1955
Huile sur toile • 51 x 40 cm • Coll. The David Hockney Foundation • © David Hockney / Photo Richard Schmidt
David Hockney, A Bigger Splash, 1967
Sous le soleil californien
Peint en 1967, A Bigger Splash est sans nul doute l’œuvre la plus iconique de David Hockney. L’artiste est alors installé depuis trois ans à Los Angeles, où il s’est imposé comme le peintre incontournable de l’hédonisme californien. Quelques lignes et aplats de couleurs suffisent à former cette image étonnante, qui flirte avec l’abstraction. L’ordre géométrique de cette composition résolument pop est toutefois troublé par ce splash, qui éclabousse le centre de la toile. Quant au large cadre blanc du tableau, il évoque les bordures des films Polaroid que l’artiste utilise largement à partir de cette époque.
Acrylique sur toile • 242,5 x 243,9 x 3 cm • Coll. Tate, Londres • © David Hockney
David Hockney, Christopher Isherwood and Don Bachardy, 1968
Portraits en série
« Trop occupé » : c’est ce que David Hockney a répondu au Buckingham Palace lorsqu’on l’a sollicité pour réaliser le portrait de la reine Elizabeth II. Il faut dire que l’artiste a très vite pris l’habitude de refuser les commandes pour ne peindre que ses proches, qu’il fige d’abord dans une saisissante série de doubles portraits. La figure humaine est pour l’artiste une source de fascination inépuisable, un insondable mystère qu’il tente de révéler sur la toile. En témoignent l’écrivain Christopher Isherwood et le peintre Don Bachardy. Avec une grande économie de moyens, Hockney parvient habilement à retranscrire la relation complexe (et surtout déséquilibrée) qui unissait les deux amants.
Acrylique sur toile • 212 x 303,5 cm • Coll. particulière • © David Hockney / Photo Fabrice Gibert
David Hockney, Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le motif pour le nouvel âge post-photographique, 2007
Le paysage comme horizon
David Hockney se réinstalle durablement dans le Yorkshire à la fin des années 1990. Toujours inspiré par les panoramas grandioses de l’Ouest américain, qu’il a peint dans de gigantesques compositions, il se consacre désormais aux paysages de son enfance en digne successeur des grands paysagistes britanniques que sont John Constable et William Turner. Si l’artiste utilise l’aquarelle ou le fusain, il se tourne aussi vers les nouvelles technologies, qui lui permettent de repousser les limites de la représentation. Hockney a ainsi eu recours à un processus de simulation par ordinateur pour peindre en 2007 Bigger Trees near Warter (également intitulée Peinture sur le motif pour le nouvel âge post-photographique), sa plus grande œuvre réalisée à ce jour, constituée d’une mosaïque de 50 tableaux.
Huile sur 50 toiles • 457,2 x 1219,2 cm • Coll. Tate, Londres • © David Hockney / Photo Prudence Cuming Associates - Tate
David Hockney, 25th June 2022, Looking at the Flowers (Framed), 2022
Le pouvoir des fleurs (et de la technologie)
Ordinateur, iPhone, iPad… Depuis le milieu des années 2000, David Hockney n’a eu de cesse d’expérimenter des façons inédites de créer grâce aux nouvelles technologies. En 2021, alors qu’il est confiné en Normandie, il se saisit de sa tablette pour peindre une série de bouquets de fleurs inspirés d’Henri Matisse. Chacun est ensuite imprimé puis intégré dans un cadre en bois finement travaillé, comme s’il s’agissait d’une œuvre datant d’un autre siècle. L’année suivante, il se met en scène dans un surprenant autoportrait : l’artiste et son double confortablement installés dans un fauteuil, contemplent leur œuvre achevée. Une truculente mise en abyme réalisée grâce à un usage éclairé des outils numériques.
Dessin photographique imprimé sur papier, monté sur cinq feuilles de Dibond • 300 x 518 cm ensemble • Coll. David Hockney • © David Hockney assisté de Jonathan Wilkinson
David Hockney, 27th April 2020, No. 1, 2020
Confinement créatif
En mars 2020, alors que le monde se confine après l’apparition d’un virus au nom inquiétant – le Covid-19 –, David Hockney adresse à l’humanité un dessin. Trois jonquilles dressées sous un grand ciel bleu, assorties d’un message d’espoir : « Do remember they can’t cancel the spring ». Installé dans un petit village de Normandie depuis 2019, l’artiste, tel un Monet 2.0 dessine alors sans relâche sur son iPad le doux réveil de la nature, les variations de la lumière à toute heure du jour, la lente floraison de son jardin… En résulte la série « 220 for 2020 », vertigineuse chronique d’un printemps décidément pas comme les autres.
Peinture sur iPad imprimée sur papier, montée sur cinq panneaux en aluminium • 364,1 x 521,4 cm ensemble • Coll. David Hockney • © David Hockney
David Hockney, 10th September 2020, 2020
Au clair de lune
Après l’éblouissement de l’arrivée du printemps en Normandie, une petite salle plongée dans l’obscurité rassemble une série consacrée au thème de la lune, inspirée par la lecture d’un conte de Guy de Maupassant intitulé Clair de lune (1882). Réalisés à l’iPad pour certains et à l’acrylique pour d’autres, ces paysages nocturnes oniriques témoignent des allers-retours constants de l’artiste entre la technologie et les techniques traditionnelles. Un dialogue en clair-obscur, aussi doux que la mélodie de Claude Debussy.
Peinture sur iPad imprimée sur papier, montée sur cinq panneaux en aluminium • 364,1 x 521,4 cm ensemble • Coll. David Hockney • © David Hockney
David Hockney, After Munch: Less is Known than People Think, 2023
Hommages aux grands maîtres
Dans l’œuvre de David Hockney, les hommages aux grands maîtres de la peinture sont nombreux : Fra Angelico, Paul Cezanne, Claude Monet, Pablo Picasso, Vincent van Gogh… L’artiste n’a eu de cesse de revisiter l’histoire de l’art de façon érudite et joyeuse. L’octogénaire, désormais de retour à Londres, vient d’ailleurs d’achever ce tableau aux couleurs vibrantes intitulé After Munch: Less is Known than People Think, inspiré d’un dessin méconnu du grand peintre norvégien représentant les grandes préoccupations de l’humanité.
Acrylique sur toile • 121,9 x 182,9 cm • Coll. David Hockney • © David Hockney / Photo Jonathan Wilkinson
David Hockney, Play Within a Play Within a Play and Me with a Cigarette, 2025
Forever young
Parmi les toiles les plus récentes de David Hockney figure ce savoureux autoportrait. L’artiste se représente assis dans son jardin fleuri de jonquilles, en train de travailler à cette même œuvre. Un pin’s jaune soleil, épinglé à la veste de son légendaire costume en tweed, attire le regard : « End bossiness soon ». Un comble quand on sait que l’affiche promotionnelle de l’exposition, sur laquelle apparaît cette toile, a depuis a été interdite dans le métro parisien en raison de la cigarette que le peintre tient entre ses mains. Fumeur invétéré, David Hockney reste, à bientôt 88 ans, le joyeux trublion de l’art anglais.
Acrylique et collage sur toile • 121,9 x 182,9 cm • Coll. David Hockney • © David Hockney / Photo Jonathan Wilkinson
David Hockney 25
Du 9 avril 2025 au 31 août 2025
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique
Des débuts académiques
En guise d’entrée en matière, un retour aux origines de la vocation d’artiste de David Hockney s’impose. En ce milieu des années 1950, il étudie à la Bradford School of Art, dans sa ville natale, où il reçoit une formation très académique. C’est durant cette période qu’il peint l’un de ses tout premiers portraits – celui de son père, avec qui il se rendait au cinéma régulièrement lorsqu’il était enfant. Le jeune artiste le représente dans son costume de comptable, le regard perdu dans le vide. Sa palette est sombre, dominée par des tons terreux que le jeune Hockney délaissera bien assez vite, dès son entrée au Royal College of Art de Londres en 1959. En revanche, il n’abandonnera jamais son goût pour la figuration.